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La Promesse des ténèbres, Maxime Chattam
Fiche de lecture

Contexte

Au fil des années, Maxime Chattam s’est fait une place de choix parmi les auteurs français de thrillers. Dans La Promesse des ténèbres, on retrouve une nouvelle fois une intrigue qui flirte avec l’ésotérisme, au sein d’un roman à suspense qui rappelle les œuvres d’un autre grand auteur français de thrillers, Jean-Christophe Grangé (notamment auteur du livre Les Rivières pourpres, qui a inspiré un film du même nom).
Bien qu’il puisse se lire indépendamment, l’intrigue de La Promesse des ténèbres se situe chronologiquement avant la célèbre Trilogie du mal, où l’on retrouve le personnage de la détective Annabel O’Donnel, la femme du héros de La Promesse des ténèbres. La Trilogie du mal, dont le premier volume est publié en 2002, constitue le premier succès de Maxime Chattam, le propulsant comme auteur de best-sellers. La Promesse des ténèbres vient donc compléter la série en reprenant un genre qui a fait la célébrité de Maxime Chattam : des enquêtes difficiles menées dans un univers sombre, hanté par l’idée du mal et de son influence sur les hommes. À travers ce roman, Maxime Chattam revient sur le passé d’Annabel, expliquant rétrospectivement aux lecteurs ce qui est arrivé à son mari.

Maxime Chattam

2009

La Promesse des ténèbres

Genre

Roman policier

Personnages

Brady O’Donnel : Journaliste indépendant, Brady est un homme assez secret qui, au début de l’histoire, cherche un nouveau sens à sa vie et un renouveau dans sa vie de couple.

Sondra Ann Weaver (Rubis) : Actrice dans des films pornographiques, elle se suicide au début de l’histoire sous les yeux de Brady, qui enquêtera pour découvrir ce qui l’a poussée au désespoir.

Pierre Hatet : Ami de longue date de Brady, il est atteint d’un cancer de la prostate et est sur son lit de mort lorsqu’il avoue à Brady qu’il lui a fait rencontrer Rubis pour l’attirer dans l’univers de luxure et de violence qu’il a créé avec ses protégés, la Tribu.

Hadès : C’est le chef de la Tribu. La Tribu est un groupe de SDF repérés dans les foyers par Pierre Hatet, qui les finance afin qu’ils tournent des films pornographiques d’une violence extrême. Son look gothique, sa pâleur et ses dents en pointe le font ressembler à un vampire.

Annabel O’Donnel : Épouse de Brady, elle travaille à la police de New-York. Empathique et investie dans son métier, elle se montre très tenace pour résoudre l’affaire du suicide de Sondra Ann Weaver.

Jack Thayer : C’est le coéquipier d’Annabel. Sa personnalité calme et posée complète le côté impulsif de sa partenaire.

Kermit : Ancien acteur porno misanthrope, il sert de guide à Brady dans les tréfonds de New York en quête de la Tribu. Il introduit notamment le journaliste au monde mystérieux de « Oz », un dédale de souterrains dans lequel vivent des centaines de SDF.

Léonard Ketter (surnommé « Lenny ») : Agent peu scrupuleux, il profite de la misère et du désespoir des jeunes femmes rêvant de faire carrière dans le cinéma pour les introduire dans le monde de l’industrie pornographique, prélevant une commission sur leur salaire. Rubis et lui ont eu une liaison.

Termite : Vivant dans les souterrains de New York, il survit en louant des filles aux gens de la surface, pour tourner dans des films ou se prostituer.

Les frères Triponelli : Ce sont deux malfrats qui travaillent pour la Tribu. Ils sont tués suite à un assaut du SWAT.

Clay Gunroe : Comme les frères Triponelli, il travaille pour la Tribu, c’est lui s’occupe du matériel de tournage. Il est tué dans un incendie déclenché par la Tribu pour effacer les preuves après que Brady se soit infiltré dans leur studio de tournage.

Charlotte Brimquick : C’est une amie de Rubis ; elles se sont connues sur un tournage. Après avoir parlé à la police suite au suicide de Rubis, Charlotte est sauvagement assassinée.

Janette Clea : Amie de Charlotte, c’est elle qui a peint les pentagrammes chez Rubis et Charlotte pour les protéger des « démons » par lesquels elles se croient traquées.

Lydia : Une jeune femme libérée de la Tribu par Brady, et qui l’aide à trouver la personne qui a orchestré toutes les activités de la Tribu : Pierre, l’ami de Brady.

Thèmes

Le désir : La quête de jouissance et la pulsion du désir sont au cœur de l’intrigue de La Promesse des Ténèbres. Pierre, à travers la Tribu, cherche à convaincre Brady que l’on doit céder à la tentation, même dans ses formes les plus extrêmes, car le désir est la véritable nature de l’homme et en tant que tel, il ne doit pas être réprimé.

Le mal : Étroitement lié à la problématique du désir, le mal apparaît ici comme la conséquence de la nature violente et hédoniste de l’homme. Ainsi, Brady est confronté à des actes épouvantables, d’une telle violence qu’elle pousse les victimes à considérer leurs bourreaux comme des démons, et non comme des êtres humains.

Résumé

Première partie : Ouverture du puits

Brady O’Donnel est un journaliste indépendant qui s’aperçoit que son mariage part peu à peu à la dérive et traverse une période de remise en question tandis qu’il cherche en vain un nouveau sujet pour son prochain reportage. C’est alors que son vieil ami Pierre lui suggère de s’intéresser au milieu de l’industrie pornographique, dans lequel il a des contacts. Il lui propose de rencontrer Rubis, une jeune actrice avec qui il a sympathisé en soirée.

Brady se rend sur le site internet de l’actrice et n’y trouve qu’une seule vidéo, dans laquelle on assiste à son viol. Choqué, mais intrigué, Brady décide de contacter la jeune femme. Elle lui donne rendez-vous à un endroit désert sur les quais. Lors de la rencontre, Rubis a l’air déprimé. Elle confie à Brady avoir travaillé pour des gens si terribles qu’elle les qualifie de « démons ». Elle lui propose ensuite ses services, et devant l’hésitation de Brady, elle lui dit qu’il est comme les autres, et se suicide sous les yeux du journaliste en se tirant une balle en plein visage.

Brady, qui se sent coupable d’être allé à ce rendez-vous sans en parler à sa femme, décide de mener l’enquête seul pour découvrir ce qui a poussé Rubis au suicide.

Quand le suicide est signalé, Annabel et son coéquipier Jack décident de se rendre sur place enquêter, car il a eu lieu non loin du domicile de la policière. Jack émet des doutes sur la thèse du suicide et se demande s’il ne s’agit pas d’un meurtre déguisé. Dès qu’ils prennent connaissance de l’identité de la victime, ils décident de continuer l’enquête en visitant son appartement.

De son côté, Brady a également obtenu le vrai nom de Rubis et prend la même décision. Sur place, il ne découvre rien de particulier. Il s’enfuit après avoir entendu le voisin, qui s’inquiète pour Rubis, frapper à la porte.

Plus tard, Brady découvre enfin les derniers films dans lesquels Rubis a joué, ceux produits par les hommes qu’elle avait qualifié de « démons ». Il visionne des scènes de torture et comprend que Rubis ne s’en est jamais remise.

Ayant découvert un pentagramme peint près de la porte d’entrée de l’appartement de Rubis, Annabel va demander à sa grand-mère, qui pratique le vaudou, de lui en expliquer la signification. La vieille dame lui apprend qu’il s’agit d’un symbole de protection contre les démons. Annabel et Jack poursuivent l’enquête en allant parler à Charlotte Brimquick, une amie de Rubis. Celle-ci leur donne la piste de Lenny, petit ami et « agent » de Rubis.

Deuxième partie : Propagation des murmures

Brady poursuit son enquête et un producteur lui donne le nom de Kermit, lui assurant que ce dernier serait capable de le guider dans l’univers du gonzo, une forme de film pornographique particulièrement violente. Brady retrouve la trace de Kermit, qui est SDF et ne semble pas avoir toute sa tête. Kermit lui parle de « la Tribu » : ce sont eux qui ont tourné les films dans lesquels Rubis a joué avant de se suicider. Kermit avertit Brady du danger qu’il encourt en enquêtant sur eux : « Ces types ne sont pas humains », prévient-il.

Brady remonte la piste de la Tribu en filant un livreur qui travaille pour eux. Parallèlement, Annabel et Jack interrogent Lenny et découvrent qu’une autre des actrices dont il s’occupe s’est récemment suicidée.

Pendant ce temps, Brady est attaqué par le livreur qui l’a repéré. Il va ensuite se réfugier chez son ami Pierre pour se faire soigner. Il se confie à lui et lui raconte tout sur son enquête. Pierre se montre compréhensif et lui promet son soutien.

Lors d’un week-end dans un chalet où Annabel et son mari ont leurs habitudes, Brady rencontre le chef de la Tribu, Hadès, sans que le journaliste ne comprenne comment il a pu le retrouver. Hadès invite Brady à se laisser aller à ses instincts et à les rejoindre. Devant son refus, il menace de s’en prendre à sa femme.

Le séjour au chalet est écourté par un appel qui informe Annabel qu’un meurtre a été commis : il s’agit de Charlotte Brimquick, l’amie de Rubis. Le meurtre est très sanglant et suggère qu’elle a été torturée. La police découvre le même pentagramme de protection que chez Rubis.

De son côté, Brady parvient à retrouver le lieu de tournage du dernier film de Rubis et décide de s’y rendre. Il s’agit d’un chalet isolé. Il n’y trouve rien de particulier, la gardienne ne semble rien savoir, et Brady s’inquiète de plus en plus à l’idée que la Tribu puisse le surveiller. Il décide de contacter Kermit à nouveau afin de découvrir l’identité des membres de la Tribu. En l’absence de renseignements solides, Kermit décide de descendre à « Oz », une sorte de nation souterraine où vivent des centaines de SDF.

De leur côté, Annabel et Jack reçoivent des analyses ADN confirmant que Rubis n’était pas seule au moment de son suicide : le vomi retrouvé près d’elle était celui de quelqu’un d’autre. Cette découverte renforce la conviction de Jack qu’il s’agit d’une mise en scène, et que Rubis a été assassinée.

Kermit et Brady descendent dans les profondeurs d’Oz pour trouver Termite, qui louent des filles aux gens de la surface – surnommés les « Ombres » par les habitants des souterrains – pour jouer dans des films ou se prostituer. Ils sont mis sur la piste du Pit-hole, un club où ils espèrent trouver un certain Triponelli, qui serait impliqué dans le tournage des films de Rubis.

L’enquête d’Annabel et de Jack avance en parallèle : eux aussi sont amenés à s’intéresser à Triponelli, qu’ils pensent responsable du meurtre de Charlotte (la plaque d’immatriculation d’une voiture aperçue par un témoin le jour du meurtre, devant chez elle, est celle du van de Triponelli).

Brady se rend seul à l’adresse qu’on lui a indiquée au Pit-hole. Il n’est pas chez les frères Triponelli, mais dans un studio de tournage. Lors de ses fouilles, il trouve un autre film dans lequel Rubis a joué. En le visionnant, il s’aperçoit que ce qu’il a vu auparavant était seulement la face émergée de l’iceberg : les violences subies par Rubis dépassent en réalité tout ce qu’il a pu imaginer. Brady est découvert par Gunroe, un employé de la Tribu, mais il parvient à prendre le dessus sur lui et prend soin de l’attacher avant de quitter la maison.

Pendant ce temps, Annabel et Jack assistent à l’assaut par le SWAT du véritable domicile des frères Triponelli (Brady disposait en fait de l’adresse du lieu de tournage, pas de leur lieu de résidence). L’un des frères est tué durant l’assaut, l’autre est gravement blessé. Juste après l’assaut, un coup de fil anonyme qui leur est personnellement destinés les prévient d’un incendie criminel.

Troisième partie : Succomber à la promesse

Brady apprend pour l’incendie et comprend que la Tribu est passée après son départ pour détruire les preuves de leurs activités, tuant Gunroe, qui en sait trop, par la même occasion. Brady retourne au chalet qui a servi pour l’un des tournages, soupçonnant la gardienne d’en savoir plus que ce qu’elle n’a bien voulu le dire lors de leur première rencontre. Elle lui indique comment trouver la Tribu, qui vivrait terrée dans un endroit secret des souterrains de New York.

Brady retourne à Oz, en quête du « peuple-taupe » que Kermit avait déjà évoqué : ce sont des gens qui vivent dans les endroits les plus profonds des sous-sols, depuis si longtemps qu’ils ont appris à vivre sans lumière et ont développé leur propre langage. Il y rencontre une femme qui lui indique comment trouver l’endroit qu’il cherche. Brady décide de s’y rendre, déterminé à affronter la Tribu. Il découvre que les membres de la Tribu dorment dans des cercueils, mais avant de pouvoir les réveiller, il est jeté dehors par un gardien à leur solde. Il lui demande alors de transmettre un message : il souhaite les défier.

Annabel est pressée par le temps : elle doit trouver des preuves très vite, sans quoi son supérieur ne la laissera pas aller plus loin (la fin de l’année approche et la police doit satisfaire le maire en affichant de bonnes statistiques). Elle contacte un producteur de films pornographiques qui connaissait Charlotte, et celui-ci la renvoie vers Janette Clea, une amie de Charlotte. Annabel va lui rendre visite et la jeune femme lui apprend que c’est elle qui a dessiné des pentacles pour Charlotte et Rubis, qui croient devoir se protéger des démons, autrement dit, de la Tribu. Annabel et Jack ne parviennent pas à obtenir de mandat de perquisition pour fouiller l’appartement de Lenny, qui est leur seul lien avec la Tribu. Ils sont contraints d’abandonner l’enquête.

Dans une chapelle au cœur du cimetière, Brady se rend au rendez-vous fixé par la Tribu suite à son défi. Une nouvelle fois, le chef l’invite à les rejoindre. Puis, il lui propose de les oublier, promettant qu’ils ne s’approcheront plus jamais de lui ou de sa femme, à condition qu’il parte de la chapelle sans se retourner, quoi qu’il entende. Brady accepte, mais en se rendant compte que la Tribu a amené une femme qu’ils commencent à torturer, il se retourne et sauve la femme en menaçant la Tribu à l’aide d’une arme à feu (dont il a fait l’acquisition chez un prêteur sur gage peu scrupuleux). Plus tard, cette femme, Lydia, lui apprend qu’elle connaît son ami Pierre, et selon elle, c’est lui qui est venu vers Rubis pour lui proposer un travail. Brady comprend alors que son ami l’a roulé, et que c’est lui qui est derrière les exactions de la Tribu.

Pierre, malade du cancer, est à l’hôpital, agonisant. Il reconnaît les faits quand Brady l’accuse, et il explique avoir entraîné Brady dans cette histoire pour lui prouver que l’homme n’est guidé par une seule force : son désir de jouissance. Trahi et écœuré, Brady débranche la perfusion de morphine et quitte l’hôpital pour régler ses comptes avec la Tribu une bonne fois pour toutes.

Brady met le feu aux cercueils mais doit lutter contre Hadès, dans un bref duel dont il ressort vainqueur mais grièvement blessé. Comme sa femme ne sait toujours rien de son enquête et qu’il ne veut pas qu’elle sache qu’il lui a menti depuis le début, il appelle Jack, son coéquipier. Celui-ci, découvrant le massacre, accuse Brady d’avoir tué Rubis pour garder secrètes ses relations extra-conjugales : Jack a découvert que Brady était bien à ses côtés le jour de sa mort. En effet, lors d’un dîner chez les O’Donnel, Jack a discrètement prélevé l’ADN de Brady et l’a fait comparer avec celui prélevé sur la scène du suicide de Rubis. Pour Jack, ça ne fait aucun doute : Brady l’a tuée. Malgré les dénégations de Brady, Jack refuse de l’écouter et décide de le tuer afin d’épargner à Annabel de devoir découvrir la véritable personnalité de son mari.

Citation

« Ce n’est pas la crise des quarante ans qui te rendait la vie de couple, ou la vie tout court, difficile. Des bêtises tout ça, le malaise survient lorsqu’on a oublié ce pour quoi son corps est fait. »

Troisième partie, chapitre 63

« Les démons. Je n’y ai jamais cru jusqu’à ce que j’en rencontre. Les démons existent, pour de vrai, pas le folklore de Halloween, mais les vraies créatures de Satan. Elles sillonnent nos rues, je les ai croisées. »

Première partie, chapitre 4

« Sa beauté dégageait autre chose, une sorte de fragilité essentielle. Comme si elle avait touché du doigt un aspect fondamental de ce que nous sommes et que cela l’avait blessée mortellement. »

Deuxième partie, chapitre 21

« Un miroir inversé de notre civilisation, un négatif de nos travers. L’absence d’identité contre l’égocentrisme devenu vertu, une communication rudimentaire et essentielle contre une ultracommunication virtuelle, un manque de tout face à une surabondance de tout. Ce n’était pas un hasard si cet univers s’était enfoncé en profondeur, en opposition à la verticalité toujours plus étourdissante des gratte-ciel. »

Deuxième partie, chapitre 21