Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
Corrigé sujet zéro - Question problématisée géographie - Étude de document histoire
Fiche annale

Epreuve de contrôle continu d’histoire-géographie. Première, voie générale

Première partie : question problématisée (10 points)

La littoralisation des espaces productifs favorise-t-elle l’explosion des flux d’échanges matériels et immatériels ? Vous pourrez aborder l'importance des espaces productifs littoraux et le rôle que jouent les flux maritimes dans leur organisation pour déterminer le rôle joué par la littoralisation des espaces productifs dans l'explosion des flux.

Remarques préliminaires sur le sujet

Analyse de la consigne :
Il faudra montrer que les littoraux sont au cœur de l’intensité des flux. Ce sont des espaces qui sont des lieux de production mais aussi des acteurs dans l’explosion des flux puisqu’ils influencent les structures des échanges.

Pour réussir la question problématisée, il faut :

  • Bien analyser les éléments de la question en repérant les mots clés
  • Littoralisation : le processus de concentration des activités et des hommes le long des littoraux. On peut penser ici aux différentes façades maritimes mondiales (Europe de l’Ouest avec la Northern Range, la Méditerranée, les deux façades de l’Amérique du Nord, l’Asie orientale.
  • Espaces productifs : ce sont des lieux qui contribuent à la fabrication ou à la production d’un bien. Dans une économie mondialisée, ces lieux sont souvent des métropoles et/ou des littoraux. En ce qui concerne les littoraux (notre sujet) ce sont les zones industrialo-portuaires (ZIP), les zones franches, et les zones économiques spéciales (ZES).
  • Flux d’échanges matériels : ensemble d’échanges de produits « visibles » tels que le pétrole, le gaz, les matières premières, les produits manufacturés…
  • Flux d’échanges immatériels : ce sont des échanges de produits « invisibles » (les capitaux, les services marchands, les idées et les informations).
  • Favoriser : avantager, privilégier, créer des conditions qui permettent le succès, le développement
  • L’explosion : une augmentation rapide
  • Mobiliser les connaissances

Identifiez à quel thème, à quel chapitre le sujet se rattache. Ici, il s’agit du thème 2 (Une diversification des espaces et des acteurs de la production) et du chapitre 5 (Métropolisation, littoralisation et accroissement des flux)

  • Il ne doit pas y avoir de titre de partie dans votre devoir

Le lecteur de votre copie doit pouvoir visualiser les différentes parties grâce à l’organisation des paragraphes et des phrases de transition.

Introduction

L’introduction doit comprendre 4 parties :

  • L’accroche ou l’amorce : il s’agit d’amener le sujet. En général, il est plus simple de s’appuyer le thème ou le chapitre relatif au sujet. Ici, il s’agit de la mondialisation et la diversification des espaces de production.
  • La définition du ou des principaux termes du sujet : ici il s’agit de la littoralisation des espaces productifs, c’est-à-dire la concentration des activités de fabrication ou de production sur les littoraux.
  • Rappeler le sujet : reprendre ou reformuler le sujet sous forme de problématique. Nous avons choisi de reprendre le sujet : « la littoralisation des espaces productifs favorise-t-elle l’explosion des flux d’échanges matériels et immatériels ? »
  • Annoncer le plan (les points autour desquels s’organise l’argumentation) : le plan est donné dans le sujet ; Il s’articule en trois parties : l’importance des espaces productifs littoraux, le rôle des flux maritimes dans l’organisation des espaces productifs et le rôle joué par la littoralisation des espaces productifs dans l’explosion des flux.

Le développement

Le plan suggéré qui s’articule en trois parties est thématique.

  • Partie 1 - L’importance des espaces productifs littoraux
  • L’importance des ZIP (zones industrialo-portuaires)
  • Une multiplication des zones franches
  • Un développement des activités touristiques
  • Partie 2 - Le rôle des flux maritimes dans l’organisation des espaces productifs
  • Une croissance des flux avec la mondialisation
  • Des flux qui accentuent la littoralisation
  • Des flux qui recomposent les territoires (domination de l’Asie orientale)
  • Partie 3 - Le rôle joué par la littoralisation des espaces productifs dans l’explosion des flux
  • La course au gigantisme
  • La connexion des ports à leur arrière-pays par des réseaux
  • La métropolisation des littoraux (exemple : Rotterdam)

Conclusion

La conclusion doit comprendre trois parties :

  • Reprendre le sujet : il s’agit de reprendre le sujet sous forme affirmative (pour montrer qu’on a bien traité le sujet). Ici, affirmer que la littoralisation des espaces productifs favorise l’explosion des flux d’échanges matériels et immatériels.
  • Répondre à la problématique : il s’agit de résumer en 2 ou 3 lignes les éléments évoqués dans le devoir. Ici, on rappelle l’importance des espaces productifs, l’explosion des flux et l’interaction entre développement des littoraux et accroissement des flux.
  • Faire une ouverture du sujet : on a choisi ici une ouverture thématique en transposant le questionnement sur un autre thème : l’environnement.

Proposition de réponse

La mondialisation, qui peut être définie comme la mise en relation des territoires par les échanges, met en évidence une diversité des espaces de production. Parmi ces espaces, les littoraux occupent une place de choix. La littoralisation, c’est-à-dire le processus de concentration des activités et des hommes le long des littoraux, n’est pas une chose nouvelle mais elle s’accentue avec la mondialisation. La littoralisation des espaces productifs favorise-t-elle l’explosion des flux d’échanges matériels et immatériels ?
Nous montrerons d’abord comment les littoraux s’imposent comme des espaces productifs majeurs. Nous verrons ensuite de quelle manière les flux maritimes organisent ces espaces productifs. L’ensemble de ces éléments nous permettra de répondre à la problématique, en analysant l’influence des espaces productifs littoraux dans l’organisation des flux.

Les littoraux sont devenus des espaces productifs avec le développement des zones industrialo-portuaires, la multiplication des zones franches et le développement des activités touristiques.

Une zone industrialo-portuaire (ZIP) est un espace littoral qui a des fonctions portuaires et industrielles. On peut y trouver des raffineries de pétrole, des usines chimiques, pétrochimiques, agroalimentaires, sidérurgiques… Ces zones sont développées autour des grands ports mondiaux. C’est le cas du port de Rotterdam, premier port européen qui s’étend sur plus de 40 km de zone industrielle et portuaire.
Les littoraux disposent aussi des zones franches, des territoires qui bénéficient d’avantages fiscaux et ou douaniers, ce qui leur permet d’attirer les entreprises. C’est le cas des ports chinois. En effet, Shenzhen fait partie des quatre zones franches créées en 1979, appelées zones économiques spéciales (ZES). La ZES de Shenzhen s’étend sur un territoire de 2 000 km². 50 % des brevets internationaux proviennent de cette zone, rivalisant ainsi avec la Silicon Valley américaine.
Les littoraux sont aussi des espaces productifs touristiques. C’est le cas des littoraux des bassins caribéen ou méditerranéen. La Méditerranée est en effet une des premières destinations touristiques mondiales. Selon l’organisation mondiale du tourisme, le tourisme a généré 333,2 milliards de dollars US dans les pays méditerranéens en 2016.

Le développement des zones industrialo-portuaires et des zones franches est étroitement lié à l’intensité des flux maritimes.

Le commerce mondial de marchandises connaît une forte croissance. Selon l’organisation mondiale du commerce (OMC) Il est passé de 6 456 milliards de dollars en 2000 à 17 430 milliards de dollars en 2017. L’essentiel de ces échanges se fait par voie maritime (90 % du volume échangé). Les flux immatériels connaissent également une explosion. Les investissements directs à l’étranger (IDE) sont passés de 2 200 milliards en 1990 à 26 200 milliards de dollars en 2016. Des milliers de câbles parcourent les océans, permettant à l’information de circuler par le biais d’internet. 280 milliards de mails sont envoyés chaque jour à travers le monde.
Cette explosion des flux matériels et immatériels est due à la mondialisation. En effet, la mondialisation s’appuie d’abord sur la libéralisation de l’économie mondiale mais aussi et surtout sur la facilité de circulation sur la mer, sur l’invention du conteneur et de la division internationale du travail (DIT). Les littoraux apparaissent alors comme des espaces privilégiés pour la production ou la fabrication des biens car cela facilite les importations et les exportations. La mondialisation intensifie donc la littoralisation. Toutefois, tous les littoraux du monde ne tirent pas profit de l’explosion des flux. En effet, la littoralisation privilégie quelques façades maritimes : celle de l’Asie-pacifique, les façades nord-américaines (New York et les ports du golfe du Mexique) et la Northen Range en Europe. Ces trois espaces assurent 75 % des échanges mondiaux. Les flux entre ces espaces recomposent le commerce mondial au profit de l’Asie orientale. Cette dernière réalise 25 % des échanges mondiaux et assure 40 % du trafic mondial de conteneurs. C’est la première façade maritime mondiale. Les ports de cet espace, les ports chinois notamment, sont en constante progression. Douze des vingt premiers ports mondiaux sont chinois. Shanghai est le premier port mondial pour le trafic de conteneurs (40 millions d’EVP en 2017).
La croissance des flux maritimes mondiaux est entretenue par la révolution qui touchent les infrastructures portuaires.

L’explosion des flux est liée à la mondialisation des échanges dont les acteurs du transport maritime sont les principaux vecteurs. Pour réaliser des économies d’échelle, les armateurs ont recours à des navires de plus en plus gros. Les porte-conteneurs sont passés d’une capacité de 1 000 conteneurs au début des années 1960 à des navires qui peuvent transporter 21 000 conteneurs (EVP). Ces porte-conteneurs ne pouvant pas accoster partout, les grands ports mondiaux ont développé des infrastructures gigantesques. C’est le cas de Rotterdam par exemple. Pour accueillir les plus gros navires, Rotterdam a développé 90 km de quais et aménagé 10 500 hectares pour les services de transit. Le port voit accoster chaque année 34 000 navires et 133 000 bateaux fluviaux. Pour augmenter davantage le trafic, un projet d’extension est en cours de réalisation, le Maasvlakte 2. Ce projet prévoit pour 2035 un immense terre-plein de 2 000 hectares.
Par ailleurs, ces littoraux sont connectés à leurs arrière-pays par des réseaux (rails, routes, canaux) constituant des portes d’entrée vers l’intérieur. Le port de Rotterdam, 1er port européen, est la porte d’entrée au vaste marché de l’Union européenne. Il dessert un hinterland important : plus de 150 millions de consommateurs autour de Rotterdam, environ 500 millions à travers l’Europe. Ce vaste marché qui représente un pouvoir d’achat de plus de 600 milliards de dollars est accessible depuis Rotterdam par de nombreuses infrastructures (routes, rail, navigation fluviale intérieure, cabotage et pipeline, etc.). Il existe donc une interaction entre littoraux et explosion des flux. Cette dernière entraine la métropolisation des espaces littoraux, ce qui renforce la croissance des flux. En effet, littoralisation et métropolisation sont deux processus liés. L’explosion des flux liée à la mondialisation génère une intensification des activités dans les ports mais aussi dans les métropoles littorales. Ce dynamisme des régions littorales permet de créer des emplois et attire donc de nombreux travailleurs.

En conclusion, nous pouvons dire que les espaces littoraux sont au cœur du système productif mondial. Ils favorisent l’explosion des flux d’échanges matériels et immatériels. La mondialisation renforce la concentration des activités dans les espaces productifs littoraux des trois principales façades maritimes mondiales. Les espaces littoraux de ces trois façades, les ports notamment, sont des espaces privilégiés pour la majorité des productions industrielles et pour les échanges qui ne cessent d’augmenter. Cette explosion des échanges n’a-t-elle pas des conséquences sur l’environnement ?

Deuxième partie : étude de documents (10 points)

En analysant le document, vous montrerez que le peintre Eugène Delacroix propose une lecture des Trois glorieuses qui met certains aspects de la révolution de 1830 en avant et en laisse d’autres de côté. Vous expliquerez ces choix.

L’analyse du document constitue le cœur de votre travail, mais nécessite pour être menée la mobilisation de vos connaissances.

La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix

La Libert guidant le peuple, Delacroix - Sujet 0 histoire 2020 - SchoolMouv - Histoire

Source : Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, 1830, H260 - L325, Huile sur toile, musée du Louvre (Paris), RMN-Grand Palais.

Bien analyser la consigne

  • Montrez : présentez des éléments.
  • Eugène Delacroix : qui est-il ? quel rôle joue-t-il dans la société ? etc. (voir la partie « bien identifier le document)
  • Trois Glorieuses : désigne les 3 jours de révolution en 1830 (27, 28 et 29 juillet 1830).
  • Aspects de la révolution de 1830 mis en avant : l’importance, la victoire du peuple
  • Aspects de la révolution de 1830 laissés de côté : la mise en place de la monarchie constitutionnelle.
  • Expliquez : apportez des éléments pour mieux saisir le sens.

Bien identifier le document

  • La nature : ici, il s’agit d’une peinture.
  • L’auteur : Eugène Delacroix, peintre de renom, chef de file du romantisme (comment un peintre romantique représente-t-il la révolution ?).
  • La date : 1830
  • Le contexte : le règne de Charles X, période de contestation du pouvoir du Roi
  • Le destinataire : le roi, Louis-Philippe ?

L’analyse du document

Comprendre le contenu du document

  • Dégager le sens général : la liberté, le combat pour la liberté
  • Décrire les personnages : ici un personnage central mais aussi d’autres.
  • Rechercher à quel courant artistique se rattachent les éléments du tableau : ici, le réalisme et le romantisme.

Dégager les apports et les limites du document

  • Critiquer le document : par exemple s’interroger sur la sincérité de l’auteur.
  • Montrer les ambiguïtés du tableau
  • Le rappel à la Révolution de 1789

Structure de l’exercice

Une introduction

  • Présentez le document (contexte, auteur, nature, destinataire, idée principale).
  • La problématique : comment Eugène Delacroix retranscrit-il les Trois Glorieuses ?
  • Annonce du plan, deux parties :
  • les aspects de la révolution mis en avant : l’hommage à la révolution de 1830, la diversité des combattants, l’allégorie de la Liberté ;
  • ceux laissés de côté : la violence des combats n’est que suggérée, les origines du conflit, la continuité de la monarchie entre Charles X et Louis-Philippe ;

Un développement

Reprise du plan annoncé en introduction.

Une conclusion : l’œuvre de Delacroix et le cadre temporel : Marianne

Proposition de réponse :

Datant de 1830, ce tableau est une peinture à l’huile sur toile. Il est intitulé « La liberté guidant le peuple ». Son auteur, Eugène Delacroix, peint ici les Trois Glorieuses, trois jours d’émeutes contre les réformes du roi Charles X. Sa décision de supprimer la liberté de la presse et de dissoudre le parlement entraîne le soulèvement du peuple de Paris les 27, 28 et 29 juillet 1830.
Comment Eugène Delacroix retranscrit-il ces événements ? Nous montrerons d’abord que l’artiste met en avant certains aspects des Trois Glorieuses, mais en laisse aussi de côté.

Delacroix traduit dans son œuvre l’assaut final du 28 juin 1830, et le peuple à la conquête de la liberté. Au premier plan, on voit un enchevêtrement de corps : des cadavres de soldats et d’insurgés gisent au sol. Au second plan, les insurgés. L’homme lettré (avec sa redingote), un jeune polytechnicien portant le traditionnel bicorne ; l’ouvrier avec le béret, le paysan avec son foulard noué sur la tête), à terre, il représente le peuple soufrant, mais gardant les yeux tournés vers la liberté. A droite, un jeune garçon, qui symbolise l’avenir (ce garçon, évoque le personnage de Gavroche, personnage central dans l’œuvre de Victor Hugo, Les Misérables). L’artiste met donc en avant la diversité des insurgés des Trois Glorieuses.

Au centre, une femme domine. Elle est mise en avant, surplombant l’ensemble, attirant la lumière, et se détache sur un nuage de poudre qui éclipse le ciel. C’est la vision allégorique et romantique de la Liberté. Sa tenue rappelle les vêtements antiques, elle a les seins nus, un profil de statue grecque, et est coiffée du bonnet phrygien, symbole de liberté et rappel de 1789. Delacroix place donc cet évènement dans la continuité de la Révolution de 1789. La Liberté guide le peuple en brandissant le drapeau tricolore (réaffirmé comme drapeau de la France par Louis-Philippe en 1830) dans sa main droite. Le drapeau est d’ailleurs le point culminant de la composition pyramidale du tableau. La scène a lieu à Paris. On observe, à l’arrière-plan, les tours de Notre-Dame où flottent un drapeau, des immeubles bourgeois recouverts d’épais nuages, soulignant le caractère dramatique de la situation. Delacroix rend ainsi hommage à la rébellion de Paris, et à la quête de liberté.

Delacroix donne sa vision de la révolution de 1830, mettant en avant l’émancipation du peuple français. Cependant, s’il met en avant certains aspects des Trois Glorieuses, d’autres sont donc mis de côté.

Si l’artiste montre des combattants allant vers une bataille déjà en cours (les nuages de poudre, les blessés et les cadavres sont là pour le prouver), il ne montre pas les origines de cette bataille, qui sont la restriction des libertés, et plus particulièrement la censure, la suppression de la liberté de la presse. On ne voit d’ailleurs aucun journal, ou journaliste représenté parmi toute la composition. Il faut d’ailleurs noter que le déclenchement de la première émeute est due à l’action du roi qui, non content de publier des ordonnances supprimant la liberté de la presse, a envoyé l’armée pour empêcher des publications.

Ensuite, Delacroix ne montre pas directement la violence des combats. Elle n’est que suggérée, via le premier plan du tableau, ainsi que les armes et les regards des combattants. Durant ces émeutes, la ville a été recouverte de barricades, de nombreux soldats sont passés du côté des insurgés et les victimes furent nombreuses.

Enfin, l’artiste met en avant la volonté de liberté, un certain triomphe des journées de juillet. Pourtant, la République n’a pas été restaurée car, si Charles X abdique et quitte la France, ce n’est pas une République qui est mise en place, mais une monarchie (la monarchie de Juillet) avec Louis-Philippe Ier, qui devient roi des Français.

La Liberté guidant le peuple est donc une œuvre qui montre bien certains aspects des Trois Glorieuses, via l’hommage à la rébellion parisienne, une glorification du peuple, qui se bat pour la Liberté. Cependant, Delacroix ne met pas en avant les origines et les résultats de cette révolution, il ne montre qu’un moment, une retranscription de sa vision des Trois Glorieuses, figée dans le temps et passée à la postérité.