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Sujet bac ES/L - Annale histoire 2017 - Corrigé - Composition 1
Fiche annale

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Composition d’histoire
Sujet 1 – Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne des lendemains de la Seconde Guerre mondiale à nos jours

Analyse du sujet :

Le sujet porte sur une question de cours abordée durant l’année.

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Attention

Cependant, la chronologie a été réduite à la dernière période étudiée, qui commence à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il faut donc être vigilant ! D’autre part, les bornes chronologiques sont floues : « lendemains de la Seconde Guerre mondiale » et « nos jours » vous laissent une marge de manœuvre.

Voici quelques point de méthodologie : l’accroche est la partie de l’introduction qui précède la problématique. C’est dans cette partie que l’on met les informations permettant de bien comprendre le sujet, de donner les définitions éventuelles et les connaissances dont on a besoin pour formuler la problématique. Ici, on peut mettre dans l’accroche la partie du cours qui précède les lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Cela permet d’expliquer ce qui s’est passé avant et de bien cerner l’intérêt du sujet avec la mise œuvre des idées marxistes.

Introduction

En Allemagne, la fin du XIXe siècle voit l’opposition entre État et mouvements ouvriers à travers un rapport de force pour savoir qui des deux va organiser la société. L’État prend finalement le dessus et se renforce lors de la première moitié du XXe siècle, quand le régime nazi se présente comme le défenseur du mouvement ouvrier et social qu’il finit par contrôler. La fin de la Seconde Guerre mondiale marque le découpage de l’Allemagne en deux zones d’influence qui deviennent deux pays différents en 1949. À l’Est, la RDA voit enfin le monde ouvrier accéder au pouvoir tandis qu’à l’Ouest, la RFA, le monde ouvrier doit concilier avec d’autres mouvements politiques. Nous avons là les deux approches qui ont contribué à diviser les marxistes depuis 1875.

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Astuce

Après l’accroche, vous devez proposer la problématique ainsi que le plan que vous suivrez dans ce devoir :

Mais ces deux voies du mouvement ouvrier répondent-elles finalement aux objectifs marxistes fixés dès le XIXe siècle ? À l’Est, le régime communiste participe à la construction d’une société basée sur le monde ouvrier alors qu’à l’Ouest, le monde occidental réforme la RFA en une société démocratique. À partir des années 1990, la situation change du fait de la réunification des deux États.

Le communisme en République Démocratique d’Allemagne (RDA)

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Astuce

Il n’est pas obligatoire de numéroter les parties de la composition, ni même de mettre des titres aux parties et aux paragraphes. Seuls les sauts de lignes et les alinéas doivent permettre de se repérer dans la production. Ici le plan est numéroté afin de donner une vision claire du raisonnement suivi et de la structure du plan.

En RDA, la révolution est mise en œuvre d’autant plus facilement que le pays est détruit et que l’URSS soutient le parti communiste allemand (KPD). C’est donc un monde centré sur l’ouvrier qui peut enfin se construire. De plus, la République Démocratique d’Allemagne n’a qu’un seul parti politique : le parti socialiste unifié d’Allemagne (SED). Celui-ci est le résultat de la fusion des communistes du KPD et des socialistes du SPD présents en RDA. La diversité des partis politiques est désormais inutile car le monde ouvrier étant arrivé au pouvoir, les décisions politiques sont fixées d’avance et valorisent l’égalité voulue par tous les marxistes. Les quelques discussions éventuelles se font au sein du parti communiste. Dans le cadre de la guerre froide, la RDA passe sous l’autorité de l’URSS et l’Armée rouge est présente dans le pays, officiellement pour le protéger d’une invasion occidentale. Dans cette société, l’usine est au cœur du monde ouvrier car elle fournit le travail, le logement et les coopératives. Le prolétariat dans son ensemble est donc valorisé et montré comme étant la cheville ouvrière de ce monde nouveau. Pourtant, le monde communiste est fait de manques et de privations. En effet, les industries de biens de consommation ne sont pas considérées comme étant prioritaires. Aussi, en 1953, des révoltes contre le pouvoir en place éclatent dans Berlin-Est car les ouvriers se sentent exploités, malgré les efforts qu’ils ont fournis. Les affrontements sont violents et entraînent la mort de 110 personnes (la moitié est fusillée), ainsi que 10 000 arrestations !

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Astuce

Un paragraphe de transition permet de faire le point sur la partie qui s’achève et de faire le lien avec la suivante. Cela permet de montrer le lien logique dans le raisonnement suivi :

Le SED est épuré de ses cadres les moins actifs et le pays s’oriente vers une grande rigueur à l’égard de la population qui est surveillée et encadrée de façon très poussée par la police politique est-allemande (STASI). La société se fige progressivement sous l’autorité du parti communiste au pouvoir et toute opposition ou contestation est étouffée. Seuls certains privilégiés ont accès à la consommation et à une vie quotidienne qui ressemble à celle des Occidentaux. Cette nomenklatura tient à conserver ses privilèges en matière de consommation, de loisirs et de vie quotidienne. En 1985, Michael Gorbatchev est nommé premier secrétaire du parti communiste de l’Union soviétique. Il entame alors deux réformes majeures : la glasnost et la perestroïka pour relancer l’économie et la société, réformes mises en place bien plus tôt dans la partie ouest de l’Allemagne.

Le réformisme en République Fédérale d’Allemagne (RFA)

En RFA, le SPD au pouvoir décide de prendre de la distance avec le communisme. En 1956, le KPD disparaît car il est soupçonné d’espionnage au profit de Moscou, et en 1959, lors du congrès de Bad Godesberg, le SPD renonce au marxisme comme but à atteindre. En RFA, plusieurs partis politiques coexistent et le pays fonctionne sous la forme d’une cogestion entre les partis et le gouvernement. Ces acteurs se mettent d’accord pour fixer les grandes lignes de la politique et des choix à faire. Le dialogue est nécessaire, mais porte ses fruits car les grèves et les tensions sont très peu présentes.
Étant au pouvoir, le SPD se restructure et cherche à s’adapter au monde des Trente Glorieuses, période de croissance économique. Le contexte économique est favorable aux ouvriers tant dans la production que dans la consommation et ils sont alors le véritable pilier de la puissance allemande. Aussi le choix est fait d’approuver une économie libre de marché partout où la concurrence s’affirme. La RFA s’éloigne donc de son idéal marxiste, car les dirigeants doivent tenir compte du monde occidental dans lequel la concurrence est un moteur de progrès.
À partir de 1970, le chancelier Willy Brand met en place l’Ostpolitik afin de préparer le rapprochement avec la RDA. Des liens sont alors progressivement tissés. En 1973, les deux pays font leur entrée à l’ONU et sont considérés comme deux États à part entière par la communauté internationale, chacun d’eux mettant en œuvre les idées marxistes, à travers la voie révolutionnaire pour la RDA et à travers la voie réformiste pour la RFA. Malgré tout cela, c’est un monde à deux vitesses qui apparaît. Le modèle communiste figé se développe peu alors que le modèle occidental semble être celui de la réussite économique et sociale.

Depuis 1989

La chute du mur de Berlin marque le début du rapprochement allemand. En effet, le 3 octobre 1990 les deux Allemagne sont réunifiées et ne forment plus qu’un seul et même pays. La politique d’ouverture vers l’Est démarrée dans les années 1970 voit ici son aboutissement. Pourtant, les deux sociétés ont été séparées pendant 50 ans et doivent maintenant s’adapter l’une à l’autre. Les choix faits en RFA dès 1959 semblent montrer la voie de la réussite qu’il convient maintenant d’étendre à l’ex-RDA.
En ex-RDA, le SED disparaît et devient le PSD (Parti du Socialisme Démocratique). Le SPD se diffuse dans l’ensemble de l’Allemagne mais il doit se coaliser avec le CDU (parti démocrate-chrétien). Au cours des années 1990, le SPD perd de son influence. En effet, la réunification coûte cher sans que les Allemands y voient des changements notables. L’ex-RDA est toujours plus pauvre que l’ex-RFA. En 1998, Gerhard Schröder est élu chancelier par la coalition SPD-Verts. Dès 2003, il met en place un programme libéral. Le monde entier est entré dans l’ère du libéralisme et de la concurrence à l’échelle planétaire. Mais ce programme libéral voit l’éclatement de la gauche. Émerge alors le parti communiste « Die Linke » qui gagne du terrain en ex-RDA du fait de la crise touchant l’Allemagne.
Les années 2005-2009 sont celles d’une coalition avec Angela Merkel à sa tête qui devient chancelière pour 4 mandats successifs. Angela Merkel, qui a grandi en RDA, devient alors un personnage emblématique de la société allemande, société qui tente de se reconstruire après plusieurs décennies de fonctionnement avec deux modèles de société différents. Pourtant, à partir de ce moment, le SDP ne semble exister qu’à travers des coalitions avec le pouvoir en place. Il n’a plus la place qu’il occupait au début du siècle quand il fixait le cap à suivre pour l’amélioration de la condition ouvrière.

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Astuce

Pensez à sauter une ligne entre la dernière partie et la conclusion et précisez dès le début de la phrase qu’il s’agit de la conclusion, cela évitera toute ambiguïté.

Conclusion

En conclusion, sur la période qui commence après la Seconde Guerre mondiale, les deux Allemagne mettent en œuvre le marxisme en suivant deux approches : en RDA par l’instauration du communisme et en RFA par le réformisme. Le bilan est sans appel : la voie révolutionnaire communiste est un échec alors que la voie réformiste est une réussite.

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Astuce

Ici se trouve la réponse à la problématique posée dans l’introduction :

Le prolétariat a donc bien bénéficié de toute une série de réformes mises en œuvre dans l’ex-RFA après 1949, ce qui a permis de construire une société où il a entièrement sa place. Il est pourtant encore aujourd’hui des métiers dans le domaine des services où les personnes travaillent beaucoup pour de faibles salaires et sont finalement exploitées comme l’étaient les ouvriers lors de la révolution industrielle. Est-ce là une nouvelle classe sociale à défendre pour les marxistes ou alors, le monde ouvrier ayant obtenu ses acquis, faut-il mettre en place d’autres moyens ?