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Développement et inégalités : étude comparative Brésil/Inde

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Brésil et Inde : des BRICS intégrés à la mondialisation

  • Le Brésil et l’Inde sont des pays émergents.
  • Les pays membres des BRICS (dont l’Inde et le Brésil) sont devenus des acteurs incontournables de la scène internationale et les porte-paroles des économies émergentes lors de sommets internationaux comme le G20. Ils estiment que les pays les plus riches (G7) ont trop d’influence sur la politique internationale, la régulation de l’économie ou encore les normes environnementales.
  • L’Inde et le Brésil se distinguent au sein des pays du globe par leur taille (Brésil 5e pays plus grand du monde et Inde 7e) et leur importance démographique (Inde géant démographique, 1,3 milliards d’habitants en 2018, et Brésil 6e de la planète en termes de population avec 208 millions d’habitants).
  • Ces deux pays pèsent sur la scène internationale grâce aux outils culturels et idéologiques du soft power (richesse culturelle pour l’Inde, football ou pétrole pour le Brésil) et aux éléments de puissance concrets du hard power (la croissance continue de leur économie pour les deux pays).
  • Brésil : 1re économie d’Amérique du Sud. Forte croissance économique (+ 7 % en 2010), 8e PIB mondial (2 milliards de dollars en 2017).
  • Inde : 7e PIB mondial (2,6 milliards de dollars en 2017).
  • Le Brésil développe de grandes exploitations dédiées à des monocultures intensives. 79 % de la production agricole du Brésil est assurée par 5 % des exploitations (quelques grands exploitants agricoles profitent de la mondialisation).
  • L’Inde est la 4e puissance agricole mondiale et près de la moitié de sa population travaille dans ce secteur. Une grande partie de ce qui est produit dans le pays sert à nourrir sa population.
  • L’Inde s’est tournée vers le secteur tertiaire et notamment l’informatique. Le pays a un avantage concurrentiel important vis-à-vis des pays développés car le coût de la main-d’œuvre est très faible.
  • Le Brésil est autosuffisant en pétrole grâce à ses exploitations off-shore et est le premier exportateur mondial d’éthanol. L’Inde doit importer le pétrole et le gaz.
  • L’intégration du Brésil et de l’Inde à la mondialisation est directement liée à leurs mégapoles. Delhi (capitale politique et siège de la diplomatie indienne) et Mumbai font partie des dix plus grandes villes du monde. L’inde possède deux autres mégapoles : Calcutta et Bangalore. Le Brésil possède deux mégapoles, Sao Paulo (capitale économique, siège de nombreuses FTN et 10 % du PIB brésilien) et Rio de Janeiro.

Brésil et Inde : un développement encore inachevé

  • Malgré un PIB très élevé, le développement humain de l’Inde et du Brésil sont insatisfaisants. Sur environ 200 états, le Brésil est 79e mondial et l’Inde 131e.
  • Les deux pays sont caractérisés par une quasi-absence de classe moyenne.
  • En Inde, une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté défini par l’ONU.
  • L’Inde est particulièrement touchée par la mortalité infantile, même en la comparant à d’autres pays émergents, avec un taux de 34 ‰. Cela est dû à la pauvreté, au manque de soins, mais également aux nombreux infanticides, surtout féminins.
  • Le Brésil a un taux de mortalité infantile de 13,6 ‰, en baisse constante.
  • La population très nombreuse des deux pays affecte la capacité des États à développer les infrastructures nécessaires à un accès satisfaisant aux soins et à l’éducation.
  • Ces mauvais chiffres masquent des progrès importants en matière de développement, comme le taux d’alphabétisation du Brésil qui atteint plus de 90 %.
  • Ce développement humain inachevé prend sa source dans des inégalités socio-spatiales, entre une partie de la population intégrée à la mondialisation et une autre vivant dans des conditions de grande pauvreté.
  • La ségrégation socio-spatiale en Inde se trouve dans les différentes parties du pays, mais également à l’échelle urbaine (Mumbai, capitale économique de l’Inde, possède le plus grand bidonville du monde, Dharavi).
  • Au Brésil, les bidonvilles s’appellent les favelas.
  • Les quartiers pauvres des deux pays ont en commun l’insalubrité, le manque d’eau, un accès difficile aux soins et à l’éducation, la pollution, l’absence d’interventions de l’État.
  • Dans les quartiers riches, les habitants ont des conditions de vie similaires à celles des pays développés et se regroupent parfois dans des gated communities ou barrio cerrado. Ces populations aisées profitent de l’intégration à la mondialisation.
  • L’intégration à la mondialisation d’un État accélère son développement. Cependant, elle accroit aussi les inégalités socio-spatiales.
  • La protection de l’environnement fait partie des Objectifs du Millénaire pour le Développement (ONU, 2000). L’Inde et le Brésil, membres de l’ONU, y sont soumis.
  • La forte croissance de ces deux pays depuis les 40 dernières années a entrainé une industrialisation rapide et donc le développement des risques environnementaux liés :
  • au Brésil : déforestation intensive de la forêt amazonienne, exploitation off-shore du pétrole (risque de marée noire), agriculture intensive (pollution des sols aux intrants) ;
  • en Inde : fort développement de l’agriculture, absence de traitement des déchets dans les espaces les plus pauvres, nombre croissant de véhicules et d’usines : pollutions des sols, de l’eau et de l’air (forte pollution aux particules fines) ;
  • selon l’OMS, 13 des 20 villes les plus polluées aux microparticules se situent en Inde ;
  • les pays émergents n’ont pas le même avis sur le développement durable que les pays développés. Par exemple, la Chine et l’Inde estiment que les pays riches ont une dette écologique.