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Enjeux et défis des migrations internationales

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Introduction :

Au XXIe siècle, l’être humain n’a jamais été aussi mobile et les mouvements de population sont désormais d’une ampleur considérable. 258 millions de personnes à travers le monde vivent aujourd’hui dans un pays différent de leur lieu de naissance : on parle de migrants internationaux. Les raisons de ces déplacements de population sont diverses : grande pauvreté ou guerre dans le pays d’origine, risque climatique majeur ou encore recherche d’une vie meilleure.

Dans une première partie, nous définirons la migration internationale par le biais du vocabulaire spécifique à la migration et nous nous pencherons sur les différents profils de migrants. Dans un second temps, nous nous intéresserons aux enjeux soulevés par ces migrations, en termes de protection des droits de l’Homme ainsi qu’en matière économique et culturelle.

Qu’est-ce que la migration internationale ?

La migration : le départ vers un pays d’accueil

La migration est le fait de changer de domicile pour une durée longue voire définitive. Ainsi, une personne qui quitte son domicile pour déménager au sein d’un même pays est un migrant résidentiel (dans la même commune, dans la même région, ou d’une région à une autre).
Les migrations internationales concernent donc les personnes qui quittent leur domicile pour s’établir dans un autre pays.

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Définition

Migrant international :

Un migrant international est une personne installée dans un pays différent de celui où elle est née.

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Rappel

Les termes « immigré » et « émigré » sont très proches. Seul le point de vue diffère :

  • On utilise « émigré » pour parler d’une personne qui quitte son pays pour vivre dans un autre. On insiste sur le départ de son pays d’origine.
  • On utilise « immigré » pour parler de la personne qui s’installe dans un nouveau pays. On insiste sur le fait que la personne est dorénavant dans son nouveau pays.

Les migrants internationaux représentent 258 millions de personnes, soit 3,4 % de la population mondiale en 2017 (source : ENS de Lyon).
Cependant, le fait d’être accepté dans un nouveau pays ne va pas de soi. Tout migrant doit obtenir un titre de séjour, délivré par le pays d’accueil, afin de s’y installer en toute légalité. Dans le cas contraire, on parle de « migration clandestine ».

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Définition

Migration clandestine :

Un migrant clandestin est une personne qui s’installe illégalement dans un pays, sans avoir de titre de séjour. Dans le langage courant, on utilise aussi le terme « sans-papiers ».

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Attention

Un touriste n’est pas un migrant, car son déplacement est limité dans le temps. Il n’a pas vocation à s’installer durablement dans un pays.

Migrer, c’est donc quitter son domicile sur le long terme. Toutefois, les motivations sont variées et les migrations internationales regroupent une grande diversité de profils.

Les différentes motivations des migrants

  • Les migrants économiques sont des personnes qui quittent leur pays d’origine pour obtenir un emploi dans leur nouveau pays de résidence. Ils sont à la recherche d’une meilleure qualité de vie, d’un travail avec un revenu plus élevé et de stabilité mais ne sont pas en situation de vulnérabilité dans leur pays d’origine. Si cette migration ne fonctionne pas (difficulté à trouver du travail ou autre), il y a un retour possible dans le pays ou la région d’origine.
  • Les réfugiés sont des migrants qui s’installent dans un pays pour fuir un danger présent au sein de leur pays d’origine. Les raisons de leurs migrations peuvent être multiples :
  • la guerre ;
  • la persécution pour raisons politiques, religieuses ou encore d’orientation sexuelle ;
  • une catastrophe naturelle, un risque écologique ; on parle alors de « réfugiés climatiques » ou d’« écoréfugiés ».

Si une personne parvient à faire reconnaitre son statut de réfugié dans un pays, elle peut obtenir un droit d’asile. Cela signifie que le pays d’accueil facilite son entrée sur le territoire en lui donnant des papiers d’identité, un titre de séjour et parfois des aides matérielles ou financières. Ce statut est protégé par la Convention de Genève de 1951 (document juridique des Nations Unies qui liste les droits en rapport aux réfugiés). Cependant, le pays d’accueil a le droit de refuser l’entrée des migrants, y compris celle des réfugiés. Dans les années 2010, on estime que 30 % seulement des demandes d’asile ont été accordées dans l’Union européenne.

réfugiés migrations frontière Macédoine Grèce militaires policiers Réfugiés tentant de passer la frontière entre la Macédoine et la Grèce, encadrés par des militaires et des policiers (août 2015) ©Arbeitsbesuch Mazedonien – CC BY 2.0

En 2017, on comptait 25,4 millions de réfugiés dans le monde avec un accroissement de 2,9 millions par rapport à 2016. Les guerres, les violences et la persécution ont déplacé des masses de gens. Plus de la moitié viennent d’Asie et 29 % d’Afrique. Ce sont les effets de la crise en République Démocratique du Congo et de la guerre au Soudan du sud en Afrique, et la fuite de centaines de milliers de Rohingyas (tribu musulmane) du Myanmar (Birmanie) au Bangladesh. En général, les pays en voie de développement sont les plus touchés. En 1950, l’ONU avait créé le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) pour protéger les réfugiés et trouver une solution durable à leurs problèmes.

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Définition

Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) :

Le HCR, créé en 1950 par l’ONU, a pour but d’apporter une protection aux réfugiés dans le monde. Il veille à la bonne application de la Convention de Genève sur les réfugiés.

Enfin, on désigne par le terme d’« expatriés » des migrants issus de pays riches, s’installant dans un pays pour une durée plus ou moins longue mais gardant de fortes attaches avec leurs communautés d’origine.

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À retenir

  • Un migrant économique ou un expatrié est un migrant volontaire : il choisit de quitter son pays d’origine pour un autre pays.
  • Un réfugié, un demandeur d’asile, est un migrant forcé ou contraint, qui fuit son pays en raison d’un danger.

Les migrants répondent donc à des motivations diverses. Il s’agit maintenant de s’intéresser aux origines de ces migrants et à leurs pays de destination.

Géographie des migrations

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Rappel

  • On appelle « Pays du Nord » ou « les Nords » les pays développés, offrant un développement humain satisfaisant à leurs populations. Il s’agit de l’Europe occidentale (de l’Ouest), des États-Unis, du Canada, du Japon, etc.
  • On appelle « Pays du Sud » ou « les Suds » les pays plus en difficulté, notamment les pays en voie de développement. Il s’agit de la majorité des pays d’Afrique et d’une part importante de l’Amérique latine et de quelques pays d’Asie.
  • Les pays émergents sont des pays dont une partie de la population accède au niveau de vie des pays les plus riches mais où subsiste une grande pauvreté. Il s’agit de la Chine, de l’Afrique du Sud, du Brésil ou encore de l’Inde.

Les médias mettent souvent l’accent sur les migrations des Suds vers les Nords : les migrants d’Afrique subsaharienne vers l’Europe ou les Sud-Américains vers les États-Unis.

Les flux migratoires dans le monde - Géographie - 2de - SchoolMouv

Par ailleurs, sur les 258 millions de migrants internationaux, 106 millions sont originaires du continent asiatique soit plus de 40 %.

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Attention

Cette surreprésentation des Asiatiques dans les chiffres de la migration s’explique en partie par le poids démographique du continent. Rappelons, en effet, qu’une personne sur 3 dans le monde est chinoise ou indienne (2 à 3 milliards d’individus).

En seconde position, on trouve l’Europe : un quart des migrants internationaux sont européens de naissance.
Dans la plupart des cas, les migrants cherchent à s’installer dans un pays permettant une amélioration de leur niveau de vie. Ainsi, les deux tiers des migrants vivent dans un pays développé, en Asie ou en Europe.
Cependant, le reste des flux migratoires se réalise entre les pays du Sud, c'est-à-dire au sein des pays en voie de développement. Autrement dit, les populations des pays pauvres ou en voie de développement se tournent d’abord vers leurs voisins immédiats pour chercher de nouvelles opportunités. Les migrants se déplacent donc prioritairement vers les pays frontaliers.

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Exemple

Ce constat est frappant dans le cas de la Syrie : ce sont en effet le Liban et la Turquie, pays voisins, qui reçoivent actuellement le plus de réfugiés syriens.

Cette tendance est valable sur tous les continents. Les populations des pays les plus pauvres de l’Amérique du Sud, comme la Bolivie, émigrent majoritairement vers l’Argentine ou le Chili. Il en va de même pour certaines populations d’Afrique centrale qui partent s’installer en Afrique du Sud.

En parallèle, les réfugiés ne représentent que 10 % des migrations internationales. Comme pour les migrations économiques, la grande majorité migre dans des pays limitrophes (pays dont les frontières touchent le pays d’origine), qui sont souvent des pays en développement. Ce choix d’un pays frontalier s’explique par deux facteurs essentiels :

  • la migration coûte moins cher en termes de transport et elle est moins longue ;
  • la pays frontalier présente souvent une proximité culturelle et linguistique.

Les enjeux soulevés par les migrations internationales

Une fois dans leur pays de destination, les migrants participent à la vie sociale, économique et culturelle. Leur rôle économique est majeur, pour le pays hôte comme pour le pays d’origine.

L’impact économique des migrations internationales

Parvenus à leur destination, les migrants peuvent travailler et apporter économiquement à leur nouveau pays d’accueil. Ils permettent de pallier le manque de main-d’œuvre et le vieillissement de la population, notamment dans certains pays développés (Europe occidentale) et émergents (Chine).
Certains pays, comme le Qatar, dépendent complètement des immigrants qui composent 85 % de la population totale.
Les personnes issues d’un même pays et vivant à l’étranger forment la diaspora.

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Définition

Diaspora :

La diaspora désigne la dispersion des membres d’un même peuple à travers le monde. La diaspora la plus importante est la diaspora indienne qui compte 17 millions de personnes.

Les migrants gardent souvent des liens forts avec leur pays de naissance, mais aussi avec leurs compatriotes installés dans le même pays. Il existe des quartiers marqués par une forte présence immigrée, qui conservent ainsi une identité et une culture proche du pays d’origine. C’est le cas des « China Town » dans plusieurs villes américaines, par exemple. La plupart du temps, les expatriés issus de pays développés vivent dans les mêmes quartiers aisés des grandes capitales mondiales.
Dans le cas des diasporas issues de pays en voie de développement ou de pays émergents, il est très fréquent que les émigrés fassent parvenir de l’argent à leurs familles restées au pays. On appelle ces transferts d’argent des « rémitances » ou « remises ».

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Attention

Cependant, il est difficile de faire un portrait unique de l’apport économique des migrants. On ne peut comparer la qualité de vie et les revenus d’un professeur d’université très qualifié avec ceux d’un migrant clandestin.

De plus, les « sans-papiers », n’ayant pas de titre de séjour, ne peuvent prétendre à un emploi déclaré. Dès lors, ils travaillent de façon illégale, « au noir ». Ils ne sont pas couverts par le droit du travail et peuvent être les victimes d’employeurs malhonnêtes qui profitent de leur situation.

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Définition

Travail dissimulé (dit « au noir ») :

Le travail dissimulé désigne le travail non déclaré aux autorités. Le patron ne déclare pas son salarié et ne paie donc pas de charges patronales ni de cotisations sociales. Le salarié ne paie pas d’impôt sur le revenu mais il n’est pas protégé par le droit du travail. Ainsi, il ne bénéficie pas d’un salaire minimum, de congés payés, d’horaires légaux de travail ou de protection sociale en cas d’accident.

L’arrivée de migrants dans un pays d’accueil a donc un impact économique pour le pays d’accueil comme pour le pays d’origine (par le biais des remises notamment). Par ailleurs, les migrations humaines sont aussi une source d’apports culturels multiples.

L’impact culturel des migrations internationales

Certains géographes insistent sur le fait qu’être migrant peut constituer une expérience enrichissante : en effet, le migrant s’imprègne de nouvelles cultures, langues et codes sociaux. Cependant, l’accueil de ces migrants clandestins dans les pays hôtes divise les opinions publiques. Une partie de la population est favorable à leur accueil et à leur intégration dans la société.

Manifestation accueil réfugiés Londres migrations internationales Manifestation en faveur de l’accueil des réfugiés, Londres, 2015 ©Ilias Bartolini – CC BY-SA 2.0

À l’inverse, une partie de la population européenne est farouchement opposée à l’accueil des migrants. Certains mènent des opérations pour empêcher leur arrivée. C’est le cas par exemple de l’opération « Defend Europe », qui bloque des accès dans les Alpes, menée par le groupe d’extrême-droite Génération Identitaire.
Les études montrent que les personnes issues des migrations sont souvent plus instruites que les autres personnes restées dans leur pays d’origine. Cependant, le départ des populations diplômées pose également un problème pour ces pays, qui subissent alors un manque de personnel qualifié. Dans le cas des métiers très qualifiés, on appelle ce phénomène « la fuite des cerveaux » ou « brain drain ».

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Définition

Brain Drain :

Le brain drain désigne le fait que des chercheurs ou autres professionnels très qualifiés préfèrent faire carrière à l’étranger, où les conditions financières sont plus favorables, que dans leur pays d’origine.

Dans une autre mesure, c’est aussi le cas lors des migrations forcées, liées à des conflits armés. Par exemple, les migrants parvenant à traverser la Méditerranée ont dû payer les passeurs, ce qui représente des sommes très importantes. Ainsi, ce sont souvent des personnes appartenant aux classes moyennes, davantage susceptibles d’avoir un bon bagage scolaire voire universitaire.

Les migrations humaines posent également la question du respect des droits humains, qu’il s’agisse des causes du départ du pays d’origine ou des épreuves liées au trajet vers le pays d’accueil.

Migrations et droits de l’Homme

Comme on l’a vu, les personnes fuyant la guerre ou les persécutions sont protégées par le droit international grâce à la Convention de Genève de 1951. Certains pays, comme la France, ont même inclus le droit des réfugiés dans leur Constitution. Pour être reconnue comme réfugiée, la personne doit prouver qu’elle vient d’un pays en guerre ou qui mène des persécutions, en raison de la race, du sexe, de l’orientation sexuelle ou encore de la religion.

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Exemple

En 2016, l’Allemagne a accueilli 600 000 réfugiés syriens fuyant la guerre civile qui ravage le pays depuis 2011.

Les personnes homosexuelles sont persécutées (voire condamnées à mort) dans de nombreux pays. L’Union européenne leur garantit le droit d’asile.

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Exemple

De nombreux pays pratiquent encore des mutilations génitales sur les fillettes (notamment l’excision). Si une jeune fille encourt ce genre de risque dans son pays d’origine, elle peut demander le droit d’asile à l’Union européenne.

Ces migrations contraintes sont souvent massives quand elles résultent de catastrophes humanitaires ou de guerres à grande échelle. Dès lors, les pays que les migrants souhaitent rejoindre peuvent refuser l’accueil devant l’ampleur du phénomène. Dans ces cas précis migrants illégaux, c'est-à-dire les clandestins, ont pourtant pris des risques très importants pour rejoindre leur destination.
Ces grands flux de population soulèvent un défi de taille en matière de protection des droits de l’Homme. En effet, le trajet d’un migrant légal, arrivé par avion dans de bonnes conditions, ne peut être comparé à celui d’un clandestin.

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Attention

Les migrants économiques peuvent aussi, selon les points de vue de chacun, relever de la catégorie des migrants « contraints ». Une personne peut souhaiter quitter un pays très pauvre pour tenter sa chance ailleurs, sans pour autant que ce pays soit en guerre ou mène des persécutions. Néanmoins, cette personne n’aura pas le statut de réfugié car sa vie n’est pas menacée dans son pays d’origine.

Le voyage entamé par ces migrants illégaux est semé d’embuches, qu’ils passent par la terre ou par la mer. Les trajets peuvent prendre plusieurs semaines voire plusieurs mois dans des conditions très difficiles. Un des flux migratoires majeurs reste la Méditerranée, que les migrants tentent de traverser à bord d’embarcations surchargées. Ils paient leur voyage plusieurs milliers d’euros auprès de passeurs qui profitent de leur détresse.

opération Triton migrants mer Méditerranée migrations Un navire irlandais de l’opération Triton (Union européenne) récupère des migrants en mer Méditerranée, en juin 2015 ©Irish Defence Forces – CC BY 2.0

La plupart de ces migrants tentent de pénétrer l’Espace Schengen. Une fois à l’intérieur, la circulation est libre et ils peuvent donc plus facilement se déplacer jusqu’au pays qu’il souhaite rejoindre.

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Définition

Espace Schengen :

L'Espace Schengen est un espace de circulation libre au sein du continent européen. Les frontières se franchissent sans passeport ni contrôle. Il comprend 22 États membres de l’Union européenne dont la France et 4 États non-membres (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse).

Selon l’Organisation Internationale des Migrations (IOM), il y a eu près de 17 000 morts et disparus en Méditerranée entre le 1er janvier 2014 et le 30 juillet 2018 parmi les migrants. Pour l’OIM, la Méditerranée est donc « la route migratoire la plus meurtrière au monde ».

Conclusion :

Pour conclure, on voit que les migrations internationales sont multiples et diverses. Les migrations Sud/Nord existent mais ne constituent pas la totalité des migrations. L’Inde, avec 17 millions d’émigrés, est le pays ayant la plus forte communauté vivant en-dehors de son pays de naissance. Il est impossible de dresser un tableau type des profils et des motivations des migrants. Certains partent pour un meilleur salaire (le brain drain), d’autres fuient des persécutions, des conflits armés ou des catastrophes écologiques. Le point commun des migrations reste un attachement au pays d’origine, qui peut s’exprimer à travers la diaspora dans le pays d’accueil. Les liens restent forts, qu’ils soient culturels ou financiers (remises). Les crises migratoires de ces dernières années, notamment en Méditerranée, posent la question du respect des droits humains pour ces populations fragilisées.