Découvrir le haïku : un poème japonais
Qu’est-ce qu’un haïku ?
Un haïku est une forme de poème apparue au XVIIe siècle au Japon. Il a été inventé par un moine nommé Matsuo Bashõ, toujours célèbre aujourd’hui. Le haïku ne sera connu en Europe qu’au XIXe siècle.
Un haÏku est un poème très court qui répond à des règles précises.
Il contient 17 syllabes, réparties en seulement 3 vers : le premier vers compte 5 syllabes, le deuxième 7 et le troisième 5.
Dans un haïku, on n’utilise généralement ni rimes, ni majuscules au milieu des vers, ni ponctuation (sauf parfois un tiret ou des points de suspension).
Le haïku ne doit pas contenir de métaphores mais décrire un instant de la réalité, avec des mots simples.
Métaphore :
C’est une figure de style qui permet de comparer des personnes ou des choses sans utiliser de mot de comparaison (comme, ainsi que, ressembler à…). La métaphore permet de créer une image poétique.
Voici deux exemples de métaphores :
- « Il est à l’aube de sa vie » signifie « il vient de naître ».
- « L’aube », qui est le début du jour, est ici associée par ressemblance au début de la vie. Il n’y a pas de mot de comparaison. C’est donc une métaphore.
- « L’or de ses cheveux » signifie que ses cheveux sont blonds comme de l’or.
- « l’or » évoque un jaune doré et brillant. Là encore il n’y a pas de mot de comparaison. C’est aussi une métaphore.
Un haïku contient toujours un « kigo ». Le kigo est un mot qui évoque une saison.
Il peut également contenir une césure, c’est-à-dire une coupure, appelée « kireji », qui permet de faire une pause dans la lecture du vers. Elle est parfois représentée par un tiret.
Légende
Un haïku traduit une sensation passagère.
Il n’y a pas toujours de verbe. Mais s’il y en a un, il est toujours au présent.
- Ce sont toutes ces contraintes qui permettent qu’à la fin, le haïku provoque une émotion au lecteur.
Le haïku est un art de la contemplation car il décrit la beauté de la nature. Mais comme dans la nature, tout est fragile et que rien ne dure, le haïku est aussi souvent mélancolique.
Contemplation :
C’est le fait d’observer longuement et calmement quelque chose.
Mélancolie :
On est mélancolique lorsqu’on éprouve une sorte de tristesse un peu vague, une nostalgie (c’est-à-dire un regret du passé).
« Il a la nostalgie de sa jeunesse et ça le rend mélancolique ».
Voici un haïku qui illustre l’arrivée de l’automne :
journées si courtes
l’orange prend sur le vert
son intensité
Les haïkus japonais
Lorsqu’on lit un haïku japonais traduit en français, on peut se rendre compte que le nombre de syllabes n'est pas toujours juste.
Il y a deux raisons à cela :
- La langue japonaise ne se découpe pas en syllabes mais en sons, qu’on appelle des mores. Et ces mores ne correspondent pas tout à fait à nos syllabes.
- Les mots traduits ne peuvent pas toujours faire le même nombre de syllabes que les mots d’origine.
Voici un haïku de Bashõ traduit en français :
un vieil étang
une grenouille qui plonge,
le bruit de l'eau.
Si on compte les syllabes, on en trouve 4 pour le premier vers, 7 pour le deuxième et 4 pour le troisième.
Maintenant voici le haïku d’origine, en japonais :
Cette fois, le nombre est juste.
Quelques exemples de haïkus
Conclusion :