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L'écriture d'invention

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Introduction :

L’écriture d’invention est le sujet le plus choisi par les candidats au baccalauréat de français car il est perçu comme le plus facile des trois. Nous allons néanmoins voir que ce choix n’est pas sans danger puis donner la méthodologie associée à l’exercice. Enfin, nous présenterons les différents types de sujets qui peuvent être proposés pour cette épreuve.

L’analyse du sujet

Pour ce sujet si particulier, il faut prendre le temps de bien étudier les consignes pour en comprendre toutes les ramifications et toutes les contraintes. Car il y a nécessairement des contraintes. Le sujet ne laisse en général que très peu de liberté, contrairement à ce que l’on pense.

Observez la forme du sujet : se base-t-il sur un article de presse ? Sur une lettre ? Sur un dialogue théâtral ? Chacune de ces formes d’écrits demande de suivre des restrictions particulières, qu’il faut connaître sur le bout des doigts. Il faut donc savoir ses cours de première pour être incollable sur les différentes normes qui régissent ces types de texte.

Mais ce n’est pas tout. Il faut également veiller à la situation d’énonciation, en prenant bien soin de respecter les passages obligées de la consigne : qui parle ? À qui ? Dans quelles circonstances ?

Il faudra faire attention à respecter le registre imposé : demande-t-on d’écrire une bataille sur un registre épique ? Ou est-ce qu’on demande de faire pleurer à l’aide des registres lyriques et pathétiques ?

Enfin, observez bien les thèses que l’on vous demande de défendre. Il vous faut absolument les identifier et vous en servir dans votre travail car l’écriture d’invention est en fait le plus souvent un texte argumentatif déguisé. Autrement dit, c’est une mini-dissertation !

Le brouillon : de la recherche d’idées à l’élaboration du plan

Formuler et présenter ses idées

On ne s’improvise pas auteur. Inventer, d’accord, mais en se préparant. Comme nous l’avons déjà dit, l’écriture d’invention consiste le plus souvent à poser une véritable argumentation. Et qui dit argumentation dit arguments. Il faut donc en chercher, et fabriquer une liste d’éléments susceptibles de venir étayer la thèse que vous avez identifiée lors de l’étape précédente. Comme pour la dissertation, il faudra chercher ces idées dans les textes du corpus, mais aussi dans le programme de première. La culture personnelle peut aider également.

Faire un plan

Même pour un écrit d’invention il faut faire un plan et organiser les idées pour qu’elles suivent un fil logique. Selon les sujets, il faudra peut-être inventer des personnages, des évènements, des situations… En général, c’est dans cet aspect de l’épreuve qu’on prend le plus de plaisir. Mais veillez à toujours bien rester dans le cadre du sujet !

La rédaction au propre

Ce n’est qu’une fois toutes ces étapes réalisées que la rédaction au propre commence. Il y a environ trois heures pour cette épreuve, et il vaut mieux les utiliser totalement. Il faut donc prendre son temps pour bien respecter les contraintes formelles du sujet, comme le nombre de paragraphes demandés, la mise en forme d’un dialogue théâtral avec, pourquoi pas, les didascalies qui vont avec, etc. C’est ici que le temps passé à analyser le sujet va faire la différence avec les autres candidats.

Il faut essayer de marquer une forme d’introduction, même si c’est de façon insidieuse, et dans tous les cas, penser à conclure votre texte, quel que soit le genre d’écrit. Il faut absolument laisser une bonne impression finale au lecteur : c’est cette impression qui va en grande partie motiver la note.

Les types de sujets possibles

Écrire la suite d’un texte

On peut vous demander d’écrire la suite d’un texte. C’est un sujet qui tombe très souvent. Dans ce cas-là, le principal souci sera de rester cohérent avec le texte d’origine, que ce soit au niveau des personnages, de la mise en forme, de l’ambiance générale…

Mais surtout, il faudra veiller à respecter le style de l’auteur, et tenter de l’imiter au mieux ; l’idéal étant qu’un lecteur non averti soit incapable de dire où s’arrête le texte d’origine et où commence l’autre. C’est cette fluidité de l’écriture qui assurera une excellente note avant tout : Il ne faut pas hésiter à relire votre travail directement à la suite du sujet pour voir si tout colle bien ensemble !

Changer le point de vue

Toujours en partant d’un texte littéraire, on peut vous demander d’en changer le point de vue. De raconter la même histoire, mais à travers les yeux de quelqu’un d’autre, comme par exemple un narrateur omniscient, ou au contraire un personnage bien précis. Le sujet prend alors des airs d’exercice de réécriture : il faut faire attention à bien rester symétrique à l’extrait d’origine. Les personnages et les circonstances doivent rester identiques. Il faut penser à imaginer les sentiments qui accompagnent le personnage, pour qu’on comprenne ses motivations et enjeux personnels.

L’essai

Autre sujet possible : l’essai. L’argumentation revient très souvent dans l’exercice d’écriture d’invention. Il y aura donc une thèse à défendre ou à réfuter, voire à simplement discuter. Il faudra des arguments, des exemples… Toute la batterie d’outils nécessaires à la bonne réussite d’une dissertation, exercice alors très proche de ce que l’on demande dans un essai.

L’apologue

On peut également demander de rédiger un apologue, c’est-à-dire une fable ou un petit conte. La difficulté est que l’on se trouve à mi-chemin entre la narration et l’argumentation. Il faut dans ce cas raconter une véritable histoire, mais qui sera lourde de sens et porteuse d’enseignements et l’achever par une morale. Il faut donc viser à créer des personnages stéréotypés, à la limite du caricatural, manichéens. Il faut maîtriser parfaitement les temps du récit, c’est-à-dire l’imparfait et le passé simple, et les utiliser à bon escient.

Le discours

Le discours est un texte destiné à être prononcé devant un public. Il faudra l’écrire à la première personne, s’adresser directement aux destinataires en utilisant des questions rhétoriques, faire un abus de métaphores pour imager votre propos ou user de l’anaphore pour bien imprimer votre prose dans les esprits malléables des auditeurs. Mais on revient toujours sur l’argumentation : il faudra faire attention à l’enchaînement des idées, ainsi qu’au bon fonctionnement des arguments.

Le dialogue et le monologue

Si on vous demande un dialogue, prenez garde à la ponctuation qui va avec. Il faudra imaginer des circonstances crédibles, faire avancer les propos des personnages, par exemple si l’un arrive à convaincre l’autre, et mettre en place des marques d’oralité fortes. Les points d’interrogation et d’exclamation sont ici très utiles.

L’inverse du dialogue peut aussi tomber : il faudra alors imaginer un monologue, c’est-à-dire un discours oral, dans lequel le locuteur parle tout seul, sans interlocuteur. Encore une fois, il faut imaginer des circonstances crédibles et essayer d’inventer, pourquoi pas, des amis imaginaires à qui le locuteur peut parler. Attention à ne pas pour autant rebasculer dans le dialogue, on ne doit entendre qu’un seul et unique personnage. Pour éviter la monotonie d’ailleurs, il est judicieux de varier le ton et les sentiments à mesure que son raisonnement avance.

L’article de presse

L’article de presse est un autre grand classique de cette épreuve. Il peut être lui-même de différentes natures : on peut avoir un éloge, ou au contraire un blâme, un texte polémique, une critique de film ou de roman… Il faudra alors suivre les caractéristiques précises de l’écriture de presse : faire un effort supplémentaire sur la mise en page, pourquoi pas écrire sous la forme de colonnes, mettre en valeur les titres, essayer de présenter une écriture variée qui correspondrait à différentes polices, etc.

Tout est possible. Ce type de sujet prend donc des airs de devoir d’art plastique, tant son aspect graphique peut apporter des points supplémentaires, mais uniquement si le texte est bon, bien sûr.

La lettre

Enfin, dernier type de sujet, sans doute un des plus appréciés par les correcteurs (car simple à corriger) : la rédaction d’une lettre. Si le devoir ne respecte pas les codes visuels que l’on attend d’une lettre, c’est la moitié des points qui s’envolent. Il faudra donc que vous pensiez à indiquer en haut :

  • la date ;
  • le lieu d’écriture ;
  • le nom du destinataire.

Prenez soin de rédiger des formules de politesse pour ouvrir la lettre comme pour la finir. Il faut également respecter la situation d’énonciation exposée dans la consigne. Dernier détail, il ne faut pas oublier de signer en bas de la page (signature du personnage).

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Attention

Le baccalauréat est une épreuve où les copies sont anonymes, vous ne devez en aucun cas signer vos écrits avec vos véritables noms et prénoms sous peine d’être accusé de tricherie. Pensez à toujours inventer un nom lorsque vous devez, par exemple, signer la lettre d’un écrit d’invention.

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Astuce

  • L’écriture, l’orthographe et la syntaxe se doivent d’être les plus soignées possibles.
  • Ménagez-vous du temps pour la relecture.

Conclusion :

Parce qu’elle prend de très nombreuses formes, l’écriture d’invention est le plus déstabilisant des sujets. Cet exercice donne de plus une fausse impression de facilité puisqu’il s’agit en fait d’une argumentation déguisée. Réfléchissez bien avant d’opter pour ce sujet et demandez-vous s’il va véritablement stimuler votre écriture.