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Valoriser et ménager les milieux

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Introduction :

Le territoire français possède une grande variété de milieux en métropole et dans les régions ultramarines. Chacun de ces milieux a des contraintes spécifiques et auxquelles les hommes doivent pouvoir s’adapter s’ils veulent pouvoir y vivre ou y développer une activité. Au delà des contraintes, ces territoires et ces activités présentent également des risques, que les hommes essayent de diminuer le plus possible. Nous verrons que la dangerosité de certains milieux n’empêche pas leur peuplement car ils sont riches en ressources qui peuvent être exploitées. Nous nous intéresserons également aux dangers qu’impliquent l’exploitation de ces ressources et au travail de prévention réalisé par l’État afin de protéger des milieux de plus en plus fragiles.

Territoires et contraintes

Les milieux

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Définition

Milieu :

Un milieu est un territoire servant de cadre de vie à des humains qui entretiennent de multiples interactions avec lui. Les milieux sont très différents en termes de ressources, de contraintes et de risques et certains sont plus ou moins aménagés en fonction de leur attrait pour les activités humaines. Cette valorisation est essentielle pour que les territoires vivent et se développent.

Il faut savoir que les milieux de l’espace français sont anthropisés depuis des siècles.

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Définition

Anthropisation :

L’anthropisation est la transformation d’un milieu et sa mise en valeur sous l’effet de l’occupation des hommes.

En France il n’y a plus aucun endroit où l’Homme n’ait laissé de traces. On parle donc de milieux artificialisés.

  • Les forêts ont été aménagées ou replantées, voire créées de toutes pièces, comme la forêt des Landes.
  • Les fleuves ont été aménagés, et leur cours a même été modifié pour répondre aux besoins des activités humaines.
  • Quant aux paysages ruraux, ils ne cessent de se transformer depuis le début de l’agriculture.

Les contraintes géographiques

L’aménagement de ces milieux par l’Homme ne s’est pas fait sans difficultés. Chaque milieu présente des contraintes spécifiques à sa géographie, qu’il faut arriver à contourner. Les contraintes sont en général liées aux milieux physiques.

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À retenir

Le climat complique l’implantation d’activités humaines sur les reliefs car il limite l’accès aux espaces.

Le froid, la neige et la glace de certaines régions représentent un obstacle majeur aux activités. Malgré la construction de routes de montagne, le passage de certains cols montagneux dans les Alpes ou les Pyrénées est toujours extrêmement difficile, empêchant par exemple les marchandises de circuler. Les hommes ont imaginé des solutions en creusant des tunnels.

  • Le tunnel du Mont Blanc, pour les Alpes, ou le tunnel du Somport pour les Pyrénées sont des illustrations de contournement des difficultés d’un milieu hostile.

Les reliefs moins importants, comme le Massif central, présentent aussi des difficultés, pour la mise en place des autoroutes par exemple. Le prix du kilomètre dans un milieu difficile n’a rien à voir avec le prix du kilomètre d’une autoroute en plaine, ce qui impose des investissements supplémentaires.

Carte des principales caractéristiques géographiques de la France Carte des principales caractéristiques géographiques de la France

La carte des principales caractéristiques géographiques de la France montre que :

  • le territoire français est ouvert grâce à ses façades maritimes ;
  • les grandes vallées, comme celles du Rhône, de la Seine, de la Garonne ou du Rhin, sont également des axes de communication très efficaces ;
  • les principaux massifs sont, quant à eux, des obstacles pour les communications avec nos voisins européens espagnols, italiens et suisses. Le Massif central pose lui aussi quelques problèmes pour les axes de communication entre l’Est et l’Ouest.

Les contraintes climatiques

Le relief n’est pas la seule difficulté présente sur le territoire français : le climat en est une autre. Si en montagne, la neige peut s’avérer problématique, à l’inverse, la sécheresse du Midi, notamment en Provence, provoque des difficultés pour la consommation d’eau douce. Les hommes pallient ces contraintes par de nouvelles techniques et des aménagements de territoires comme des tunnels, des canaux ou des bassins de retenues. Sauf catastrophe climatique majeure, l’humain s’est adapté aux contraintes, et les maîtrise.

Un environnement à risque et en danger

Les risques naturels

Au delà des contraintes, auxquelles l’Homme peut s’adapter, le territoire français présente également de nombreux risques environnementaux :

  • les incendies dans le sud de la France sont fréquents en raison de la sécheresse induite par le climat méditerranéen. Chaque année des centaines d’hectares de forêt ou de garrigue partent en fumée ;
  • le Sud est également touché par des glissements de terrain. Après des périodes de sécheresse, les orages d’automne déversent sur un sol fragilisé des eaux abondantes qui, en quelques heures, provoquent inondations et glissements de terrain ;
  • les inondations se localisent le long des plus grands fleuves, dans les vallées et sur les littoraux, aux embouchures. Elles sont dévastatrices car des zones habitables ou industrielles ont été bâties en zones inondables ;
  • les massifs montagneux sont sujets aux éboulements en été et aux avalanches en hiver ;
  • les régions ultramarines connaissent les éruptions volcaniques du Piton de la Fournaise à la Réunion ou de la Soufrière en Guadeloupe ;
  • les séismes sont fréquents sur l’île de la Martinique et en Guadeloupe ;
  • les régions ultramarines (Martinique, Guadeloupe, Réunion et Mayotte) sont très exposées aux risques naturels et subissent tout les ans des cyclones.

Les risques industriels et technologiques

Les risques industriels et technologiques, dus aux activités humaines, sont présents dans toute la France. Le risque le plus connu est celui de l’industrie du nucléaire.

Il existe 17 centrales nucléaires réparties sur tout le territoire français. De nombreux sites industriels plus conventionnels sont également classés à risque, en particulier dans le domaine de la chimie. 1 100 sites sont d’ailleurs classés SEVESO, c’est-à-dire à haut risque technologique. Sur le littoral, des centaines de kilomètres de côtes ont subit 5 grandes marées noires depuis 1967.

Voici quelques-unes des catastrophes qui ont touché le territoire français ces dernières années :

  • en 2001, explosion de l’usine AZF à Toulouse ;
  • en 2002, des orages cévenols dévastateurs dans le Gard ;
  • en 2003 la canicule s’est abattue sur l’ensemble du pays ;
  • en 2009 la tempête « Klaus » a touché l’Aquitaine et Midi-Pyrénées ;
  • en 2010 la tempête Xynthia a dévasté la Vendée et les Charentes.
  • Cumulées, ces catastrophes ont fait des milliers de victimes.

Prévention et protection

Prévenir les risques et gérer les contraintes

Tous ces risques et ces contraintes des milieux français doivent être gérés. Une véritable politique de prévention a été mise en place avec des moyens technologiques comme les satellites météorologiques ou des capteurs pour le volcanisme.

  • Le principe de précaution est la base de tout travail de prévention.

Selon ce principe, tout doit être fait pour protéger les population d’un risque, même en l’absence de preuves scientifiques irréfutables. Il existe dans toutes les communes de France un PPR, ou plan de prévention des risques. C’est un document d’urbanisme qui vise à protéger les populations face à différents risques et à organiser l’intervention des secours en cas de crise grave.

L’industrie chimique, le nucléaire, l’agriculture représentent quant à eux d’énormes risques et font l’objet de PPRT, plan de prévention des risques technologiques.

Les ressources

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À retenir

Un territoire n’est pas qu’un assemblage de contraintes ou de risques. Les hommes peuvent également en tirer des ressources.

Les ressources des milieux français sont nombreuses et on trouve au premier plan les terres agricoles.
Le Bassin parisien, le Bassin aquitain, les plaines d’Alsace ou de Picardie entre autres, sont de formidables terres de production. Si elle n’a pas de pétrole, la France est très bien pourvue en eau grâce à ses très nombreux fleuves. Cela permet d’avoir une quantité d’eau douce suffisante pour le quotidien des habitants mais aussi pour l’agriculture, l’industrie, le tourisme et le refroidissement des centrales nucléaires.
Les fleuves et les rivières français offrent aussi un fort potentiel en hydroélectricité : 13 % de l’électricité du pays est produite par des centrales hydroélectriques.

Les potentialités de parcs pour éoliennes sont également assez importants au regard des vents qui balaient le territoire. Par ailleurs, le soleil et la neige constituent des ressources pour le tourisme, au même titre que les plages du littoral ou tout autre paysage naturel. Les littoraux permettent d’ailleurs l’accès aux ressources des ZEE, zones économiques exclusive, sur 370 kilomètres à partir des côtes. Ces ressources incluent la pêche, l’ostréiculture, ou même les hydrocarbures.

Toutes les ressources ne sont pourtant pas aussi facilement accessibles. Les sous-sols et les ressources minières ont été pour la plupart épuisés. Le charbon et les minerais se raréfient, à part pour le nickel que l’on trouve en Nouvelle-Calédonie.

  • Toutes ces ressources sont l’objet de convoitises et de conflits d’usage.
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Définition

Conflits d'usage :

Les conflits d’usage sont des rivalités entre usagers d’une même ressource pour son appropriation, sa gestion ou son exploitation. Par exemple, les littoraux peuvent être la convoitise des investisseurs touristiques, mais aussi de l’ostréiculture ou d’écologistes qui souhaitent préserver une faune et une flore exceptionnelle.

Le cadre de vie peut aussi être l’objet de luttes entre usagers. Le phénomène nommé NIMBY, de l’anglais « not in my backyard », c’est-à-dire en français « pas dans mon jardin », est symptomatique du refus des riverains de voir leur environnement se dégrader au quotidien. Ils s’opposent à ce que de nouveaux aménagements, y compris ceux qualifiés « d’intérêt général », impactent leur cadre de vie.

  • Valoriser les milieux oblige donc les pouvoirs publics à mettre en place des médiations entre tous les acteurs concernés.

Comment protéger les milieux fragiles et menacés ?

Les milieux se dégradent essentiellement sous l’action des activités humaines. La pollution prend des formes multiples. Elle touche l’air, l’eau, les sols, la chaîne alimentaire… Et ce parfois de façon inattendue. Le mitage par exemple, c’est-à-dire la diffusion non maîtrisée de l’habitat dans le monde rural, mais aussi sur les littoraux, notamment en Corse, représente un risque pour l’environnement.

Ces dernières décennies, de nombreuses mesures ont été prises pour protéger les milieux naturels de tous types.

  • En 1985, le Parlement a voté la loi « montagne » pour maîtriser l’habitat sauvage ;
  • elle est suivie un an plus tard de la loi sur le littoral qui limite les constructions ;
  • et complétée enfin de la loi sur les paysages en 1993.

La France compte 10 parcs nationaux et 47 parcs régionaux en métropole et dans les territoires ultramarins, tous sont des espaces verts protégés où les nouvelles constructions sont très réglementées. Depuis 1975, le Conservatoire du littoral achète même des terrains côtiers pour les préserver.

Les nouvelles constructions sont soumises aux normes HQE, haute qualité environnementale, qui visent à limiter les impacts environnementaux en ayant recours à des matériaux recyclables et aux énergies renouvelables.

Pour être efficace, parfois, on revient à des activités traditionnelles, comme avec la réintroduction de troupeaux dans les montagnes pour l’entretien des massifs forestiers. Ces mesures entraînent pourtant des conflits d’usage. En effet, l’élevage en montagne est peu compatible avec la réintroduction du loup dans les Alpes, ou de l’ours dans les Pyrénées. Pour bien ancrer ces exigences environnementales, la charte de l’environnement est ajoutée à la Constitution française en 2004. Cette charte rappelle les principes de précaution, de prévention et du pollueur-payeur.

Des mesures de protection sont également prises au niveau européen : le programme Natura 2000 est un réseau mis en place par l’Union européenne en 1992. Le but est de préserver les habitats naturels de la faune et de la flore sauvage en Europe. Chaque pays doit sélectionner les sites naturels qui doivent intégrer le programme et qui sont ensuite soumis à une réglementation très stricte.

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À retenir

Tout ce travail de préservation et de conservation amène les territoires à « patrimonialiser » certains milieux naturels. La patrimonialisation des milieux naturels est un processus par lequel un milieu naturel devient un patrimoine commun.

Conclusion :

Le territoire français est très contrasté en matière de ressources, de contraintes et de risques. Les ressources fossiles y sont limitées et les contraintes n’y sont pas excessives. Les risques, qu’ils soient naturels ou technologiques, sont relativement importants sur tout le territoire, comme nous le démontre la liste non exhaustive des diverses catastrophes de ce siècle. Le territoire français possède un patrimoine naturel très riche et varié, qui est de plus en plus soumis à des règles très strictes de préservation, mais aussi aux différents conflits d’intérêts.