13 septembre : Les Russes se battent avec un désespoir de bêtes féroces et ne se rendent pas : ils nous laissent approcher et nous arrosent de grenades.
18 septembre : Le combat se poursuit depuis trois jours à l’intérieur d’un silo à blé. Le chef de bataillon nous a dit : ‟Les commissaires politiques russes ont donné l’ordre aux défenseurs de l’édifice de résister jusqu’à la mort.” Si toutes les maisons de Stalingrad sont défendues de cette façon, aucun de nos soldats ne rentrera […].
22 octobre : Notre régiment n’a pas réussi à pénétrer dans l’usine que nous attaquons depuis trois semaines. Nous avons perdu beaucoup d’hommes. On se heurte à chaque pas à des cadavres […].
27 octobre : Nos troupes se sont enfin emparées de toute l’usine ‟Barricades”, mais nous ne parvenons pas à atteindre la Volga […].
10 novembre : En Allemagne, on est convaincu que la ville de Stalingrad est entièrement entre nos mains. Quelle terrible erreur !
29 novembre : Nous sommes encerclés ! […].
14 décembre : Nous sommes tous torturés par la faim.
28 décembre : On a mangé tous les chevaux. Je suis prêt à manger de la viande de chat […]. Les soldats sont devenus semblables à des fous, ils ne cherchent qu’un aliment quelconque à se mettre sous la dent. Ils ne se terrent plus devant les obus russes. On n’a plus la force de marcher, de se coucher. Qu’elle soit maudite cette guerre !
Journal d’un soldat allemand, 1942 (publié dans Paris-Match, 23 janvier 1965)
Comment se battent les Russes ? Pourquoi ?