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Un récit d'apprentissage : Verte, de Marie Desplechin

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Introduction

Le récit d’apprentissage est une histoire qui raconte l’évolution et les difficultés du héros ou de l’héroïne jusqu’à son épanouissement.
Ce type de récit met en scène des enfants dans leur vie familiale, leurs relations avec les autres enfants ou l’école.
Le récit d’apprentissage permet de nous interroger sur les difficultés des apprentissages humains et de comprendre qu’il faut s’affirmer pour pouvoir grandir.

Le récit d’apprentissage

Le schéma narratif

Dans un récit d’apprentissage, on retrouve le schéma narratif :

  • la situation initiale ;
  • l’élément perturbateur ou déclencheur ;
  • les péripéties ;
  • le dénouement et la situation finale.

Différents points de vue narratifs

Verte de Marie Desplechin est un roman d’apprentissage raconté selon le point de vue des principaux personnages de l’histoire.
Ce récit est plein d’humour et utilise le vocabulaire de la sorcellerie.
Il faut donc comprendre :

  • l’enchainement chronologique de l’histoire présentée par les différents narrateurs : le lecteur repart en arrière en lisant le point de vue de chaque personnage qui raconte les mêmes événements ;
  • la part de fiction et la réalité ;
  • qui parle car l’auteur écrit le livre à la première personne du singulier : « Je ».

Les différentes parties dans Verte

Le livre est divisé en 5 parties :

  • Ce qu’en disait Ursule (la voix d’une mère) ;
  • Ce qu’en disait Anastabotte (la voix d’une grand-mère) ;
  • Ce qu’en disait Verte (la voix d’une fille) ;
  • Ce qu’en disait Soufi (la voix d’un garçon) ;
  • Ce qu’en a pensé Ursule (la conclusion d’une mère) ;

La situation initiale

Verte est une petite fille dont la mère et la grand-mère sont sorcières. Elle ne connait pas son père. Ursule sa mère veut absolument que Verte devienne une sorcière. Verte veut être « normale » comme les autres et aimerait plus tard se marier et avoir des enfants. Elle voit sa mère préparer des potions juste pour ennuyer les voisins ou tuer des chiens. Elle aime beaucoup un garçon de sa classe, Soufi.

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  • Ce qu’en disait Ursule :

« Voilà le destin tout tracé qui attendait ma petite Verte. Je la regardais grandir, attentive au moindre signal surnaturel. Mais quand elle a atteint ses dix ans, elle était toujours d’une normalité déprimante. Jolie fille, bonne élève, brave camarade, rigolote, soigneuse et gentille. J’attendais encore qu’elle fasse voler les meubles dans l’appartement quand je me suis rendu compte que le seul grand changement qui affectait sa vie était qu’elle regardait les garçons d’un œil à la fois moqueur et intéressé… »

  • Ce qu’en disait Anastabotte :

« Verte, voilà bien une idée d’Ursule ! […] J’ai toujours adoré cette petite Verte, une enfant gentille, polie, jolie et paisible. Je ne dis pas que sa mère ne l’aime pas. La vérité est qu’Ursule aime beaucoup sa fille. Mais elle n’a aucune patience. Elle s’est mis dans la tête de faire de Verte une grande sorcière. Quand sa gamine était tout bébé, elle guettait déjà des signes de sorcellerie au-dessus du berceau. Au fur et à mesure des années, les choses ont empiré… »

  • Ce qu’en disait Verte :

« Nos relations se sont dégradées quand j’ai grandi. Elle s’est mise dans la tête de faire de moi une sorcière. […] J’enviais les familles normales, un père, une mère et deux ou trois enfants auxquels on ne demande rien de plus que d’être serviables à la maison et polis à l’école. Moi, pour commencer je n’avais pas de père. Pourquoi… »

  • On voit bien ici le point de vue des trois personnages, ce qu’elles pensent de la même situation.

L’élément déclencheur

Ursule, découragée, décide de confier Verte tous les mercredis à Anastabotte, sa mère et la grand-mère de Verte. Ursule espère qu’Anastabotte saura apprendre la sorcellerie à sa fille.
Anastabotte pense qu’Ursule est trop pressée de faire de sa fille une sorcière et dit, en parlant de l’âge des adolescents : « Onze, douze, quatorze : c’est une période compliquée où les jeunes doivent trouver leur personnalité… »

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  • Ce qu’en disait Ursule :

« Je me sentais à la fois mal à l’aise et soulagée. L’idée de ma mère et de ma fille complotant dans mon dos à longueur de mercredis n’était pas de nature à me faire plaisir. Mais d’autre part la certitude d’être débarrassée de l’une et de l’autre quelques heures par semaine avait quelque chose d’agréable. »

  • Ce qu’en disait Verte :

« Au départ, j’étais contente. Mais je me suis vite rendu compte que l’objectif de ces journées était de m’amener à être sorcière comme elles. Anastabotte faisait semblant d’être de mon côté. Mais on ne change pas son naturel. Tout en jouant les gentilles, elle ne pensait qu’à me réconcilier avec ma mère. »

  • Ce qu’en disait Anastabotte :

« Car je ne comptais pas infliger à ma pauvre Verte des leçons de sorcellerie obligatoires. Après tout, elle ne m’avait rien demandé, la pauvre gamine… […]
― Vois-tu, Mamie ce qui m’énerve le plus, c’est que je ne peux pas choisir. Ce n’est pas juste d’être obligée de faire des choses que l’on n’a pas envie de faire. Je suis très bien comme je suis. Je ne veux pas changer. Je ne veux pas ressembler à Maman…

  • Le lecteur peut s’identifier à Verte, qui ne veut pas ressembler à sa mère, mais veut être elle-même.

Les péripéties

Anastabotte fait découvrir son atelier à Verte. Elle propose de faire l’expérience de « l’ombre bleue », qu’elles envoient à Soufi. Pendant son entrainement de foot, Soufi va alors se retrouver entouré d’un nuage bleu pendant quelques instants. La sensation est agréable, mais il se retrouve ensuite à l’autre bout du terrain, sans savoir comment.
Soufi a été invité à venir gouter chez Anastabotte et il raconte son expérience, il est sidéré de cette expérience et apeuré.
Mais il passe un merveilleux moment à écouter de la musique et lire aux côtés de Verte.

Verte, rentrée chez elle, se dispute avec sa mère. Sans le vouloir, elle fait voler en éclats toute la vaisselle de la cuisine : c’est sa première manifestation de sorcière.

Verte - Marie Desplechin - SchoolMouv - Récit d’apprentissage - Points de vue narratifs - Lecture et compréhension - CM1 Verte fait voler en éclats la vaisselle de la cuisine.

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  • Ce qu’en disait Verte :

« J’ai reclaqué la porte de la cuisine et j’ai à nouveau pensé très fort : ‟Et en plus je veux qu’un vent d’enfer vienne faire claquer ses fichues fenêtres.” Au sifflement admiratif que j’ai entendu dans la cuisine, j’ai su que ça avait marché. Pas de doute, cette fois j’étais bel et bien sorcière. Dans un sens c’était la poisse. »

Ce qu’en disait Ursule :

« Cette sale gosse venait de me briser pour cinq cents francs de vaisselle au moins. […] J’aurais pu me désoler, me lamenter. Mais je riais, je gloussais d’aise dans ma cuisine, me frottant les mains dans mon tablier, contemplant le désastre avec des hoquets de joie.
Sans qu’elle s’en soit aperçu, ma fille venait de faire son premier pas en sorcellerie… »

Verte, voyant Soufi très inquiet après l’épisode de « l’ombre bleue » lui avoue que sa mère, sa grand-mère et elle-même sont sorcières. Soufi admire Verte pour son courage et sa loyauté.
Le mercredi suivant, Verte demande à sa grand-mère de retrouver son père. Anastabotte le fait apparaitre dans son « miroir liquide ». Soufi est là et reconnait son entraineur de foot : c’est le père de Verte, et c’est pour cela qu’il pensait depuis longtemps que cette fille ressemblait à quelqu’un qu’il connaissait.

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  • Ce qu’en disait Soufi :

« Au fur et à mesure que les voix d’Anastabotte et de Verte ont pris de l’ampleur, des ombres grises sont venues s’infiltrer dans la masse gélatineuse de de l’œil. […] Les formes se sont précisées dans la soupière. On voyait maintenant distinctement le reflet d’un homme en train de courir dans la gelée. […] Puis j’ai regardé le type. Puis j’ai regardé Verte. Puis j’ai regardé la casquette. Puis j’ai eu l’illumination. J’ai sauté sur place et j’ai hurlé :
― Gérard !!!
― Quoi Gérard ? a hurlé à son tour Anastabotte.
― Eh ben Gérard, quoi ! L’entraineur de foot ! Ton père !

Le dénouement et la situation finale

C’est une fin heureuse. Grace à Anastabotte et à Souffi, Verte retrouve son père, Gérard, qui est fou de joie de la voir.
Ils vont tous les quatre chez Ursule qui, après une hésitation, les accueille et est très heureuse aussi de ces retrouvailles.
Verte est une sorcière, mais elle décide qu’elle n’utilisera ses dons que pour des belles choses.

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À retenir

Le récit d’apprentissage permet au lecteur de s’identifier au héros ou à l’héroïne du roman, qui subit des épreuves ou se trouve face à la question :

  • Comment grandir et devenir autonome dans un monde d’adultes ?

Dans le récit d’apprentissage, les rencontres sont importantes : lorsque le héros ou l’héroïne est un enfant c’est souvent un adulte qui l’aide à réfléchir. Petit à petit, grâce à des expériences, le personnage va apprendre des choses qui lui permettront de se découvrir et de s’affirmer par rapport aux autres.