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Marianne

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Crise du 6 février
1934
Evénement historique

Contexte

  • La IIIe République, depuis la fin de la guerre, est contestée par la rue, incapable qu’elle est de résoudre les problèmes socio-économiques qui agitent le pays, principalement le chômage. Son instabilité gouvernementale (5 ministères entre 1932 et 1934) ne fait que conforter le fait qu’il faut un pouvoir fort. À cela s’ajoute « l’Affaire Stavisky » – escroquerie financière où sont impliqués des parlementaires, avec le Crédit municipal de Bayonne – qui éclaboussera le monde de la presse, des affaires, et de la classe politique.
  • Le président de la République, Albert Lebrun, opère un changement de gouvernement dès la découverte du cadavre de Stavisky et propose Édouard Daladier à la présidence du Conseil après la démission de Camille Chautemps. Lorsque le peuple comprend que l’escroc s’est fait assassiner par la police pour sauver les politiciens mouillés par le scandale (Dalimier, Bonnaure, Chautemps), il descend dans la rue. L’ampleur de la manifestation est digne de la Commune.

1934

Personnages

Gaston Bonnaure

Camille Chautemps

Jean Chiappe

Édouard Daladier

Albert Dalimier

François de La Rocque

Albert Lebrun

Alexandre Stavisky

Déroulement

Suite à l’affaire Stavisky, la révocation du préfet Chiappe, réputé proche des ligues d’extrême-droite, par Édouard Daladier fraîchement nommé à la présidence du Conseil, met le feu aux poudres. Aussi, le 6 février 1934, les groupes extrémistes en appellent à l’insurrection contre la classe politique douteuse qui les gouverne car Daladier doit être officiellement investi ce jour-là. On retrouve sur les pavés parisiens l’Action française, les Croix-de-Feu, les Jeunesses patriotes, mais aussi des communistes comme l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), brandissant des pancartes « À bas les voleurs ». S’ils n’ont pas les mêmes revendications, et ne manifestent pas forcément dans les mêmes quartiers, tous rejettent le parlementarisme en vigueur.

Dès les premières échauffourées, François de La Rocque, qui dirige les Croix-de-Feu, demande la dispersion du mouvement tandis que, vers la place de la Concorde, la manifestation dégénère. En effet, en fin d’après-midi, lorsque les manifestants (AF, Solidarité française, Jeunesse patriotes) marchent sur le Palais Bourbon, les forces de l’ordre font usage de leurs armes. Un policier est tué, tout comme une dizaine de civils (14), et l’on compte environ 1500 blessés. Édouard Daladier démissionne le lendemain, cédant sa place à Gaston Doumergue. C’est le rejet du gouvernement radical.

Conséquences

  • Face à ce qu’elle considère comme une tentative de coup d’État fasciste, la gauche décide de s’unir pour la première fois contre la droite. Réunies malgré elles, alors que rien ne présageait leur alliance, les gauches plurielles (socialisme et communisme) donneront naissance par leur union au Front populaire qui remportera les élections législatives, deux ans plus tard, en 1936. Cette manifestation verra peu à peu la naissance d’alliances politiques plus efficaces avec la montée de la bipolarisation gauche/droite.
  • Le 10 janvier 1936, le gouvernement de Pierre Laval entérine une loi autorisant la dispersion des ligues hostiles à la République.