Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
Discours de Gambetta
15 août 1877
Evénement historique

Contexte

  • La IIIe République est née après la guerre franco-prussienne en 1870 : elle succède au Seconde Empire de Napoléon III.
  • En 1876 ont lieu des élections à l’Assemblée nationale : les Républicains sont largement majoritaires, avec 360 députés contre 155. Mac-Mahon, président de la République, donne la direction du gouvernement à un républicain modéré, Jules Simon. Si la Chambre est Républicaine, le Sénat, à droite, doit être en parti renouvelé en 1879, et la présidence en 1880.
  • Rapidement, des tensions d’ordre idéologique entre Mac-Mahon et Jules Simon apparaissent. Le président du Conseil fait voter à la Chambre un projet sur la liberté de la presse. Le 16 mai 1877, Mac-Mahon adresse une lettre à Simon, publié dans le Journal Officiel, dans laquelle il désavoue le chef du gouvernement, qui démissionne. C’est la crise du 16 mai 1877. Le président Mac-Mahon dissout le Parlement le 25 juin, les électeurs sont ainsi appelés aux urnes.

15 août 1877

Personnages

Léon Gambetta

Patrice de Mac-Mahon

Jules Grévy

Déroulement

Ce désaccord initial entraîne un débat plus profond : il s’agit de savoir si la République doit être présidentielle ou parlementaire. Et comme Mac-Mahon ne cache pas son attachement au monarchisme, le débat se présente comme un affrontement entre la monarchie et la République.

Gambetta conduit le camp républicain dans cette période. Le 15 août 1877, il proclame un discours à Lille, dans lequel il affirme sa croyance dans le suffrage universel (masculin), et appelle au vote massif pour les candidats républicains, qui sauront aller dans le sens de l’intérêt général. La dernière partie de son discours est restée célèbre : Gambetta met en garde directement le président en lui rappelant que la légitimité présidentielle est détenue par le peuple : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine […] il faudra se soumettre ou se démettre ».

La campagne est très passionnelle : le clergé soutient officiellement les candidats de la droite. Le ministre de l’Intérieur bonapartiste, M. de Fourtou, utilise son autorité ministérielle dans le cadre de la campagne électorale : des préfets sont révoqués, des journaux républicains sont poursuivis.

Conséquences

  • Le 14 octobre 1877, les électeurs sont appelés aux urnes : les républicains sortent vainqueurs de l’élection. Ils perdent certes 40 sièges au Parlement, mais conservent leur majorité.
  • Mac-Mahon, en décembre, revient ainsi sur ses positions : la République sera parlementaire. En janvier 1879, un tiers du Sénat est renouvelé : les républicains sont élus en masse, et le Sénat bascule de la droite à la gauche. La vision républicaine l’emporte. Le 30 janvier, Mac-Mahon démissionne, et c’est Jules Grévy, républicain, qui est élu président. Les Chambres vont alors revenir siéger à Paris, et non plus à Versailles, symbole de la monarchie.