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Marianne

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Guerres de Yougoslavie
1991 - 1995
Evénement historique

Contexte

  • La Yougoslavie était un pays très complexe : formée « artificiellement » d’une partie des anciens Empires austro-hongrois et ottoman après la Première Guerre mondiale, on y trouve différentes ethnies, de différentes nationalités, cultures et confessions (catholiques, orthodoxes, musulmans), toutes très attachées à leur terre et à leur culture.
  • Après la Seconde Guerre mondiale, le maréchal Tito parvient à calmer les élans nationalistes en Yougoslavie en en faisant un État fédéral qui comprend six Républiques : la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine et la Serbie. La Serbie elle-même comprend deux régions autonomes : la Voïvodine et le Kosovo.
  • Cette Yougoslavie fédérative dure tant bien que mal au sein de l’URSS jusqu’en 1991, mais toutes ces Républiques profitent de la chute du bloc soviétique pour réclamer leur indépendance. Dès lors, la Yougoslavie rencontre plusieurs problèmes. Tout d’abord, pour chacune des six Républiques yougoslaves, les frontières ne correspondent pas à la répartition ethnique. Ensuite, le gouvernement fédéral de Yougoslavie n’est pas du tout enclin à laisser s’émanciper les Républiques qui le constituent.
  • C’est ainsi que, dès 1992, la Yougoslavie connaît un certain nombre de guerres :
  • entre le gouvernement fédéral yougoslave et les Républiques yougoslaves
  • entre Républiques yougoslaves, dans une bataille pour le partage des territoires
  • civiles, dans les processus d’épuration ethnique lancés par les Républiques yougoslaves
  • La violence des combats et des sévices subis par les civils choque profondément la communauté internationale, impuissante à stopper les massacres.

1991 - 1995

Personnages

Slobodan Milošević

Franjo Tuđman

Alija Izetbegović

Déroulement

En 1991, des élections libres en Yougoslavie votent la sortie de l’URSS. Chaque République se charge désormais de sa propre sécurité territoriale, mais au sein de chacune d’entre elles, les différentes municipalités (de différentes ethnies) se constituent elles-mêmes en armées.

La Slovénie, la Croatie, la Macédoine et le Kosovo se déclarent indépendants en 1991, mais l’Union européenne espère pouvoir préserver la Yougoslavie fédérale : elle décide donc d’attendre. Puis l’Allemagne reconnaît unilatéralement la Slovénie et la Croatie : l’éclatement de la Yougoslavie est lancé.

En 1992, la Serbie et le Monténégro créent une nouvelle fédération : la République fédérale de Yougoslavie, qui réprime violemment la volonté d’indépendance du Kosovo et de la Macédoine : la guerre commence, et elle touchera les six Républiques.

Les combats les plus longs et les plus violents se passent entre la Serbie et la Bosnie. En 1992, la Bosnie fait un référendum d’indépendance auquel les populations serbes, croates et musulmanes ne participent pas. L’indépendance est donc reconnue internationalement, mais une guerre civile se déclenche au sein du pays entre les différentes ethnies, et la Serbie lui déclare la guerre.

Cette guerre est émaillée de crimes contre l’humanité : dans des conditions terribles, des populations sont déportées, assassinées, les soldats commettent de nombreux viols. Les populations civiles sont les premières à en souffrir : elles sont directement visées car elles sont l’enjeu de cette guerre.

Sarajevo, capitale de la Bosnie est assiégée pendant près de 4 ans et reçoit entre 300 et 3 000 obus par jour, causant presque 10 000 morts.

Face à ce déchaînement de violence, l’Europe, atterrée, est impuissante : elle n’a ni les moyens logistiques, ni les moyens politiques pour influer sur le sort de la Yougoslavie. Elle envoie donc des troupes au mandat flou, pour faire ce qu’elles ne savent pas faire : la paix. L’armée est bien incapable de résoudre les problèmes politiques comme les problèmes humains.

La guerre s’intensifie et devient tripartite entre nationalistes croates, serbes et bosniaques.

L’OTAN intervient finalement en 1995. À la suite des accords de Dayton, une paix très fragile est apportée dans l’ex-Yougoslavie, dont le complexe processus de désintégration continue.

Conséquences

  • Cette guerre intestine particulièrement violente fit au moins 300 000 morts, dont deux tiers de civiles, et environ 4 millions de déplacés. Un tribunal pénal international a été créé uniquement pour répondre aux accusations de crimes de guerre en ex-Yougoslavie ; presque 200 criminels ont été condamnés, dont Slobodan Milošević, ex-président serbe qui a porté le conflit sur tous les fronts. Il reste encore aujourd’hui beaucoup de criminels qui n’ont pas été jugés dans les Balkans.
  • Un nouveau découpage territorial modifie les frontières en fonction des ethnies en 1995, mais les conflits ne s’arrêteront qu’en 1999, et de fortes tensions subsistent encore, notamment au Kosovo.
  • Ces guerres causées par l’éclatement de l’URSS montrent la difficulté de reconstruire après la guerre froide et sont le symbole d’un nouveau « désordre mondial ».