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Marianne

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Mémoire de la guerre d’Algérie
1954 - 1962
Evénement historique

Contexte

  • L’appel à l’insurrection lancé en novembre 1954 (la « Toussaint rouge ») par le Front de libération nationale met le feu aux poudres dans une Algérie en crise. Les massacres du Constantinois le 20 août 1955 et la bataille d’Alger (1957) sont d’une violence inouïe.
  • Le 13 mai 1958, les Français d’Algérie réclament le général de Gaulle (Soustelle, Lagaillarde) qui devient le président du Conseil de la IVe République.

1954 - 1962

Personnages

Charles de Gaulle

Paul Aussaresses

Jacques Massu

Maurice Challe

René Coty

Francis Jeanson

Edmond Jouhaud

Déroulement

Les Français d’Algérie qui plaçaient leur espoir en de Gaulle sont déçus par son discours du 4 juin 1958 dans lequel le général évoque l’autodétermination du peuple algérien et se révoltent lors de la semaine des barricades en janvier 1960.

L’Organisation Armée Secrète se crée en 1961 pour défendre l’Algérie française et lutter contre le FLN fondé en 1954. L’OAS attente à la vie de De Gaulle par des attentats (8 septembre 1961, 22 août 1962). Mais les accords d’Évian du 18 mars 1962 entérinent la fin des combats.

Cependant, le cessez-le-feu est bafoué : le pays est en pleine guerre civile (fusillade rue d’Isly le 26 mars 1962, putsch d’Alger les 21-22 avril 1962, assassinats d’Européens à Oran le 5 juillet, massacre des harkis à l’été 1962). Le FLN, soutenu par le réseau Jeanson, et l’OAS n’ont de cesse de commettre des attentats. Certains utilisent la torture, tout comme l’armée française (ce que reconnaissent plus tard les généraux Aussaresses et Massu). Toutes ces exactions rendent le travail de réconciliation difficile.

S’il existe une polémique de la mémoire, c’est parce qu’elles sont plurielles. Les pieds noirs se sont sentis trahis par de Gaulle et la France ; les « appelés » ont été traumatisés par les horreurs d’un conflit qu’ils n’ont pas choisi et les « engagés », n’ayant pas subi de défaites sur le terrain, attendent une reconnaissance officielle.

Côté algérien, les harkis ont été abandonnés par la France et massacrés par les leurs. Ceux rentrés en métropole furent regroupés dans des camps puis oubliés. Quant aux indépendantistes algériens, ils condamnent les pertes, la domination et la torture subies.

Ainsi, de part et d’autre, on occulte les atrocités commises par son propre camp et les mémoires restent cloisonnées.

Conséquences

  • Le nom de « guerre sale » est attribué au conflit franco-algérien, qui ne sera d’ailleurs que tardivement qualifié de « guerre » (1999) en raison de la torture.
  • Le 31 juillet 1968, la loi amnistiant l’armée française des infractions commises pendant la guerre d’Algérie choque l’opinion.
  • En France, la génération descendant des Harkis hérite du traumatisme de ses aînés (1991). En 2002, le Mémorial national de la guerre au quai Branly rend hommage aux soldats français et harkis. Le 5 décembre devient la Journée nationale du souvenir des morts de la guerre.
  • Les présidents Chirac et Bouteflika évoquent un traité de l’amitié mais la loi du 23 février 2005, reconnaissant certains aspects positifs de la colonisation, avorte le projet.
  • Le 19 mars, date commémorative choisie par le président Hollande en 2016, fait débat. On comprend combien les souvenirs restent opposés avec, côté français, une mémoire contrainte et plurielle et côté algérien, une mémoire unanime qui fait de cette guerre un acte fondateur.