Evénement historique
Offensive du Têt – 30 janvier 1968
Contexte
  • Le Vietnam est partagé en deux au lendemain de la guerre d’Indochine (1946-1954), à la hauteur du 17e parallèle nord, par l’accord de Genève du 20 juillet 1954.
  • La guerre du Vietnam (1955-1975) oppose les communistes Nord vietnamiens (soutenus par l’URSS et la Chine) et les capitalistes Sud vietnamiens (qui ont l’aide des États-Unis). C’est un des principaux théâtres conflictuels de la guerre froide.
  • Les États-Unis, qui assurent au préalable une présence pour conseiller le gouvernement sud vietnamien, engagent des troupes au sol à partir de 1965 et commencent les bombardements. On dénombre environ 540 000 soldats sur place au début de l’année 1968.
Déroulement

Le 30 janvier 1968, le Viêt Cong et l’Armée populaire vietnamienne lance une offensive surprise de grande ampleur contre l’armée américaine et les troupes du Vietnam du Sud. Cette campagne militaire est déclenchée le soir du réveillon du nouvel an lunaire, lors des festivités du Têt : les soldats Sud vietnamiens sont alors démobilisés.

Les soldats communistes se lancent simultanément à l’assaut de plus de 100 villes, dont Saigon (siège du commandement américain où se trouvaient le palais présidentiel, l’ambassade, la base navale, la station de radio nationale et l’aéroport), Khe Sanh (base américaine isolée en province), et Hué (ancienne capitale impériale).

Les communistes du Nord ont pour volonté de déclencher un soulèvement général de la population afin de renverser le gouvernement pro-américain.

Malgré l’effet de surprise, aucune des villes ne passent sous le contrôle du Nord, et les soldats américains repoussent une offensive qui s’avère être un échec militaire. La campagne va s’étaler sur plusieurs mois, les troupes communistes, mal préparées, comptent de lourdes pertes : presque 50 000 morts.

Conséquences
  • Si l’offensive du Têt est un échec militaire total, les communistes remportent une victoire politique : la guerre est largement couverte par les médias occidentaux. Les Américains sont choqués par l’ampleur de cette attaque, alors que les dirigeants politiques assuraient que la guerre était quasiment terminée.
  • L’impact sur la vie politique américaine est immédiat : Lyndon Johnson, alors président des États-Unis, annonce le 31 mars 1968 qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections présidentielles.
  • Le 31 octobre de la même année, il annonce la fin des bombardements aériens au Vietnam du Nord. Les Américains vont progressivement se désengager du conflit et transférer au gouvernement sud vietnamien plus de responsabilité.