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Dom Juan, Molière
Fiche de lecture

Contexte

Le 12 mai 1664, Molière présente devant la cour la première représentation du Tartuffe. Sous la pression religieuse, Louis XIV se voit contraint d’interdire les représentations à venir de cette pièce, critique à l’égard du clergé. Molière cherche donc une nouvelle pièce pour sa troupe.

Il entame alors la rédaction du Festin de pierre, reprenant ainsi le mythe don Juan Tenorio, un débauché et impie châtié par le Ciel, personnage déjà repris dans d’autres pièces. Tirso de Molina, dramaturge espagnol, s’en est notamment inspiré.

Cette pièce, dans sa construction, dénote parmi les autres pièces de Molière. Auteur classique, il brise ici certains codes : refus de la règle des trois unités, écriture en prose, fin dramatique et mélange des registres.

La pièce, dont les premières représentations datent de février 1665, n’est publiée qu’à la mort de Molière en 1682.

Traditionnellement, la graphie « Dom » est employée pour le titre de la comédie de Molière, et celle de « Don » dans le texte pour le nom du personnage. Mais il arrive de retrouver, dans certaines éditions, « Dom » dans les deux cas.

Jean-Baptiste Poquelin dit Molière

1682

Dom Juan

Genre

Théâtre

Personnages

Don Juan : Personnage principal de la pièce, c’est un libertin. Très séduisant, il cumule les conquêtes.

Sganarelle : Valet de don Juan, c’est un homme très fidèle, loyal et superstitieux.

Elvire : Épouse de don Juan, elle découvre la vraie personnalité de celui-ci et ses tromperies.

Don Louis : Père de don Juan, il incarne la noblesse et l’honneur. Il considère son fils comme son plus grand échec avant de lui pardonner sa conduite quand ce dernier lui fait croire qu’il va changer de comportement.

Don Carlos et don Alonse : Deux frères d’Elvire, ils se lancent à la poursuite de don Juan car ils souhaitent venger leur sœur.

M. Dimanche : Créancier de don Juan.

Pierrot : Paysan, amoureux de Charlotte qui ne l’aime pas en retour. Il sauve don Juan de la noyade.

Charlotte et Mathurine : Deux paysannes que don Juan rencontre après avoir fait naufrage.

Gusman : Serviteur d’Elvire.

Thèmes

Le libertinage : Le libertinage et l’inconstance sont les principaux thèmes de la pièce. Don Juan défend la thèse de l’inconstance dans l’amour. Il ne recherche que la conquête et ne trouve pas de satisfaction dans l’attachement. Ainsi, il se présente comme un libertin dans ses idées et dans ses mœurs.

Maître et valet : Dans la relation entre don Juan et Sganarelle se dessine le thème de la relation maître et valet. Sganarelle est celui qui connaît le mieux don Juan. Il se pose parfois en juge de sa conduite, lui qui est très pieux, même s’il croit plus par superstition que par foi. Il craint pourtant son maître. Don Juan a besoin de Sganarelle comme témoin de ses provocations et comme faire-valoir.

La médecine : Don Juan fait part de son scepticisme à l’égard de la médecine. L’occasion pour Molière de faire part de ses propres critiques.

La religion : Don Juan revendique son athéisme. On lui demande à de nombreuses reprises de se convertir mais il refuse. Il se moque de la religion. En opposition à cet athéisme, Molière offre le personnage de Sganarelle. Par sa superstition, son comportement et son argumentation bancale, il est un très mauvais défenseur de la religion.

Résumé

Acte I

Sganarelle, valet de don Juan, et Gusman, serviteur d’Elvire parlent ensemble. Gusman s’interroge sur Don Juan et sur les raisons qui l’ont fait abandonner Elvire qu’il avait épousée après l’avoir enlevé du couvent. Sganarelle dresse alors un portrait de son maître, un impie, un « grand seigneur méchant homme », un « épouseur à toutes mains ».

Don Juan entre en scène. Il se lance dans une tirade sur l’inconstance de l’amour. Seule la conquête l’intéresse. Il a déjà une nouvelle femme en tête, fiancée à un autre homme, il compte l’enlever au cours d’une promenade en mer.

Elvire arrive, furieuse et malheureuse, et reproche à don Juan son attitude. Celui-ci lui répond avec un grand cynisme. Elvire appelle pour lui une punition divine.

Acte II

Un paysan, Pierrot, raconte à son amie Charlotte comment il a sauvé de la noyade don Juan et Sganarelle. Alors que don Juan souhaitait enlever la jeune fille en mer, la barque sur laquelle il se trouvait avec son valet s’est retournée.

Don Juan se remet très vite de l’accident et commence à séduire une jeune paysanne, Mathurine. Puis il entreprend de séduire Charlotte et lui promet de l’épouser.

Pierrot se fâche, rappelle qu’il est celui qui doit épouser Charlotte. Cette dernière se range du côté de don Juan. Pierrot est chassé par les soufflets de don Juan, Sganarelle tente de s’interposer et reçoit quelques gifles malencontreuses.

Alors que don Juan fait la cour à Charlotte, Mathurine, qu’il a séduite précédemment, entre en scène. Les deux femmes se disputent. Don Juan fait croire à chacune d’elle qu’elle est la promise de son cœur.

Le séducteur apprend ensuite qu’il est recherché par des hommes armés.

Acte III

Pour échapper aux hommes à sa recherche, don Juan a revêtu des habits de campagne et Sganarelle, une tenue de médecin. C’est l’occasion pour don Juan de faire part de sa défiance envers la médecine. Ils parlent ensuite de religion, le séducteur avouant qu’il ne croit pas plus en Dieu qu’à la médecine. Sganarelle tente de démontrer l’existence de Dieu à son maître.

Perdus, les deux hommes demandent leur chemin à un pauvre homme. Ce dernier leur fait l’aumône. Don Juan lui demande de jurer en échange d’une pièce d’or, le vieil homme refuse. Don Juan lui jette une pièce.

Don Juan porte secours à un homme attaqué par trois voleurs. L’homme est en fait don Carlos, l’un des frères d’Elvire, à la recherche de don Juan pour venger sa sœur. Le séducteur se fait donc passer pour un ami de don Juan.

Surgit alors don Alonse, l’autre frère d’Elvire, qui, lui, reconnaît don Juan. Don Carlos le persuade de remettre à plus tard leur vengeance car leur ennemi vient tout juste de lui sauver la vie.

Don Juan et Sganarelle aperçoivent le tombeau du commandeur que Don Juan a tué quelques mois plus tôt en duel. Celui-ci demande à son valet d’inviter la statue du commandeur à dîner. Sganarelle, très superstitieux, finit par s’exécuter. La statue incline la tête en signe d’acceptation.

Acte IV

Don Juan et Sganarelle ne sont pas d’accord sur l’interprétation à donner au signe de tête de la statue. Pour don Juan, c’est une illusion d’optique. Pour Sganarelle, c’est un signe du ciel.

Monsieur Dimanche se rend chez don Juan pour lui réclamer l’argent qu’il lui doit. Le séducteur le complimente tout en le chassant sans lui rendre un sou.

C’est au tour de don Louis, le père de don Juan, de se présenter. Il reproche à son fils sa conduite qui fait honte à son nom.

Elvire arrive ensuite. Avant de retourner au couvent, elle demande à don Juan de changer de conduite et de se tourner vers Dieu. Le séducteur refuse et lui fait des avances.

La statue du commandeur arrive et convie don Juan à dîner avec elle le lendemain.

Acte V

Don Juan annonce à son père qu’il regrette sa conduite et qu’il est prêt à se convertir. Il avoue ensuite à Sganarelle que tout ça n’est que pure hypocrisie.

Don Carlos demande à don Juan d’honorer la promesse faite à sa sœur. Don Juan se retranche derrière sa prétendue conversion.

Enfin, une femme voilée ayant l’apparence d’un spectre et la voix d’Elvire demande à don Juan de se repentir. Toujours incrédule, don Juan cherche à vérifier ce qui se cache derrière le spectre avec son épée.

La statue du commandeur apparaît. Elle entraîne don Juan en enfer. Sganarelle, resté seul, réclame ses gages.

Citation

« Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. »

Acte I, scène 2

« La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. »

Acte I, scène 2

« Le Ciel te punira, perfide, de l’outrage que tu me fais ; et si le Ciel n’a rien que tu puisses appréhender, appréhende du moins la colère d’une femme offensée. »

Acte I, scène 3

« L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus. »

Acte V, scène 2