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Happy Meal, Anna Gavalda
Fiche de lecture

Contexte

Anna Gavalda est née à Boulogne-Billancourt en 1970. D'abord professeur de français, elle est aussi nouvelliste et romancière.
En 1999, elle publie son premier recueil de nouvelles : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, pour lequel elle est récompensée du grand prix RTL-Lire et qui sera traduit en 27 langues. « Happy Meal » est une nouvelle à chute publiée dans le recueil Des mots pour la vie, volume 3 : Nouvelles, un recueil collectif coédité par les éditions Pocket et Le Secours populaire, en 2000.

Anna Gavalda

2000

Happy Meal

Genre

Nouvelle

Personnages

Un homme et une jeune femme ou jeune fille : La chute de la nouvelle permet de comprendre qu'il ne s'agit pas d'un couple d'amoureux, mais d'un père et de sa fille de 6 ans.

Thèmes

La relation amoureuse : Tout au long du texte, le lecteur est mené sur une fausse piste : celui d’une relation amoureuse entre un homme et une jeune femme.
« Si on reste ensemble assez longtemps, je lui apprendrai autre chose. » : cette phrase par exemple, donne l’impression d’une relation de couple.
Il n’évoque pas l’âge de la personne, et fait des généralités sur les filles / femmes : « Je sais comment sont les filles avec l’avenir : juste prometteuses. », « Des visages se tournent. Elle ne les voit pas. Impalpable dédain de celles qui se savent belles. »
De même, il la décrit physiquement comme on décrirait une femme : « Je regarde ses mains. Elle a mis du vernis violet nacré sur ses ongles. », « Qu’est-ce que j’aime le plus chez elle ? En numéro un, je mettrais ses sourcils. Elle a de très jolis sourcils. Très bien dessinés. Le bon Dieu devait être inspiré ce jour-là. En numéro deux, ses lobes d’oreilles. Parfaits. […] » Enfin, l’une des dernières phrases confirme la confusion : « Cette fille, je l’aime. » Le lecteur est convaincu que le narrateur a une relation amoureuse de couple, d’adulte.

La relation père / fille : À la lecture de la chute, dans la dernière phrase, on comprend la méprise : la fille n’est pas une adulte, mais une enfant. Et l’homme est un père et pas un compagnon de vie.
Cela permet de relire le texte différemment et de repérer quelques indices :
« Elle retrousse son mignon petit nez et tortille une mèche de cheveux. », « […] il se trouve qu’elle a deux petites libellules dans les cheveux. Minuscules barrettes inutiles qui n’arrivent pas à retenir quelques mèches blondes. »
Ces détails ont du mal à coller avec la description d’une femme adulte.

Résumé

L'histoire est racontée par un narrateur interne : on ne connaît donc pas son nom, ni son âge. Il a emmené une jeune femme déjeuner au restaurant : elle a choisi un fast-food, McDonald. Il critique ce mode de nourriture et ce fast-food mais voulait lui faire plaisir.
Le portrait du personnage féminin est très positif et trahit les sentiments que l'homme éprouve pour la femme qu'il a en face de lui. Et de son côté, cette personne semble également attirée par le narrateur. Leur amour paraît réciproque.
Toutefois, le personnage féminin semble assez jeune : « Elle me fait sentir que je suis un ringard. » Dans la dernière ligne, on comprend qu'il s'agit d'un père et de sa fille, Valentine, qui a 6 ans.

Citation

La chute, en deux parties :
« Cette fille, je l’aime.
C’est la mienne. Elle s’appelle Valentine et n’a pas sept ans. »

On sent le décalage de génération entre les deux personnages :
« Elle me fait sentir que je suis un ringard. »

Le langage de la relation de couple :
« Si on reste ensemble assez longtemps, je lui apprendrai autre chose. »

Une critique de la société de consommation et de la malbouffe : « D'une fois sur l'autre, j'oublie à quel point je hais les McDonald. Cette odeur : graillon, laideur et vulgarité mélangés. Pourquoi les serveuses se laissent-elles ainsi enlaidir ? Pourquoi porter cette visière insensée ? Pourquoi les gens font-ils la queue ? Pourquoi cette musique d'ambiance ? Et pour quelle ambiance ? Je trépigne, les gens devant nous sont en survêtement. Les femmes sont laides et les hommes sont gros. J'ai déjà du mal avec l'humanité, je ne devrais pas venir dans ce genre d'endroit. »