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Histoire de ma vie, George Sand
Fiche de lecture

Contexte

George Sand a 50 ans lorsqu'elle écrit ce livre autobiographique, mais elle avait entamé dès 1835 l'écriture de souvenirs et le projet d'écrire ses mémoires. Il fallut néanmoins attendre 1855 pour qu'elle mène à bien la rédaction de l'histoire de sa vie, en partie poussée par le manque d'argent.

Il ne s'agit pas pour autant d'une autobiographie au sens strict. La forme est celle d'une correspondance, suivant ainsi la grande vogue de l'époque pour le genre épistolaire. La présentation sous forme de lettres permet, en outre, de justifier ce projet narratif qui peut sembler quelque peu gratuit ou narcissique.

Par ailleurs, George Sand n'expose pas tous les détails de sa vie et ne trace pas une chronologie précise et factuelle de sa biographie. Il s'agit plutôt d'évocations, de souvenirs, de portraits et de description qui témoignent de sa sensibilité autant que de sa vie.

Aurore Dupin dit George Sand

1855

Histoire de ma vie

Genre

Autobiographie

Thèmes

L’Histoire : La vie retranscrite par George Sand couvre la première moitié du XIXe siècle, et remonte même avant sa naissance en évoquant la génération de ses grands-parents et de ses parents. C’est donc une période historique, avec ses particularités, sa sensibilité et ses aspirations propres qui surgit de livre, qui est la biographie d’une époque autant que d’un individu.

La femme libre : Sur ce fond historique, la destinée de George Sand fait figure d’exception. On y voit une femme libre, écrivant et publiant, s’habillant en homme, ayant des amants, à une époque de mœurs austères et où les femmes étaient privées de liberté.

L’indépendance : L’indépendance d’esprit et de vie de George Sand, qui se manifeste par ses passions, est indissociable de son activité d’écrivain. C’est dans l’écriture et par l’écriture qu’elle a vécu son amour pour la liberté et pour la vie.

Résumé

Histoire d’une famille de Fontenoy à Marengo

George Sand retrace ici l’histoire de sa famille paternelle. Elle évoque notamment sa grand-mère, ainsi que son père que sa fonction d’aide de camp du prince Murat amenait à s’absenter régulièrement du domicile familial. George Sand retranscrit quelques lettres de son père.

Mes premières années : 1800-1811

George Sand évoque l’histoire de ses parents puis raconte sa petite enfance : sa mère, dont elle était alors très proche, son voyage en Espagne, la mort de son frère peu de temps après la naissance de celui-ci, puis la mort accidentelle de son père.

De l’enfance à la jeunesse : 1810-1819

Cette partie voit la véritable entrée en scène de Mme Dupin de Francueil, grand-mère paternelle de George Sand. Sa grand-mère et sa mère sont en effet entrées en conflit pour la garde de la petite fille. La mère de George Sand, qui avait eu de nombreuses liaisons avant de rencontrer son mari et avait déjà deux enfants, était méprisée et rejetée par Mme Dupin de Francueil.
La petite fille reste vivre à Nohant avec sa grand-mère qui se charge de son éducation. Elle découvre la musique et la lecture. Elle passe également trois ans dans un couvent.

Du mysticisme à l’indépendance : 1819-1832

Mme Dupin de Francueil retire George Sand du couvent lorsque celle-ci a 16 ans. Elle meurt avant d’avoir eu le temps de la marier et la jeune fille part vivre à Paris avec sa mère, mais les deux femmes ont des relations difficiles.
Au cours d’un voyage, elle rencontre Casimir Dudevant qui devient son mari en septembre 1822. De ce mariage peu heureux naissent deux enfants. Les époux décident de se séparer et George Sand part vivre seule à Paris.

Commence alors pour elle une nouvelle vie, celle d’une femme seule et libre, qui fréquente les milieux artistiques et a des amants.

Vie littéraire et intime

George Sand décrit sa vie et son travail d’écrivain, fait le récit de ses débuts littéraires et de ses succès. Elle nous donne à voir la vie d’une femme passionnée et intelligente, observatrice de la société de son époque et attentive aux êtres qu’elle rencontre.

Citation

« Je pense que tout le monde est, comme moi, friand de ces rares et courts instants où les choses extérieures semblent s'arranger de manière à nous laisser un calme absolu relativement à elles. Le moindre coin nous devient alors une prison volontaire, et , quel qu'il soit, il se pare à nos yeux de ce je ne sais quoi de délicieux qui est comme le sentiment de la conquête et de la possession du temps, du silence et de nous-mêmes. »

« Que ce soit éducation, insufflation ou prédisposition, il est certain que l'amour du roman s'empara de moi passionnément avant que j'eusse fini d'apprendre à lire. Voici comment : je ne comprenais pas encore la lecture des contes de fées, les mots imprimés, même dans le style le plus élémentaire, ne m'offraient pas grand sens, et c'est par le récit que j'arrivais à comprendre ce qu'on m'avait fait lire. De mon propre mouvement, je ne lisais pas, j'étais paresseuse par nature et n'ai pu me vaincre qu'avec de grands efforts. Je ne cherchais dans les livres que les images ; mais tout ce que j'apprenais par les yeux et par les oreilles entrait en ébullition dans ma petite tête, et j'y rêvais au point de perdre souvent la notion de la réalité et du milieu où je me trouvais. »

« J'ai passé les trois quarts de ma vie ainsi, et pour ainsi dire à l'état latent. Je crois bien que je mourrai sans avoir réellement songé à vivre, et pourtant j'aurai vécu à ma manière, car rêver et contempler est une action insensible qui remplit parfaitement les heures et occupe les forces intellectuelles sans les trop user. »

« J’étais fortement constituée et, durant toute mon enfance, j’annonçais devoir être fort belle, promesse que je n’ai point tenue. Il y eut peut-être de ma faute, car à l’âge où la beauté fleurit, je passais déjà les nuits à lire et à écrire. Étant fille de deux êtres d’une beauté parfaite, j’aurais dû ne pas dégénérer, et ma pauvre mère, qui estimait la beauté plus que tout, m’en faisait souvent de naïfs reproches. Pour moi, je ne pus jamais m’astreindre à soigner ma personne. Autant j’aime l’extrême propreté, autant les recherches de la mollesse m’ont toujours paru insupportables. »