Médaille
N°1 pour apprendre & réviser du collège au lycée.
Marianne

Conforme au programme
officiel 2018 - 2019

L’Assommoir, Émile Zola
Fiche de lecture

Contexte

Dès 1868, Émile Zola a pour ambition de composer une fresque naturaliste. Il souhaite se détacher des courants littéraires de l’époque. Il refuse l’idéalisme des romantiques et veut aller plus loin que les réalistes en décrivant la réalité telle qu’elle est, à travers la méthode expérimentale. En 1871, il publie le premier volume, La Fortune des Rougon, qui pose les bases du contexte historique et familial. Ce cycle littéraire compte vingt volumes et a pour sujet une famille issue de deux branches, les Rougon et les Macquart. Les différents romans suivent cette famille dans le contexte politique du Second Empire.

L’Assommoir est le septième volume des Rougon-Macquart. L’œuvre est initialement publié en feuilleton en 1876, puis en volume en 1877. Gervaise, la fille d’Antoine Macquart, déjà présente dans le premier volume, en est le personnage principal.

Le roman prend place dans le milieu ouvrier. Le thème est d’actualité puisque les frères Goncourt, avec Germinie Lacerteux, avaient déjà fait entrer le peuple dans leur roman.

Émile Zola

1877

L’Assommoir

Genre

Roman

Personnages

Gervaise : Fille de Joséphine Gavaudan et d’Antoine Macquart, elle doit sa claudication au fait d’avoir été conçue dans l’ivresse et la violence. Travailleuse, elle est employée comme blanchisseuse au début du roman avant d’ouvrir sa propre boutique.

Auguste Lantier : Ouvrier chapelier, Auguste Lantier est le compagnon de Gervaise au début du roman, il a avec elle deux enfants, Claude et Étienne. Coureur et fainéant, il les abandonne et ne revient que plus tard dans le roman, une fois Gervaise mariée et propriétaire de sa boutique.

Coupeau : Coupeau est un artisan zingueur qui fait la cour à Gervaise et finit par l’épouser. Dans les premiers chapitres, c’est un homme sérieux, qui se tient à distance de l’alcool, mais une chute sur son lieu de travail va bouleverser son destin.

Virginie : Sœur d’Adèle pour qui Lantier quitte Gervaise, elle se bat au début du roman avec Gervaise au lavoir. Les deux femmes se retrouvent des années plus tard et deviennent amies, du moins en apparence, car Virginie est un personnage ambigu.

Nana : Fille de Gervaise et Coupeau qui se soucient peu de son éducation, Nana grandit dans la rue avec les voyous du quartier. Très tôt consciente de son pouvoir de séduction, c’est une enfant puis une femme délurée.

Goujet : Forgeron, très timide, toujours sobre, Goujet, surnommé « Gueule-d’Or » vit avec sa mère. Il est épris de Gervaise mais n’ose pas exprimer son amour. Il se montre prêt pour elle à toutes les générosités et à tous les sacrifices.

Claude Lantier : Fils de Gervaise et de Lantier, il est envoyé à Plassans chez un vieux monsieur, amateur de tableaux, séduit par ses dessins.

Étienne Lantier : Second fils de Lantier et Gervaise, il travaille comme apprenti dans la forge de Goujet. Il est ensuite envoyé en apprentissage à Lille chez un mécanicien.

Les Lorilleux : La sœur et le beau-frère de Coupeau sont des ouvriers qui fabriquent des chaînettes d’or. Ils détestent Gervaise, que Mme Lorilleux surnomme « la Banban », et la regardent sombrer dans la misère en refusant de l’aider.

Maman Coupeau : La mère de Coupeau est recueillie par son fils et Gervaise lorsque les Lorilleux refusent de l’aider.

Madame Lerat : Autre sœur de Coupeau, elle est employée chez une fleuriste qui fera entrer Nana comme apprentie.

Augustine : Apprentie blanchisseuse dans la boutique de Gervaise.

Clémence : Ouvrière de Gervaise.

Madame Putois : Ouvrière de Gervaise.

Bibi-la-Grillade : Ouvrier tanneur, ami et témoin de Coupeau pour son mariage.

Bec-Salé, dit Boit-Sans-Soif : Forgeron qui travaille avec Goujet.

Mes-Bottes : Ami de Coupeau, alcoolique qui accompagnera ce dernier dans sa chute.

Les Boche : Concierges de l’immeuble où Gervaise installe sa boutique, rue de la Goutte-d'Or.

Le père Bazouge : Croque-mort qui habite dans l'immeuble des Lorilleux et qui terrifie Gervaise.

Adèle : Sœur de Virginie, c’est pour elle que Lantier abandonne Gervaise et ses enfants.

Le père Bru : Vieil homme, pauvre et seul, qui habite dans l'immeuble des Lorilleux.

Eulalie Bijard dite Lalie : Fille d’un ouvrier alcoolique, elle élève seule son petit frère et sa petite sœur depuis la mort de leur mère sous les coups de leur père. Elle aura le même destin tragique.

Thèmes

L’alcool : Zola montre les effets dévastateurs de l’alcool dans le monde ouvrier. Pour supporter un travail pénible et la précarité, certains trouvent un réconfort dans l’alcool, qui va précipiter leur chute. Malgré leur crainte initiale liée à leurs histoires personnelles, Gervaise et Coupeau sombrent eux aussi dans l’alcoolisme.

Le travail : De nombreux métiers sont présentés dans le roman, et Zola insiste sur l’importance du travail. Initialement, Gervaise est très travailleuse, ce qui lui permet de ne pas céder aux diverses tentations (paresse, alcoolisme). Coupeau est un bon ouvrier avant sa chute qui l’empêche de travailler. C’est suite à cet accident qu’il se laisser aller et prend goût à l’alcool.

La propreté physique et morale : En tant que blanchisseuse, Gervaise accorde une importance primordiale à la propreté. Elle désire que son travail tout comme sa vie soit guidé par cet impératif de propreté. Peu à peu, le linge qu’on lui confie s’accumule, la saleté pénètre la boutique, tout comme le vice pénètre ses mœurs.

L’hérédité : Gervaise et Coupeau ne peuvent échapper à leur hérédité et finiront alcooliques comme leurs pères.

Résumé

Chapitre 1

Gervaise se retrouve seule avec ses deux fils lorsque son compagnon, Lantier, l’abandonne pour une autre femme, Adèle. Elle rencontre Virginie, la sœur de cette dernière, au lavoir. Suite à des provocations, les deux femmes se battent.

Chapitre 2

Gervaise trouve un emploi de blanchisseuse et rencontre Coupeau, un ouvrier zingueur, qui lui fait la cour. Tous deux partagent une histoire commune, leurs pères ont sombré dans l’alcoolisme. Ils en ont tiré une crainte de l’alcool. Gervaise finit par céder aux avances de Coupeau et accepte de l’épouser.

Chapitre 3

Pour le mariage, Gervaise et Coupeau ont dû emprunter de l’argent aux Lorilleux, la sœur et le beau-frère de Coupeau, et faire des heures supplémentaires. La cérémonie est gâchée par la mauvaise humeur et les critiques de Mme Lorilleux. Gervaise apprend le surnom dont elle l’affuble à cause de sa claudication, « la Banban ».

Chapitre 4

Quatre ans plus tard, grâce à leur travail et à leurs économies, Gervaise et Coupeau mènent une vie confortable. Alors qu’un vieux monsieur, séduit par les dessins de Claude, décide de se charger de son éducation, Gervaise donne naissance à Anna, surnommée Nana.

Coupeau chute d’un toit qu’il était en train de réparer. L’accident va obliger le couple à puiser dans les économies qui devaient permettre à Gervaise d’acheter sa boutique. Coupeau devient fainéant et prend goût à l’alcool.

Goujet, voisin et ami du couple, épris de Gervaise, lui propose un prêt pour lui permettre de réaliser son rêve.

Chapitre 5

La boutique de Gervaise, rue de la Goutte-d’Or, est belle et les clients affluent. Coupeau a repris le travail mais boit de plus en plus et se montre violent avec sa femme et son fils Étienne, pour lui échapper, entre comme apprenti dans la forge où Goujet est employé. Gervaise recueille Maman Coupeau, que les Lorilleux refusent d’aider.

Chapitre 6

Gervaise peine de plus en plus à rembourser les Goujet et cumule même les emprunts pour payer son loyer. Elle retrouve Virginie qui lui parle de Lantier et lui rappelle son passé.

Chapitre 7

Gervaise prépare sa fête, un repas gargantuesque pour quatorze personnes. Lantier apparaît alors dans la rue, face à la boutique. Après un échange virulent avec Coupeau, Lantier finit par être invité à table.

Chapitre 8

Coupeau propose à Lantier de loger chez eux. Celui-ci prend de plus en plus de place dans la boutique et dans le couple, jusqu’à devenir l’amant de Gervaise.

Cette dernière travaille de plus en plus mal et s’endette encore alors qu’elle doit entretenir deux hommes depuis que Coupeau a arrêté de travailler.

Chapitre 9

Gervaise devient paresseuse. Elle est battue par Coupeau et par Lantier lorsqu’ils boivent trop. Maman Coupeau meurt et Gervaise prend en charge les obsèques en empruntant à Goujet. Celui-ci lui annonce que leur amitié ne peut plus durer. Gervaise, désespérée, cède la boutique à Virginie, suite à l’insistance de Lantier.

Chapitre 10

Les Coupeau doivent déménager sous les toits. Les deux époux retrouvent du travail, ce qui leur permet de rembourser quelques dettes. Coupeau fait un premier séjour à l’hôpital Sainte-Anne à cause de l’alcool.

Chapitre 11

Gervaise commence à boire. Les disputes avec Coupeau sont de plus en plus violentes. Elle perd son travail et Coupeau enchaîne les crises de folie.

Chapitre 12

Coupeau fait passer tout son salaire dans l’alcool. Gervaise est misérable et n’a plus de quoi se nourrir.

Chapitre 13

Gervaise n’a plus aucune ressource. Coupeau meurt d’une crise de delirium. Expulsée de sa chambre, Gervaise finit dans la niche sous l’escalier. Elle décède, et sa mort n’est remarquée qu’au bout de deux jours.

Citation

« Mon idéal, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d'avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez un lit, une table et deux chaises, pas davantage… »

Chapitre 2

« Elle voulait vivre en honnête femme, parce que l'honnêteté est la moitié du bonheur. »

Chapitre 6

« Puis, brusquement, elle eut la sensation d'un malaise plus inquiétant dans son dos. Elle se tourna, elle aperçut l'alambic, la machine à soûler, fonctionnant sous le vitrage de l'étroite cour, avec la trépidation profonde de sa cuisine d'enfer. Le soir, les cuivres étaient plus mornes, allumés seulement sur leur rondeur d'une large étoile rouge ; et l'ombre de l'appareil, contre la muraille du fond, dessinait des abominations, des figures avec des queues, des monstres ouvrant leurs mâchoires comme pour avaler le monde. »

Chapitre 10

« Il lui fallut enjamber un ruisseau noir, une mare lâchée par la teinturerie, fumant et s'ouvrant un lit boueux dans la blancheur de la neige. C'était une eau couleur de ses pensées. »

Chapitre 12