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La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette
Fiche de lecture

Contexte

Madame de La Fayette fréquente dès son adolescence la bonne société et participe aux salons, dont celui de Catherine de Rambouillet. Son roman La Princesse de Clèves, publié anonymement en 1678 (le nom de l’auteur n’apparaît qu’en 1780), est considéré comme le premier roman psychologique de la littérature française. L’auteure situe son action à la cour d’Henri II. Des personnages historiques y sont décrits.

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne dit Madame de Lafayette

1678

La Princesse de Clèves

Genre

Roman

Personnages

Madame de Chartres : Veuve, c’est la mère de Mademoiselle de Chartres.

Mademoiselle de Chartres : Épouse du prince de Clèves.

Le prince de Clèves : Époux de mademoiselle de Chartres.

Duc de Nemours : Fiancé à Élisabeth Ire d’Angleterre, il aime passionnément mademoiselle de Chartres.

Autres personnages : Diane de Poitiers, le duc d’Orléans, le duc de Guise, Marie Stuart, Catherine de Médicis.

Thèmes

L’Histoire : La Princesse de Clèves est un roman historique qui se déroule à la cour des Valois, au XVIe siècle. Ainsi, l’auteur utilise des noms réels et connus de l’Histoire de France tout en y mêlant de la fiction. Par exemple, le prince de Clèves a réellement existé, mais il n’a par contre jamais été marié.

Les mœurs de la cour : Cette œuvre est aussi un tableau des mœurs de la cour. C’est pourquoi Madame de La Fayette décrit son œuvre non pas comme un roman, mais comme des mémoires. Dans une lettre écrite au chevalier de Lescheraine (datée du 13 avril 1678) elle déclare que c’est une « parfaite imitation du monde de la cour et de la manière dont on y vit ». Elle décrit le monde étouffant de la cour où tout le monde s’épie et fait circuler des ragots. On peut par exemple lire dans la première partie du roman cette critique de la haute société : « L’ambition et la galanterie étaient l’âme de cette cour, et occupaient également hommes et femmes. Il y avait tant d’intérêts et tant de cabales différentes, et les dames y avaient tant de part que l’amour était toujours mêlé aux affaires et les affaires à l’amour. Personne n’était tranquille, ni indifférent ; on songeait à s’élever, à plaire, à servir ou à nuire ; on ne connaissait ni l’ennui, ni l’oisiveté, et on était toujours occupé des plaisirs ou des intrigues. »

La lutte des passions : Une femme de devoirs est en lutte avec ses propres passions. Doit-elle suivre ses sentiments amoureux, décrits avec précision, ou doit-elle écouter sa morale ? La princesse de Clèves vit un véritable déchirement entre regards, amour, aveux, etc. Le roman est donc un avertissement contre les dangers de l’amour-passion qui doit être contrôlé par la raison. Le regard, l’amour, le désordre des passions et l’aveu surprenant représentent ce tourbillon amoureux.

Résumé

Mademoiselle de Chartres est une jeune fille élevée par sa mère selon une morale stricte et rigoureuse. À l’âge de seize ans, elle fait sa première apparition au Louvre. Elle est alors demandée en mariage par le prince de Clèves, ébloui par sa beauté. Une fois mariée, la princesse de Clèves fait la connaissance du séducteur Monsieur de Nemours. Ils tombent passionnément amoureux l’un de l’autre. Voulant lutter contre cette passion, la princesse décide de quitter la cour et de se réfugier dans sa maison de Coulommiers. Elle avoue alors à son mari qu’elle est amoureuse d’un autre, et que c’est pour cette raison qu’elle fuit la cour. Monsieur de Clèves enquête pour savoir qui est cet homme. Lorsqu’il découvre la vérité, il meurt de chagrin. Sa veuve, toujours follement éprise de monsieur de Nemours, renonce à vivre cette passion et se retire dans une maison religieuse.

Première partie

C’est pendant les dernières années du règne du roi Henri II, en 1558 que l’action se déroule. Une jeune fille de seize ans, Mlle de Chartres, se montre pour la première fois au Louvre. Elle est depuis toujours élevée par sa mère, qui lui impose des règles de morale strictes. Le prince de Clèves en tombe amoureux et la demande en mariage. Si Mlle de Chartres accepte de l’épouser, elle n’éprouve pourtant pour lui aucun sentiment amoureux.

Elle rencontre à la cour le duc de Nemours. C’est le coup de foudre. Mme de Chartres, qui le découvre, met en garde sa fille du danger de cette passion hors mariage, et sur son lit de mort, elle la supplie de renoncer à cette union. La jeune femme décide de se retirer à la campagne.

Deuxième partie

Recluse dans sa maison de Coulommiers, Mme de Clèves est attristée lorsqu’elle apprend la mort de Mme de Tournon. Elle revient à Paris et apprend de la bouche de son mari que Mme de Tournon avait promis à deux hommes de les épouser : M. de Sancerre et M. d’Estouville. Le jour de la mort de sa belle, M. de Sancerre a découvert les lettres enflammées qu’elle écrivait à M. d’Estouville. Le prince de Clèves rapporte alors à sa femme les propos qu’il a tenus à Sancerre : « La sincérité me touche d’une telle sorte que je crois que si ma maîtresse et même ma femme, m’avouait que quelqu’un lui plût, j’en serais affligé sans en être aigri ». Ces propos la troublent.

Malheureusement, elle se rend compte qu’elle éprouve toujours de l’amour pour le duc de Nemours.

Nemours lui vole sous ses yeux son portrait. Elle ne dit rien, de peur de dévoiler publiquement la passion que ce prince éprouve pour elle. Nemours, quant à lui, a vu que la princesse de Clèves n’avait rien dit alors qu’elle a bien vu ce qu’il a fait. Il sait à présent qu’il est aimé en retour.

Lors d’un tournoi, Nemours est blessé. Mme de Clèves prouve son amour et sa passion par un regard sur lui.

La jeune femme découvre la jalousie lorsqu’une lettre d’amour est trouvée à la cour. Cette lettre perdue et trouvée par hasard est écrite par une femme pour son amant. On ne parle plus que de ça, et de son destinataire à la cour. Lorsqu’elle entend qu’on a dit à la reine dauphine que c’est de la poche de M. de Nemours que la lettre était tombée, elle y croit tout de suite. L’imaginer avoir une liaison avec une autre l’attriste fortement.

Troisième partie

La lettre appartient en fait au vidame de Chartres (oncle de la princesse et ami intime de Nemours) qui n’apprécie pas qu’elle passe de main en main dans toute la cour, car cela pourrait lui causer beaucoup de tort auprès de la reine dont il est le confident (il lui avait juré qu’il n’avait de sentiments pour aucune femme de la cour quand elle lui avait demandé d’être le plus franc possible et de ne rien lui cacher). Il demande alors à Nemours de dire qu’il est le destinataire de la lettre. Il lui donne pour cela un billet sur lequel figure son nom, qu’une amie de sa maîtresse lui a donné, et qui permettra à Nemours de se justifier auprès de celle qu’il aime. Cette lettre est écrite par Mme d’Amboise, amie de Mme de Thémines dont il est amoureux, dans laquelle elle réclame cette fameuse lettre perdue. Avec toutes ses preuves, la princesse de Clèves ne pourra que croire M. de Nemours quant à son innocence dans cette affaire.

Ce dernier rend visite à Mme de Clèves et lui apprend la demande du vidame de Chartres. Il lui prouve qu’il n’était pas le destinataire de la lettre. En présence de M. de Clèves, la princesse de Clèves et le duc de Nemours réécrivent la lettre afin de ne pas rendre la version originale. Ils ont en effet décidé ensemble qu’ils ne pouvaient pas rendre la lettre à la reine dauphine, par peur que quelqu’un ne finisse par reconnaitre l’écriture de Mme de Thémines. Cela pourrait mettre le vidame de Chartres dans l’embarras.

Si Mme de Clèves apprécie ce moment d’intimité, elle comprend aussi que la passion qu’elle ressent pour le duc persiste en elle et que cela n’est pas convenable. Elle repart alors à la campagne pour s’éloigner. Le prince de Clèves ne comprend pas que sa femme ait besoin de solitude. C’est alors qu’elle lui avoue qu’elle quitte la cour car elle est amoureuse d’un autre homme mais qu’elle ne veut pas le déshonorer. Nemours, caché, assiste à la scène.

M. de Clèves, lui, est rassuré par la franchise de sa femme, mais il ressent de la jalousie et veut savoir de qui il s’agit. Elle ne dit rien.

M. de Nemours se rend compte qu’il ne pourra pas obtenir les faveurs de celle qu’il aime, mais il est fier d’aimer et d’être aimé par une femme si noble. Il commet cependant l’erreur de raconter, de façon vague, cet amour au vidame de Chartres, qui devine que cette histoire est la sienne. La relation n’est plus secrète et l’information circule à la cour. Le prince de Clèves en entend parler et comprend qu’il s’agit de M. de Nemours.

M. et Mme de Clèves se soupçonnent l’un l’autre : qui a raconté ce moment très intime pour qu’il circule à la cour ? Le couple se déchire, ne sachant pas que Nemours a assisté à la scène et que la fuite provient de lui. Nemours, M. de Clèves et la princesse connaissent soupçons, remords, reproches et troubles de la passion. Le roi perd la vie lors d’un tournoi.

Quatrième partie

La cour se rend à Reims pour le sacre du nouveau roi. Mme de Clèves se retire à nouveau à la campagne pour y trouver un semblant de tranquillité.

Nemours la suit, épié par un espion de M. de Clèves. Une nuit, alors que la princesse admire un tableau représentant Nemours, ce dernier l’observe. Heureux, il décide de la rejoindre. Mais il fait du bruit : la princesse pense le reconnaître et part se cacher dans une autre pièce du château. Sa présence est rapportée à M. de Clèves qui pense être trahi : terrassé par le chagrin, il meurt.

La princesse refuse de voir M. de Nemours, car elle repense à son défunt mari qui craignait de la voir épouser M. de Nemours. Le vidame de Chartres souhaite aider le jeune homme à reconquérir le cœur de sa nièce. Il organise alors une rencontre, une entrevue secrète entre les deux amants. Même si son regard la trahit, la princesse dit à l’homme qu’elle aime de chercher son bonheur et sa vie ailleurs, puis s’en va.

Elle s’exile alors dans les Pyrénées pour tenter d’apaiser sa douleur mais meurt après quelques années de douleur et de langueur.

Citation

« Si vous jugez sur les apparences, vous serez souvent trompée : ce qui paraît n'est presque jamais la vérité. »

Première partie

« Les paroles les plus obscures d'un homme qui plaît donnent plus d'agitation que des déclarations ouvertes d'un homme qui ne plaît pas. »

Seconde partie

« Je vous adore, je vous hais ; je vous offense, je vous demande pardon ; je vous admire, j'ai honte de vous admirer. Enfin il n'y a plus en moi ni de calme ni de raison. »

Quatrième partie

« On fait des reproches à un amant ; mais en fait-on à un mari, quand on n'a qu'à lui reprocher de n'avoir plus d'amour ? »

Quatrième partie