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Le Médecin malgré lui, Molière
Fiche de lecture

Contexte

Le Médecin malgré lui a été représenté pour la première fois en 1666 au théâtre du Palais-Royal. Il s’agit d’une courte pièce en trois actes qui reprend les canevas de la comédie italienne. Cette comédie, qui a eu dès sa première représentation un vif succès, est avant tout une critique de la médecine de l’époque. Les médecins étaient alors moins des scientifiques que des hommes très fiers du peu de connaissances qu’ils possédaient, s’appuyant sur des principes forgés dès l’Antiquités plutôt que sur des observations scientifiques.

L’idée récurrente de Molière est qu’il est plus dangereux de faire appel à eux que de s’en passer. Cette critique s’accompagne par ailleurs d’une description assez fidèle des pratiques médicales du XVIIe siècle.

Il est intéressant d’observer que Molière reprend ici des thèmes et parfois même des répliques déjà utilisés dans deux de ses pièces précédentes, Le Médecin volant et L’Amour médecin.

Jean-Baptiste Poquelin dit Molière

1666

Le Médecin malgré lui

Genre

Théâtre

Personnages

Sganarelle : Sganarelle est le personne principal. Il apparaît dans d’autres pièces de Molière.
Personnage inspiré de la commedia dell’arte, il est rusé, bouffon, capable d’endosser différents rôles, vif d’esprit et peu porté sur l’honnêteté. Dans cette pièce, il est dépeint sous les traits d’un bucheron, père de famille peu fidèle, aimant boire, assez avare et égoïste. Il joue ici le rôle du confident des amoureux.

Géronte : Homme veuf et avare, il veut marier sa fille avec un homme riche sans tenir compte des sentiments de celle-ci. C’est un homme raisonnable et sans cœur.

Lucinde : Fille de Géronte, orpheline de mère, elle est amoureuse de Léandre. Obéissante et douce, elle décide tout de même de désobéir à son père.

Jacqueline : C’est la nourrice de Lucinde, dont elle remplace la mère. Elle la comprend et cherche à protéger ses intérêts. Elle est intelligence et fait preuve de courage en tenant tête à Géronte comme à Sganarelle.

Léandre : Il est amoureux de Lucinde. Il est honnête, mais emploie tout de même la ruse pour pouvoir épouser celle qu’il aime.

Martine : Femme de Sganarelle.

Monsieur Robert : Voisin de Sganarelle.

Valère : Domestique de Géronte.

Lucas : Mari de Jacqueline et domestique de Géronte.

Thibaut : Père de Perrin et mari de Parette, paysan.

Perrin : Fils de Thibaut, paysan.

Parette : Femme de Thibaut.

Thèmes

Le jeu des apparences : Comme dans de nombreuses comédie de Molière, les péripéties et retournements de situations reposent sur un jeu d’apparences. Il suffit en effet de se déguiser pour devenir un autre. Ce dispositif indique que chacun joue un rôle dont la sincérité ne peut jamais être vérifiée. C’est d’ailleurs en fonction des apparences que chacun est jugé : Sganarelle devient honorable lorsqu’il est pris pour un médecin, et Léandre est accepté par Géronte à partir du moment où il a de l’argent.

La médecine : La médecine est l’objet de la moquerie de Molière. Présentée comme une farce plutôt que comme une science, tous les travers des médecins de l’époque sont décrits : une langue prétentieuse que personne ne peut comprendre, les certitudes des médecins et leur indifférence pour la mort de leurs patients. Il est également question de pratiques dangereuses, telles que la saignée et la purge, ainsi que de principes archaïques, tels que la théorie des tempéraments et des humeurs. Les médecins sont présentés comme des charlatans qui abusent de la crédulité et de l’impuissance de leurs patients.

L’ordre social : La pièce s’en prend aussi à l’ordre social établi, qui repose alors entièrement sur la place importante du père de famille et qui l’autorise à se conduire en tyran. Le père, en effet, a tout pouvoir sur ses enfants, plus encore lorsqu’il s’agit d’une fille.

Résumé

Acte I

Scène 1

Sganarelle et Martine, sa femme, se disputent : elle lui reproche de dépenser tout leur argent. Les injures fusent et Sganarelle frappe Martine à coups de bâtons.

Scène 2

M. Robert entre au cours de la bagarre et essaye d’empêcher Sganarelle de frapper Martine. Mais le couple s’en prend à lui : ils ne veulent pas qu’il se mêle de leurs affaires. Tous deux chassent M. Robert en le frappant.
Sganarelle cherche à se réconcilier avec sa femme : celle-ci accepte à contrecœur et promet qu’elle se vengera.

Scène 3

Martine, restée seule, proclame à nouveau son intention de se venger.

Scène 4

Lucas et Valère entrent. Ils cherchent un médecin pour guérir la fille de leur maître qui est devenue muette.
Martine, qui ne les a pas vu et parle toute seule, entre en collision avec eux.
Elle leur recommande Sganarelle, prétendant que c’est un médecin remarquable mais modeste. Elle les prévient qu’il est très bizarre et qu’il faut souvent le battre pour qu’il avoue être médecin.
Pour convaincre les deux hommes, qui doutent de ses paroles, elle invente une histoire : une femme était morte depuis six heures et Sganarelle l’a ramenée à la vie en lui faisant boire un médicament. La même chose s’est produite avec un enfant aux très nombreuses fractures, toutes guéries grâce à un onguent.
Lucas et Valère partent chercher ce médecin extraordinaire.

Scène 5

Sganarelle entre joyeusement, une bouteille à la main.
Lucas et Valère s’empressent autour de lui, voulant lui faire dire qu’il est médecin. Mais Sganarelle les prend pour des fous et répète qu’il est bucheron.
Les deux hommes le croient en proie à ses crises de folie et le frappent. Mais lorsque Sganarelle comprend qu’il pourra gagner de l’argent, il accepte de les suivre et d’aller voir la malade.

Acte II

Scène 1

Valère et Lucas annoncent Sganarelle à leur maître Géronte.
Jacqueline, la femme de Lucas, affirme que la jeune fille est malade parce que Géronte l’empêche d’épouser l’homme qu’elle aime ; elle pense que seul ce mariage pourrait la guérir. Elle explique que comme le prétendant de Lucinde est un futur héritier, Géronte refuse de lui donner la main de sa fille : il préfère un homme déjà riche.

Scène 2

Sganarelle entre, habillé en médecin. Il se renseigne sur la jeune malade, Lucinde, mais il essaye surtout de séduire Jacqueline. Il en est empêché par Lucas.

Scène 3

Sganarelle demande à voir le lait de Jacqueline puisqu’elle est nourrice.

Scène 4

Lucinde entre. Elle essaie de répondre par gestes aux questions de Sganarelle.
Sganarelle fait de grands discours médicaux en faux latin.
Il prescrit de donner du pain et du vin à Lucinde sous prétexte que ces aliments font parler les perroquets.
Au moment de partir, il est retenu par Géronte qui veut le payer. Sganarelle fait mine de refuser, si bien que Géronte doit le forcer à prendre l’argent.

Scène 5

Sganarelle est à l’écart, en train de compter l’argent, lorsqu’il est rejoint par Léandre. Le jeune homme lui avoue qu’il aime Lucinde et que celle-ci fait semblant d’être malade pour ne pas épouser un autre que lui. Il demande à Sganarelle de l’aider et le prend à part pour lui expliquer son plan.

Acte III

Scène 1

Léandre s’est déguisé en apothicaire et il demande à Sganarelle de lui apprendre quelques termes de médecine : celui-ci lui avoue qu’il n’est pas médecin et qu’il ne comprend pas pourquoi tout le monde est persuadé du contraire.

Scène 2

Thibaut et Perrin viennent demander à Sganarelle d’aller soigner Parette, alitée depuis six mois. Thibaut explique les détails de la maladie et les soins donnés jusque-là. Sganarelle essaie de se faire payer en agitant la main. Il reçoit deux pièces. Il donne à ses nouveaux clients un fromage, qu’il dit être constitué d’or, de coraux et de perles.

Scène 3

Sganarelle fait de nombreux compliments en langue savante à Jacqueline, qui n’y comprend rien. Lucas les observe en cachette. Jacqueline est séduite par Sganarelle et lui parle de la jalousie de son mari. Sganarelle essaie de la convaincre de partir avec lui, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive enfin de la présence de Lucas.

Scène 4

Géronte demande à Lucas où est le médecin.

Scène 5

Géronte dit à Sganarelle que la santé de sa fille a empiré. Sganarelle soutient que c’est la preuve de l’efficacité du traitement et le rassure en lui promettant avoir un remède pour le cas où Lucinde se trouverait à l’article de la mort.
Il fait venir Léandre, toujours déguisé en apothicaire, pour le présenter.

Scène 6

Sganarelle entraîne Géronte à part pour laisser Léandre et Lucinde seuls. Comme la jeune fille se met à parler, son père l’entend et il remercie Sganarelle de l’avoir guérie.
Mais la jeune fille dit qu’elle ne veut épouser que Léandre, et qu’elle préfère entrer au couvent ou se suicider plutôt que d’épouser Horace, l’homme que son père lui a choisi.

Scène 7

Géronte explique qu’il garde sa fille enfermée pour l’empêcher de voir Léandre.


Scène 8

Lucas entre et apprend à Géronte que Lucinde s’est enfuie avec Léandre.
Géronte veut trainer Sganarelle en justice, estimant qu’il a aidé le couple à prendre la fuite.

Scène 9

Martine vient demander à Lucas des nouvelles de Sganarelle. Lucas lui annonce qu’il va être pendu pour avoir enlevé la fille de son maître.

Scène 10

Géronte annonce que le commissaire qui doit se charger de l’exécution est arrivé.

Scène 11

Léandre revient au dernier moment avec Lucinde. Il veut demander à Géronte la main de sa fille et non l’enlever. De plus, il lui annonce qu’il vient d’hériter de son oncle : convaincu par ce dernier élément, Géronte accepte le mariage.
Martine demande à Sganarelle de garder son rôle de médecin.

Citation

« Je suis d’avis de m’en tenir, toute ma vie, à la médecine. Je trouve que c’est le métier le meilleur de tous ; car, soit qu’on fasse bien ou soit qu’on fasse mal, on est toujours payé de même sorte : la méchante besogne ne retombe jamais sur notre dos ; et nous taillons, comme il nous plaît, sur l’étoffe où nous travaillons. Un cordonnier, en faisant des souliers, ne saurait gâter un morceau de cuir qu’il n’en paye les pots cassés ; mais ici l’on peut gâter un homme sans qu’il en coûte rien. Les bévues ne sont point pour nous ; et c’est toujours la faute de celui qui meurt. »

Acte III, scène 1

« Parce qu’il y a dans le vin et le pain, mêlés ensemble, une vertu sympathique, qui fait parler. Ne voyez-vous pas bien qu’on ne donne autre chose aux perroquets : et qu’ils apprennent à parler en mangeant de cela ? »

Acte II, scène 4

« GÉRONTE :
J’aurais tous les regrets du monde si elle venait à mourir.

SGANARELLE :
Qu’elle s’en garde bien ! Il ne faut pas qu’elle meure sans l’ordonnance du médecin. »

Acte II, scène 4

« GÉRONTE :
Ah ! quelle impétuosité de paroles, il n’y a pas moyen d’y résister. Monsieur, je vous prie de la faire redevenir muette.

SGANARELLE. :
C’est une chose qui m’est impossible. Tout ce que je puis faire pour votre service, est de vous rendre sourd, si vous voulez. »

Acte III, scène 6