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Perceval ou Le Conte du Graal, Chrétien de Troyes
Fiche de lecture

Contexte

Perceval ou le Conte du Graal est le dernier des cinq romans de Chrétien de Troyes. Il aurait été écrit entre 1180 et 1190 selon les médiévistes. Ce texte est un « roman » dans le sens où il est écrit en langue romane, l’ancien français de l’époque, au lieu du latin traditionnel. Dédié à Philippe d’Alsace, comte de Flandre, mécène et protecteur de Chrétien de Troyes, ce roman de chevalerie met en scène les aventures du jeune Perceval et sa quête du Graal.
Le texte compte 9 000 vers mais est inachevé.
15 manuscrits conservent le précieux texte, dans diverses villes d’Europe.
Pour les collégiens, l’ouvrage a été adapté, simplifié, et ne fait plus qu’une soixantaine de pages.

Chrétien de Troyes

Vers 1180

Perceval ou Le Conte du Graal

Genre

Roman de chevalerie

Personnages

Perceval : Jeune homme orphelin de père et inexpérimenté qui part en quête d'aventure pour devenir chevalier.

La mère de Perceval : Elle n'a pas de nom. Elle meurt après le départ de Perceval.

Le Chevalier Vermeil : Chevalier tué par Perceval.

Le Sénéchal Keu : Sénéchal (officier) du Roi Arthur.

Gorneman de Gordant : Il fait l'éducation de chevalier de Perceval.

Blanchefleur : Nièce de Gorneman de Gordant. Perceval lui déclare un amour courtois.

Clamadeu des îles : Ennemi de Blanchefleur.

Gauvain : Il s'agit d'un autre chevalier, c'est le neveu du roi Arthur.

Clarissan : C'est la sœur de Gauvain.

Le roi Arthur : C’est l’oncle de Gauvain.

Le Roi Pêcheur : Roi d'un château où Perceval voit passer le Graal.

La cousine de Perceval : Elle lui prédit sa malédiction.

Guingambrésil : Chevalier du roi Escavalon.

Escavalon : Roi.

L'ermite : Oncle de Perceval, il le confesse pour retrouver la voie de Dieu.

Thèmes

La chevalerie : Le roman montre l'évolution de Perceval, jeune Gallois naïf et peu éduqué, qui deviendra chevalier.
La première rencontre avec les chevaliers est décisive : il croit voir des anges.
Le futur chevalier a toute une éducation à recevoir : il doit apprendre à manier les armes bien sûr, mais doit aussi recevoir une éducation de morale et de courtoisie envers les Dames.
Le jeune homme ne deviendra pas chevalier parce qu'il a vaincu le Chevalier Vermeil et pris son armure : Perceval ne peut devenir chevalier que parce qu'il est adoubé, cérémonie au cours de laquelle il reçoit notamment son épée.
Ce n'est qu'une fois chevalier qu'il peut trouver une Dame en l'honneur de laquelle il remportera ses victoires. Il n'est alors plus question de tuer d'autres chevaliers pour Perceval : à partir de ce moment, il les fait prisonniers et les envoie à la cour du Roi Arthur. C'est une manière de mettre en avant ses exploits en tant que nouveau chevalier et de montrer sa valeur.

L'amour courtois : Dans un premier temps, Perceval tente de suivre les conseils laissés par sa mère avant son départ. Mais il est maladroit et ignorant des bonnes mœurs lorsqu'il embrasse de force la dame de la tente.
Avec Blanchefleur, Perceval apprendra la patience, qui est l'une des qualités que doit avoir le chevalier courtois.
Pour poursuivre sa relation platonique (amour pur, sans contact physique), Perceval va se mettre à son service et accomplir pour elle des actes héroïques. Il doit donc la quitter pour accomplir ces faits. Mais il reste obsédé par son image (il pense à elle en voyant la couleur des gouttes de sang dans la neige).
Gauvain apparaît comme un personnage en opposition à l'image du chevalier courtois : il semble inconstant dans ses relations car l'auteur raconte que chaque duel que Gauvain accomplit, il le fait pour une femme différente. Normalement, un chevalier accomplit ses hauts faits pour une seule dame.
D'autres personnages apparaissent également en opposition avec cette image du héros courtois : certains pensent obtenir les faveurs d'une dame par la violence, tel Clamadeu avec Blanchefleur.

Résumé

bannière attention

Attention

Perceval ou le Conte du Graal est un roman médiéval très ancien qui n’a pas été terminé par l’auteur, beaucoup d’éléments restent donc imprécis. On ne trouve dans cet ouvrage que les agissements des personnages, sans aucune descriptions ou explications, ce qui peut parfois perdre le lecteur.

Perceval, jeune Gallois ignorant élevé par sa mère rencontre par hasard des chevaliers de la cour du roi Arthur. Impressionné, il décide de devenir lui aussi chevalier, malgré les suppliques et les recommandations de sa mère qui a déjà perdu son mari et deux autres fils. La mère de Perceval, qui voit qu’elle ne pourra pas convaincre son fils de rester, lui donne des conseils pour bien se conduire.

Le lendemain, Perceval part de chez lui. En chemin, il rencontre une jeune femme sous une tente et essaye de suivre les conseils de sa mère. Pourtant, il embrasse de force la jeune femme, mais il s’attire les foudres du mari jaloux qui jure de se venger. Perceval reprend la route, son souhait de devenir chevalier en tête. Il se dirige vers le château du roi Arthur, pensant que ce dernier peut l’adouber.

Arrivé au château du roi Arthur à Carduel, Perceval rencontre le Chevalier Vermeil qui lui délivre un message que Perceval oublie aussitôt.

Perceval entre ensuite à cheval dans le château du roi, ce qui est d’une grande vulgarité, mais Perceval ne connaît pas cette coutume. Il est accueilli malgré tout par le roi. Perceval réclame au roi l’armure du Chevalier Vermeil, afin de devenir chevalier à son tour.
Ce passage a été laissé inachevé, on ne sait pas ce qui se passe ensuite.

À la sortie du château, accompagné de la cour du roi Arthur, Perceval reçoit la prédiction d’une jeune femme : il sera le meilleur chevalier au monde. Scandalisé par la grossièreté de Perceval et son ignorance, le sénéchal Keu gifle la jeune femme qui a osé faire cette prédiction. Perceval promet de la venger.

Retrouvant le Chevalier Vermeil, Perceval le tue d’un coup de javelot (l’auteur ne donne pas d’explications sur cet agissement) et lui prend son armure. Mais il n’est pas encore chevalier. En effet, il possède l’armure, mais il lui manque encore toutes les connaissances.

Poursuivant sa route, Perceval apprend le maniement des armes auprès de Gornemon de Gorhaut qui l’adoube et le fait chevalier.

Perceval arrive au château de Blanchefleur, la nièce de Gorneman de Gordant, qui est assiégé par Clamadeu des îles. Il la sauve et elle devient sa dame. Perceval envoie ensuite Clamadeu comme prisonnier à la cour du roi Arthur pour montrer sa réussite de chevalier.

À la sortie du château de Blanchefleur, Perceval rencontre le roi pêcheur et aperçoit un étrange cortège qui passe pendant qu’ils discutent. Mais il ne pose pas de questions. Le lendemain, le château du roi pêcheur est vide. Perceval reprend son chemin.

Dans une forêt, Perceval rencontre sa cousine, effondrée, qui lui raconte les malheurs qu’il peut lui arriver : il aurait dû poser des questions au roi pêcheur au sujet de ce qu’il a vu car il s’agissait du cortège du Graal. Perceval est victime d’une malédiction.
À ce moment de l’histoire, Perceval ne sait pas ce qu’est le Graal, et le lecteur non plus. L’auteur ne donne pas d’explications.


Plus tard, Perceval tombe sur la jeune femme de la tente et, défié par son mari jaloux, il le vainc et l’envoie à la cour du roi Arthur. Ce dernier, impressionné par la renommée de Perceval, décide d’aller retrouver Perceval.

Le lendemain, les chevaliers du roi surprennent Perceval dans sa contemplation de trois gouttes de sang laissées par une oie blessée sur la neige. Perdu dans ses pensées, il pense que les chevaliers veulent l’attaquer. Il tue alors le premier chevalier et casse le bras du Sénéchal Keu. Lorsqu’il reprend ses esprits, il est invité par Gauvain à un banquet du roi.

Lors du banquet, Gauvain est défié par Guingambrésil pour un duel à la cour du roi d’Escavalon. 
En chemin, Gauvain remporte un tournoi et promet au roi de ramener la lance qui saigne (On ne sait pas de quoi il s’agit, tout ce que l’auteur nous permet de savoir, c’est que la lance qui saigne est un objet magique). Il accomplit également d’autres péripéties avec succès.
À cette étape, il manque des étapes du récit. Toutes les pages de ce roman médiéval n’ont sans doute pas été retrouvées .

Pendant ce temps, Perceval, qui a négligé Dieu, se confesse à son oncle, un ermite, qui lui divulgue le mystère du Graal : c’est un calice qui est apporté chaque jour au père du roi pour lui conférer l’immortalité.

Après un nouveau succès lors d’un tournoi, Gauvain envoie un message au roi Arthur. Mais ce messager découvre tous les chevaliers affligés : ils pensaient que Gauvain était mort.

Le roman inachevé s’interrompt ici, sans parler davantage de Perceval.

Citation

Perceval rencontre des chevaliers, mais n’en a jamais vu de sa vie :
« Mais, quand ils sont à découvert, il voit les hauberts étincelants, les heaumes clair luisants et les lances et les écus, et l’or et l’azur et l’argent. Il s’en écrie, tout ébloui : ‟Ah, sire Dieu, pardon ! Ce sont des anges que je vois ici ! En vérité, oui, j’ai péché en croyant que c’était des diables ! Ma mère ne me trompait pas quand elle me disait que les anges sont les plus belles choses qui soient, excepté Dieu, plus beau que tous. Mais celui-ci, que je vois bien, est si magnifique que ceux qui l’accompagnent sont dix fois moins beaux que lui ! Comme ma mère me l’a dit, on doit surtout adorer Dieu, le supplier et l’honorer. Je vais adorer celui-ci et tous les anges après lui.” »

Un des conseils de sa mère :
« Qui aux dames ne porte honneur c’est qu’il n’a point d’honneur au cœur. Servez dames et demoiselles. Partout vous serez honoré. Et si vous en priez aucune gardez-vous de l’importuner. Ne faites rien qui lui déplaise. Si elle vous consent un baiser, le surplus je vous défends. Pucelle donne beaucoup lorsqu’elle accorde un baiser. »

Perceval est fait chevalier :
« Il lui dit qu’il lui a conféré
Avec l’épée l’ordre le plus élevé
Que Dieu a créé et commandé,
C’est à savoir l’ordre de chevalerie,
Qui ne souffre aucune bassesse. »

Perceval n’a pas osé poser de questions sur le Graal quand il l’a vu :
« J’ai bien peur que le mal ne soit fait,
Car j’ai entendu dire
Qu’on peut aussi bien trop se taire
Que trop parler à l’occasion. »

Perceval rêve de son amie Blanchefleur :
« L’oie avait été atteinte au cou et elle perdit trois gouttes de sang qui se répandirent sur la neige blanche, telle une couleur naturelle. Elle n’avait pas été blessée au point de rester à terre et de laisser à Perceval le temps d’arriver jusqu’à elle. Elle avait donc repris son vol et Perceval ne vit que la neige foulée, là où l’oie s’était abattue, et le sang qui apparaissait encore. Il prit appui sur sa lance et contempla la ressemblance qu’il y découvrait : le sang uni à la neige lui rappelle le teint frais du visage de son amie, et, tout à cette pensée, il s’en oublie lui-même. Sur son visage, pense-t-il, le rouge se détache sur le blanc exactement comme le font les gouttes de sang sur le blanc de la neige. Plongé dans sa contemplation, il croit vraiment voir, tant il y prend plaisir, les fraîches couleurs du visage de son amie qui est si belle. »