Auteur
Blaise Cendrars
Biographie

Crédit photo : August Monbaron, 1907

Blaise Cendrars, de son vrai nom Frédéric Louis Sauser, est né en 1887 en Suisse. Très jeune, il entreprend de grands voyages : d’abord la Russie, à 17 ans, puis New York en 1911, où il écrit sa première œuvre poétique, publiée en 1912 sous le pseudonyme de Blaise Cendrars : Les Pâques à New York.

L’année suivante paraît Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, l’un de ses poèmes les plus célèbres. Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, il s’engage comme volontaire étranger dans l’armée française. Il est grièvement blessé en 1915 et amputé du bras droit. Son engagement lui vaut la nationalité française, qu’il obtient en 1916. Il travaille alors dans l’édition, avant de repartir en voyage au Brésil en 1924. Il écrit alors des romans d’aventure et dans les années 1930 travaille comme grand reporter, puis comme correspondant de guerre de l’armée anglaise en 1939. Après la guerre, il écrit une série de livres autobiographiques et travaille pour la radio française. Il meurt à Paris d’une congestion cérébrale en 1961, à l’âge de 73 ans.

Bibliographie sélective

Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France - (1913)
L’Or - (1925)
Moravagine - (1926)
Bourlinguer - (1948)

Œuvre

De même que la vie de Cendrars est traversée par sa vocation de poète et d’écrivain, son œuvre est marquée par sa vie trépidante et notamment par ses voyages et ses rencontres. Dès ses premiers poèmes, il apparaît comme l’un des jalons de la poésie moderne : poète novateur et original, il explore la modernité, décrivant un monde marqué par la vitesse, le changement et le mouvement. Son pseudonyme, qui se réfère à la braise et à la cendre, est déjà l’indice de cette vision poétique : Cendrars aspire à se consumer et se renouveler dans la création et se place sous le cycle du phénix.

Il s’associe très tôt à des artistes pour publier des livres mêlant poèmes et illustrations, créant ainsi les premiers livres d’artistes, notamment avec la peintre Sonia Delaunay.

Son style, très travaillé et littéraire mais marqué d’oralité, bouleverse le cloisonnement des genres : ainsi, ses romans d’aventure, comme L’Or, sont considérés non comme des romans populaires mais comme de grandes productions littéraires.

Ses écrits autobiographiques occupent une grande place dans son œuvre, notamment avec le cycle final composé de L’Homme foudroyé (1945), La Main coupée (1946), Bourlinguer (1948) et Le Lotissement du ciel (1949).

Citations

« Il y a des récits d'Indiens qui parlent d'un pays enchanté, de villes d'or, de femmes qui n'ont qu'un sein. Même les trappeurs qui descendent du Nord avec leur chargement de fourrures ont entendu parler sous leur haute latitude, de ces pays merveilleux de l'ouest, où, disent-ils, les fruits sont d'or et d'argent. »
L’Or , 1925

« Je ne trempe pas ma plume dans un encrier, mais dans la vie. Écrire, ce n’est pas vivre. C’est peut-être se survivre. Mais rien n’est moins garanti. En tout cas, dans la vie courante et neuf fois sur dix, écrire… c’est peut-être abdiquer. J’ai dit. »
L’Homme foudroyé , 1945

« “L'argent est fait pour être remué !”, disait mon père. Tantôt on en avait trop à la maison et tantôt pas assez. Ma mère devenait folle. Et c'est pourquoi je tiens l'argent en mépris.
La vie est ailleurs.
Le tien, le mien, le mien, le tien, jamais le sien, sinon pour l'en dépouiller !
Je m'étonne que les gens se passionnent pour ce truc-là et s'empoisonnent l'existence pour laisser ou toucher un héritage.
La mort les cueillera tous à temps, selon l'apophtegme pragmatique des grands boss américains, ces idolâtres : le temps, c'est de l'argent ! »
Bourlinguer , 1948

« Je voulais indiquer aux jeunes gens d’aujourd’hui qu’on les trompe, que la vie n’est pas un dilemme et qu’entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d’opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idioties et les platitudes de la “politique”, et que c’est pour la vie qu’ils doivent opter, malgré l’attirance du suicide, individuel ou collectif, et de sa foudroyante logique scientifique. Il n’y a pas d’autres choix possibles. Vivre ! »
Le Lotissement du ciel , 1949