Auteur
George Sand
Biographie

Crédit photo : Paul Nadar, 1864

Née en 1804 à Paris, Amantine Aurore Lucile Dupin est, par son père, l’arrière-petite-fille du maréchal de France, Maurice de Saxe. Elle a des origines à la fois aristocratiques et populaires par sa mère. Elle passe son enfance à la campagne, période qui lui inspirera plusieurs de ses grands romans champêtres. Elle épouse Casimir Dudevant en 1822 et lui donne deux enfants mais, assoiffée d’indépendance et révoltée contre sa condition de femme soumise, le couple se sépare.

En 1830, à Paris, elle connaît la vie de bohème, fréquentant artistes et intellectuels. Elle a une relation avec Jules Sandeau et commence à publier ses premiers romans. Jouissant d’une réputation sulfureuse, elle s’y conforte et adopte un pseudonyme masculin et porte des vêtements d’homme. Avant-gardiste, elle défend le droit à la passion des femmes et s’oppose à toutes les oppressions dont elles sont victimes.

Elle multiplie les liaisons tumultueuses notamment avec Alfred de Musset et Frédéric Chopin. À la révolution, elle s’exile à la campagne et poursuit sa carrière avec des romans plus légers. Elle s’éteint à l’âge de 72 ans, laissant derrière elle une œuvre considérable.

Bibliographie sélective

Indiana - (1832)
Consuelo - (1842)
La Mare au diable - (1846)
La Petite Fadette - (1849)

Œuvre

Inspirée par sa vie et les grands intellectuels de l’époque, elle s’inscrit dans la lignée du romantisme. Elle publie son premier roman, Indiana, en 1832. Elle y défend le droit des femmes à penser et à agir librement. Sa carrière se développe par le soutien d’auteurs célèbres, dont Chateaubriand. Elle collabore à La Revue des Deux Mondes, puis publie Lélia en 1833, une œuvre lyrique où l’amour est malmené par les convenances et les préjugés de la société mondaine. Elle écrit également des œuvres plus engagées politiquement comme le Compagnon du tour de France en 1840 et Consuelo en 1842.

La fin de sa vie est marquée par un retour au romantisme optimiste et aux histoires bucoliques ayant pour cadre sa région d’enfance, le Berry. On y trouve par exemple La Mare au diable en 1846 et La Petite Fadette en 1849. Après avoir achevé son autobiographie Histoire de ma vie en 1855, elle ne cesse d’écrire avant de s’éteindre en 1876, à 72 ans.

Citations

« - Qui donc est le maître ici, de vous ou de moi ? qui donc porte une jupe et doit filer une quenouille ? Prétendez-vous m’ôter la barbe du menton ? Cela vous sied bien, femmelette !
- Je sais que je suis l’esclave et vous le seigneur. La loi de ce pays vous a fait mon maître. Vous pouvez lier mon corps, garrotter mes mains, gouverner mes actions. Vous avez le droit du plus fort, et la société vous le confirme ; mais sur ma volonté, monsieur, vous ne pouvez rien, Dieu seul peut la courber et la réduire. Cherchez donc une loi, un cachot, un instrument de supplice qui vous donne prise sur moi ! c’est comme si vous vouliez manier l’air et saisir le vide. […] Vous pouvez m’imposer silence, mais non m’empêcher de penser. »
Indiana , 1832

« Les femmes ont rarement le courage physique qui consiste à lutter d’inertie contre la douleur ou le danger ; mais elles ont souvent le courage moral qui s’exalte avec le péril ou la souffrance. »
Indiana , 1832

« Prenez-la donc, cette âme sans tache, cette intelligence sans souillure ; jetez-la aux chiens, et livrez-la aux bêtes, puisque telle est la destinée du génie au temps où nous sommes. »
Consuelo , 1842

« Il se disait vaguement que l’amour eût pu le consoler, en venant le surprendre, car l’amour ne console pas autrement. On ne le trouve pas quand on le cherche ; il vient à nous quand nous ne l’attendons pas. »
La Mare au diable , 1846