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Des ressources majeures sous pression : l’exemple de la forêt amazonienne

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Introduction :

La forêt amazonienne est la plus vaste forêt tropicale humide au monde. D’une superficie de 5,5 millions de km, elle abrite une biodiversité unique et est surnommée « le poumon de la planète ». C’est aussi un espace habité par des populations diverses, des tribus autochtones aux exploitants agricoles à envergure internationale. Cependant, les richesses de ce milieu subissent de fortes pressions anthropiques (pressions liées aux activités humaines) depuis le milieu du XXe siècle. L’intervention humaine, sous la forme de fronts pionniers, a entrainé une déforestation massive. Les États amazoniens ont des difficultés à contrôler cet espace gigantesque et peu accessible.

En quoi l’anthropisation de la forêt amazonienne, c’est-à-dire l’accroissement d’activités humaines dans cette dernière, entraine-t-elle un accroissement des pressions et des risques qui pèsent sur ce milieu ?

Pour répondre à cette problématique, nous verrons dans une première partie que la forêt amazonienne est un milieu de fortes contraintes impactant l’installation humaine. Dans une seconde partie, nous traiterons l’espace amazonien comme un espace habité et exploité par l’homme. Enfin, il s’agira dans une troisième partie d’étudier les pressions anthropiques sur le milieu qui entrainent des risques accrus pour les populations locales.

Un milieu à fortes contraintes

Le « poumon de la planète » : un réservoir de biodiversité

La forêt amazonienne représente la moitié de la surface des forêts tropicales dans le monde. Il s’agit d’une forêt tropicale humide, qui se caractérise par une canopée haute et dense et par un climat chaud et humide.

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Définition

Canopée :

La canopée est l’étage le plus élevé de la forêt, qui capte directement le rayonnement solaire.

Bien que menacée par la déforestation, la forêt amazonienne compte 390 milliards d’arbres et une diversité de végétaux sans équivalent dans le monde. Plusieurs millions d’espèces d’insectes y vivent actuellement ainsi que des centaines d’espèces de mammifères ou d’oiseaux.

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Définition

Déforestation :

La déforestation est le fait d’abattre des arbres afin d’en exploiter le bois ou de mettre en valeur les sols.

La forêt est traversée par l’Amazone, un fleuve de près de 7 000 km qui est le plus long du monde. Il abrite lui aussi une biodiversité exceptionnelle.

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Définition

Biodiversité :

La biodiversité est la diversité biologique d’un espace et comprend donc les divers organismes vivants de la faune et de la flore.

Bras de l’Amazone - Géographie - 2de - SchoolMouv Vue d’un bras de l’Amazone ©Véronique Debord-Lazaro - CC BY-SA 2.0

La richesse de la flore amazonienne en fait un puit de carbone. En effet, la forte végétation de la forêt capte le CO2 grâce à la photosynthèse et permet de compenser les rejets anthropiques dans l’atmosphère. En cela, elle limite le changement climatique. Pour cette raison, on surnomme la forêt amazonienne « le poumon de la planète ».

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Définition

Pressions anthropiques :

Les pressions anthropiques correspondent aux pressions exercées par l’être humain sur son environnement. Le terme vient du grec « anthrôpikós » qui signifie « humain ».

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Attention

La forêt amazonienne n’est pas le seul puit de carbone de la planète, ni même le plus important. En effet, les océans captent davantage de CO2 que la totalité des végétaux de la planète.

La densité de la forêt amazonienne en fait un espace peu attirant pour les activités humaines.

Un espace vaste et peu densément peuplé

La forêt amazonienne possède une superficie de 5,5 millions de km², soit douze fois la superficie de la France. Elle s’étend à 60 % sur le Brésil mais également sur huit autres pays d’Amérique du Sud.

 Étendue de la forêt amazonienne - SchoolMouv - géographie - 2de

Ce vaste espace est peu propice à l’installation humaine. Le sol est occupé par des arbres massifs et il est peu fertile. La végétation très dense gêne l’implantation humaine et le climat particulièrement chaud et humide apparait comme hostile pour les populations qui se concentrent sur le littoral sud-américain. La densité de population en Amazonie est très faible. Ainsi, la partie brésilienne de l’Amazonie représente 42 % du territoire du pays mais seulement 6 % de sa population.

Cependant, les contraintes du milieu n’empêchent pas l’implantation humaine. Des populations indigènes (tribus indiennes, premiers habitants du Brésil) vivent dans la forêt amazonienne depuis toujours et s’y sont adaptées. Depuis les années 1970, l’Amazonie connait également un nouveau peuplement grâce aux aménagements routiers et aux infrastructures construites par les États.

Si le milieu amazonien semble hostile à l’implantation humaine, l’exploitation de ses ressources entraîne depuis les années 1970 une forte anthropisation. Les villes et les moyens de transports se développent.

Un espace habité et exploité

Des décisions politiques impactant le milieu : les fronts pionniers

Avant les années 1970, ce milieu de forêt très dense était peu aménagé et mal connu. Le Brésil a alors mené de grands travaux afin de désenclaver l’Amazonie. Cela signifie que cet espace peu connecté au reste du pays a été relié aux grandes villes brésiliennes grâce à des routes ou par le chemin de fer. La plus grande forêt tropicale au monde connait donc une forme d’urbanisation. On y trouve de nombreuses villes dont certaines sont très peuplées. Manaus, au cœur de la forêt, compte 2,2 millions d’habitants. Certains géographes parlent ainsi de « forêt urbanisée ».

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Définition

Urbanisation :

L’urbanisation est le processus de croissance de la population urbaine. Si l’Amazonie s’urbanise, cela signifie que les populations amazoniennes se concentrent de plus en plus dans des villes.

Manaus Brésil Amazonie urbanisation Aperçu de la ville de Manaus au Brésil, plus grande ville d’Amazonie © Neil Palmer – CC BY-SA 2.0

Depuis ces travaux, la région de l’Amazonie au Brésil est passée de 6 à 25 millions d’habitants. Cela est aussi lié à une décision politique et économique : le développement des fronts pionniers.

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Définition

Front pionnier :

Un front pionnier est un territoire inoccupé qui est mis en valeur par des aménagements (routes, infrastructures) afin d’en exploiter les richesses.

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Astuce

Le terme « front pionnier » appartient au même champ lexical que « frontière ». Il s’agit bien de faire reculer la frontière entre les espaces habités et anthropisés (les villes) et les autres (ici, la forêt tropicale).

De nos jours, les fronts pionniers amazoniens sont toujours une réalité. Le projet de la route Transamazonienne est révélateur. En projet depuis les années 1970, cette route reliera le Pérou à l’Atlantique, en traversant l’Amazonie, et mesurera plus de 4 000 km. Le projet est fortement combattu par les associations écologistes locales et mondiales qui dénoncent l’impact d’un tel projet sur la faune et la flore.

route transamazonienne amazonie urbanisation Portion de la route Transamazonienne (BR-230) ©Fernando Santos - CC BY-SA 3.0

L’afflux récent de populations et les nouvelles infrastructures mises en place favorisent l’exploitation des ressources de l’Amazonie.

Un milieu exploité pour ses ressources en bois et en terres

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Rappel

Le Brésil est un pays émergent, membre des BRICS (composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, et la Chine et de l’Afrique du Sud). Comme tous les pays émergents, il bénéficie d’une croissance économique très forte depuis une trentaine d’années. Cette croissance n’empêche pas le maintien d’une partie de sa population dans une grande pauvreté ainsi qu’une croissance démographique importante.

Pour l’État brésilien, l’objectif affiché est de permettre une réduction des inégalités de richesse au sein du pays. Ainsi, le désenclavement de l’Amazonie doit permettre aux populations pauvres de bénéficier de terres et d’un revenu. Le gouvernement offre des terrains aux paysans sans terre pour qu’ils puissent l’exploiter.

La déforestation en Amazonie se pratique à différentes échelles :

  • Les petits propriétaires terriens pratiquent une agriculture vivrière, c’est-à-dire qu’ils cultivent leur terre essentiellement pour subvenir aux besoins de leur famille. Beaucoup utilisent la technique de la culture sur brûlis.
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Définition

Culture sur brûlis :

La culture sur brûlis est une technique agricole consistant à brûler une partie de la forêt pour obtenir des terres à mettre en culture.

  • Les grandes compagnies déboisent à grande échelle pour disposer de vastes espaces agricoles. Ils cherchent à pratiquer une agriculture intensive. Dans la majorité des cas, ils cultivent du soja destiné à l’alimentation du bétail.
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Définition

Agriculture intensive :

Elle consiste à produire avec le maximum de rendements sur une surface donnée. Elle implique généralement l’utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais. Pour optimiser l’espace, l’agriculture intensive se pratique en monoculture : on ne cultive qu’un seul produit agricole sur une même surface.

  • La déforestation se pratique également de façon illégale. Par exemple, il existe un trafic de bois précieux : les arbres sont abattus sans tenir compte de l’impact écologique et revendus avec profits aux pays riches.

L’exploitation de la forêt joue donc un rôle social et économique au Brésil. Cependant, les impacts du déboisement sur l’écosystème sont nombreux. La dégradation du milieu entraîne des risques divers pour les populations.

Des pressions anthropiques entrainant des risques accrus pour les populations

Les conséquences du déboisement

Quelle que soit la cause de la déforestation, l’impact est considérable pour le milieu amazonien. Ainsi, on estime que la forêt amazonienne a perdu plus de 760 000 km² de superficie depuis 1970.

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Rappel

La France métropolitaine a une superficie d’environ 550 000 km².

vue satellite État du Rondonia Brésil déboisement Vue satellite de l’État du Rondonia, au Brésil (2007) ©Jesse Allen & Robert Simmon, Nasa Earth Observatory

L’État du Rondonia est un État amazonien situé à l’est du Brésil. C’est le plus touché par la déforestation. Les zones ocres correspondent aux zones déboisées.

Les conséquences de la surexploitation de la forêt sont multiples.

Tout d’abord, la forêt amazonienne perd peu à peu son rôle de « poumon vert ». Le déboisement est en en partie responsable du réchauffement climatique car il y a moins d’arbres disponibles pour « stocker » le CO2. De plus, la suppression de surface boisée est une menace directe pour la biodiversité. La faune locale voit son territoire se réduire d’années en années.

D’autre part, la végétation dense de la forêt tropicale retient l’eau de pluie et facilite son infiltration dans les nappes phréatiques. Le déboisement fait obstacle à ce mécanisme naturel et augmente le risque d’inondation qui menace directement l’habitat humain.

Le remplacement des surfaces boisées par des surfaces agricoles entraine aussi des pollutions multiples. On peut citer par exemple la pollution des eaux de l’Amazone en raison du déversement de produits chimiques utilisés pour le traitement des cultures de soja.

Enfin, on estime que la surexploitation de la forêt amazonienne a des impacts dramatiques sur les populations autochtones. Lors des grandes campagnes des déboisements, les indigènes sont régulièrement brutalisés et chassés de leurs terres.

Les conséquences de la déforestation sur les populations et sur le milieu dans son ensemble ont conduit les autorités à prendre des mesures pour en limiter l’impact.

Vers une meilleure protection de la forêt amazonienne ?

La déforestation de la forêt amazonienne a atteint son point culminant dans les années 2000. En 2005, on a estimé qu’en maintenant le même rythme de déboisement, la forêt perdrait 40 % de sa surface en vingt ans.

Suite aux différences conférences pour le climat (COP), les États concernés ont manifesté la volonté de lutter contre la déforestation massive subie par la forêt amazonienne. Ainsi, le gouvernement brésilien estime pouvoir reboiser 120 000 km² de surfaces dégradées et a annoncé la fin du déboisement illégal à l’horizon 2030.

Le caractère exceptionnel de la forêt amazonienne entraîne aussi une prise de conscience à l’étranger. Plusieurs États occidentaux ont ainsi versé des aides financières visant à entretenir la forêt, à protéger ses habitants autochtones et à favoriser la biodiversité.

En 2006, plusieurs FTN (Firmes Transnationales, c’est-à-dire des entreprises présentes dans plusieurs pays) utilisant du soja dans leurs produits se sont engagées pour la protection de l’Amazonie. Elles ont établi un moratoire sur les produits issus de la forêt amazonienne. Cela signifie qu’elles s’interdisaient par exemple d’acheter du soja produit sur les zones déboisées.

Malgré ces différentes mesures, la surface de la forêt amazonienne continue de se rétracter. En 2016, plus de 7 600 km² ont été déboisés. Mais malgré tout, le rythme de la déforestation ralentit.

Conclusion :

La forêt amazonienne est un milieu unique au monde par sa densité, sa biodiversité et son étendue. Surexploitée pour ses ressources depuis quarante ans, sa surface diminue. Le déboisement, légal ou illégal, est une menace pour le maintien de son écosystème et, indirectement, pour les populations qui l’habitent. Depuis peu, les gouvernements ont pris des mesures pour limiter l’exploitation de l’Amazonie, avec des résultats contrastés.