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La croissance économique et sa mesure

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Introduction :

Ce cours est consacré à l’analyse de la croissance, de ses fluctuations et de ses crises.

Dans un premier temps, nous allons définir ce qu’est la croissance économique, comprendre à quoi elle fait référence et comment elle influe sur le niveau de vie des populations. Nous verrons ensuite comment mesurer cette croissance avec le produit intérieur brut (PIB) qui sert d’indicateur de référence mais qui est aussi l’objet de nombreuses critiques. Nous verrons pour finir un indicateur alternatif au PIB : l’IDH.

Définition de la croissance économique

La croissance économique est l’augmentation soutenue de la production de biens et de services sur une longue période. Très souvent au centre des débats politiques, la croissance est perçue comme indispensable à l’amélioration des conditions de vie et donc au développement d’un pays. En effet, si un pays s’enrichit, on suppose que ses habitants pourront naturellement en bénéficier. Pour autant, la croissance seule n’est pas suffisante pour conduire au développement, car elle n’évalue que la quantité de biens et de services produits.

Pour atteindre le développement économique, il faut des changements sociaux, des changements dans l’organisation du travail et dans la façon de penser. C’est ce que l’économiste François Perroux expliquait au sujet du développement :

« Le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire accroître cumulativement et durablement son produit réel global. »

bannière attention

Attention

Il est important de distinguer la croissance de deux autres concepts :

  • l’expansion économique, qui est l’augmentation de la richesse d’un pays sur une plus courte période que la croissance,
  • la récession, qui est l’inverse de la croissance, soit la diminution de la production de biens et de services.

Comme la croissance économique est un phénomène quantitatif, elle peut être mesurée. L’indicateur de mesure le plus souvent utilisé est le produit intérieur brut ou PIB.

La mesure de la croissance économique : le PIB

Mesure du PIB

bannière definition

Définition

PIB :

Le PIB mesure l’activité des unités de production à l’intérieur d’un pays sur une période de référence, en général une année.

Il peut être obtenu selon plusieurs méthodes, dont celle qui suit est la plus simple et la plus utilisée.

  • On calcule d’abord la somme des valeurs ajoutées brutes des résidents du pays, qui est la richesse créée par tous les biens et services produits. La valeur ajoutée se calcule en soustrayant, de la valeur de la production, le prix des consommations intermédiaires.
  • On y ajoute la TVA (la taxe sur les valeurs ajoutées).
  • On y ajoute les droits de douane.
  • Enfin on retire les subventions pour l’importation.

La valeur ajoutée ses terminale

Ce calcul du PIB est exprimé en prix courants ou en prix constants, selon qu’on lui intègre ou non l’inflation.

  • Pour rappel, l’inflation est l’augmentation auto-entretenue des prix dans tous les secteurs sur de longues périodes.

Pour résumer :

Ces différents calculs permettent de se rendre compte de la véritable richesse créée.

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À retenir

Le PIB tient donc compte de la production de toutes les organisations productives à l’intérieur d’un pays, entreprises ou administrations, quelles que soit leur nationalité.

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Définition

PNB :

La production de toutes les entreprises d’une seule nationalité s’appelle le produit national brut, ou le PNB.

Par exemple, la production d’une entreprise chinoise installée à Paris sera intégrée au PIB français, mais au PNB chinois. Le PIB peut se décomposer en deux parties :

  • le PIB marchand qui est la valeur des biens et services vendus au prix du marché qui couvrent donc entièrement les coûts de production et permettent de réaliser des bénéfices,
  • et le PIB non-marchand, qui est l’ensemble des services gratuits ou vendus à un prix inférieur à celui du marché. Comme les services administratifs, les hôpitaux publics, les associations…

Intérêts du PIB

Depuis sa création en 1934, le PIB reste l’indicateur de mesure le plus utilisé. Il y a plusieurs raisons :

  • il est précis, son mode de calcul est relativement simple et particulièrement fiable ;
  • il donne une indication sur le niveau de vie d’une population lorsqu’on calcule le PIB par habitant. Pour l’obtenir, il suffit de diviser le PIB total par la population totale. Soit :

PIB par habitant = PIB ÷ population totale

  • Le PIB facilite les comparaisons internationales.

Les pays selon leur PIB

On remarque sur cette carte qu’à part quelques exceptions, les pays les plus riches ont un PIB par habitant largement plus important que celui des pays en développement. Le PIB permet également de procéder à des comparaisons dans le temps : l’augmentation du PIB d’une année sur l’autre représente la croissance économique. Le PIB joue un rôle déterminant dans l’évaluation des finances publiques.

Dans la zone euro par exemple, le déficit et la dette publique sont évalués en fonction du PIB des pays membres.

Les limites du PIB

Le PIB est donc un indicateur très utile. Il est néanmoins critiqué car on lui reproche de ne pas tenir compte des inégalités de richesses au sein d’un même pays. Ce n’est pas parce que le PIB augmente que tous les habitants voient leurs richesses augmenter dans les mêmes proportions.

Le PIB est également sous-évalué parce qu’il ne tient pas compte de l’économie souterraine, comme le trafic de drogue ou le bénévolat. Par exemple, si un médecin travaille dans une clinique, sa production fera partie du PIB, alors que ce ne sera pas le cas s’il travaille gratuitement pour une association.

Le calcul du PIB ignore aussi complètement les dégradations causées par la croissance économique telles que la pollution de l’air et de l’eau qui sont très élevées dans les pays où la croissance du PIB est importante.

Paradoxalement, en cas de catastrophe naturelle, les dégâts à réparer génèrent de la croissance. Il faut emprunter de l’argent, acheter des matériaux et embaucher des ouvriers. Les frais de réparation des dommages occasionnés seront comptabilisés dans le PIB, sans tenir compte des pertes d’argent liées à cette catastrophe.

Vu ces nombreuses insuffisances, des indicateurs alternatifs ou complémentaires ont été inventés avec plus ou moins du succès : l’indicateur du bien-être économique, l’indice de santé sociale mais surtout l’indice de développement humain ou IDH.

Un indicateur alternatif au PIB : l’IDH

L’IDH est sans doute l’indicateur le plus utilisé quand il s’agit d’atténuer les insuffisances du PIB. Créé en 1990 par le PNUD, le Programme des Nations unies pour le développement, l’IDH fait la synthèse des indicateurs sur l’éducation, la santé et le niveau de vie. Contrairement au PIB, il n’intègre pas uniquement des données quantitatives, mais tient compte aussi de trois composantes qualitatives :

  • le niveau d’éducation,
  • l’espérance de vie à la naissance,
  • et le niveau de vie, mesuré avec le RNB (revenu national brut).

Les IDH par pays SES terminale Les IDH par pays

L’IDH est compris entre 0 et 1. Les pays généralement dits les plus « riches » ont un IDH proche de 1 tandis que dans les pays dits « pauvres », l’IDH est souvent compris entre 0 et 0,5.

L’IDH est un meilleur indicateur de développement que le PIB, car le développement est un ensemble de facteurs économiques et sociaux qui permettent à un pays de trouver le chemin de la croissance. Or, un pays ne peut se développer que s’il accroit son niveau d’éducation et s’il assure à sa population un niveau sanitaire correct. Ces conditions sont la base d’une productivité suffisante des travailleurs pour espérer accroitre les richesses produites, et donc le PIB. Si l’IDH est bien plus complet que le PIB, il lui est encore fortement lié et ne tient toujours pas compte des inégalités à l’intérieur des États et des régions.

Conclusion :

Nous avons donc défini ce qu’était la croissance économique. Nous avons vu qu’avec le PIB, nous pouvions la mesurer quantitativement, mais que cette mesure restait imprécise. Pour améliorer le calcul du PIB et faire le lien entre croissance et développement, plusieurs nouveaux outils ont été proposés, comme l’IDH, qui tient davantage compte de données qualitatives. Néanmoins, la multiplication d’outils de mesure montre bien à quel point il est difficile de mesurer efficacement tous les aspects la croissance économique.