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La politique de la ville

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Introduction :

La politique de la ville apparaît dans les années 1970, afin de répondre aux problèmes des banlieues. Elle consiste en un ensemble d’actions mises en place par les pouvoirs publics, dans le but de revaloriser les zones urbaines en difficulté. Son objectif est de réduire les inégalités entre les territoires.

Dans ce chapitre, nous allons nous intéresser à la politique de la ville et à ses enjeux.

Dans une première partie, nous étudierons les fortes inégalités qui existent au sein des villes. Dans une deuxième partie, nous verrons que pour réduire ces inégalités, il faut aménager autrement les espaces urbains. Enfin, dans une troisième partie, nous chercherons à savoir quels sont les acteurs de la politique de la ville.

De fortes inégalités dans les villes

L’opposition centre-ville / « banlieues »

Il existe de fortes inégalités au sein des villes. Le principal déséquilibre est celui qui oppose le centre-ville aux quartiers les plus excentrés, qui sont souvent les plus pauvres. On les appelle, de manière générale, les « banlieues ».

Les quartiers centraux des villes françaises, composés d’immeubles dégradés, sont devenus des espaces répulsifs à partir des années 1950. Afin de lutter contre le départ des habitants vers la périphérie, les mairies ont multiplié les opérations de réhabilitation urbaine.

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Définition

Espace répulsif :

Espace déserté par la population qui préfère s’installer ailleurs (contraire d’attractif).

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Définition

Réhabilitation urbaine :

Travaux d’amélioration de la ville.

La réhabilitation urbaine implique le plus souvent une rénovation urbaine.

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Définition

Rénovation urbaine :

Destruction de bâtiments délabrés qui sont ensuite remplacés par des édifices neufs.

Les municipalités ont aussi aménagé des parcs, des rues piétonnes et des pistes cyclables.

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Exemple

C’est notamment le cas de la ville de Nantes, qui a réhabilité l’un de ses quartiers, l’Île Beaulieu (dite « Île de Nantes »). Cette ancienne zone portuaire et industrielle a été transformée en un espace de loisirs et de détente.

Depuis une vingtaine d’années, grâce à ces actions de réhabilitation urbaine, les centres-villes sont devenus des « vitrines » qui valorisent l’image de la ville. Les quartiers centraux sont attractifs, et le prix des loyers augmente.

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À retenir

Dans un contexte de mondialisation, il faut bien comprendre que l’embellissement des centres-villes a aussi pour but d’attirer les touristes étrangers et les investisseurs.

Contrairement à ces centres-villes en plein renouveau, une partie des banlieues françaises connaît de nombreux problèmes. C’est surtout le cas dans les quartiers de grands ensembles, où la population vit dans des « barres », c’est-à-dire des tours d’habitation. Souvent isolées du reste de la ville, ces « cités » concentrent les difficultés.

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Exemple

C’est le cas de « la cité des 4 000 », située à La Courneuve, dans la région parisienne. C’est l’un des quartiers de grands ensembles les plus anciens en France. Sa construction a débuté en 1956.

La création de « quartiers prioritaires »

Depuis le début des années 2000, ces quartiers en difficulté font l’objet de programmes de rénovation urbaine.

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À retenir

Ils sont désormais considérés par l’État comme des quartiers prioritaires.

En France métropolitaine, 1 300 quartiers prioritaires ont été définis en 2014 dans le cadre de la réforme de la politique de la ville. Ces quartiers bénéficient d’aides financières publiques.

En tout, ces territoires regroupent 4,8 millions d’habitants et sont situés, en majorité, dans les grands pôles urbains. En 2014, le taux de chômage dans ces quartiers atteignait 26,7 %, contre environ 10 % sur le reste du territoire.

Les jeunes y sont moins diplômés : 61 % ont un niveau d’étude inférieur au baccalauréat, contre 37,7 % sur le reste du territoire.

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À retenir

Le niveau de pauvreté est trois fois supérieur à la moyenne nationale.

La carte ci-dessous présente ces 1 300 quartiers prioritaires. On peut voir qu’ils sont principalement situés en périphérie urbaine des grandes villes, notamment en région parisienne, dans le Nord de la France (Dunkerque, Lille, Roubaix, etc.), sur la côte méditerranéenne (Marseille, Toulon, Nice, etc.) et dans la région lyonnaise.

Les 1300 quartiers prioritaires en France - géographie - 3e Les 1 300 quartiers prioritaires en France

Pour réduire ces inégalités entre les quartiers centraux et les banlieues, il faut aménager autrement la ville.

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À retenir

L’enjeu est double : assurer un accès aux équipements publics pour tous et favoriser la mixité sociale.

La politique de la ville : aménager pour réduire les inégalités

Assurer un accès aux équipements publics pour tous

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À retenir

La politique de la ville a pour objectif d’assurer l’accès aux équipements publics pour tous.

Tous les habitants d’une ville, qu’ils vivent dans les quartiers centraux ou dans les banlieues, doivent pouvoir avoir facilement accès aux moyens de transport public (comme le bus, le métro ou le tramway), aux structures de santé (les hôpitaux, par exemple) mais aussi à la culture, avec des structures comme les bibliothèques, les médiathèques, les théâtres, les salles de concert et des salles de répétition pour les jeunes musiciens.

Enfin, tous les habitants doivent pouvoir faire du sport. La ville doit donc veiller à ce qu’il y ait des piscines, des terrains de football, des cours de tennis, des gymnases, répartis sur l’ensemble de son territoire.

Favoriser la mixité sociale

Le second objectif de la politique de la ville est la mixité sociale.

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Définition

Mixité sociale :

Cette expression désigne la cohabitation, sur un même territoire, de personnes d’origines sociales et culturelles différentes.

Il s’agit de faire en sorte que ces populations vivent ensemble, dans un même immeuble ou un même quartier, et se mélangent. La notion de mixité sociale est de plus en plus utilisée dans les politiques du logement.

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À retenir

Pour favoriser cette mixité, la loi impose aux communes de disposer d’au moins 20 % de logements sociaux.

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Définition

Logements sociaux :

Logements accessibles aux populations à faible revenu.

Les communes qui ne respectent pas cette loi doivent payer une amende à l’État.

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Exemple

L’écoquartier de Bonne, situé dans le centre de Grenoble, a été aménagé en 2008 sur le terrain d’une ancienne caserne militaire. Il propose 40 % de logements sociaux pour favoriser la mixité sociale.

L’écoquartier de Bonne à Grenoble - CC : Simdaperce L’écoquartier de Bonne à Grenoble - CC : Simdaperce

Les acteurs de la politique de la ville

Les acteurs publics : la municipalité et l’État

Les deux principaux acteurs publics sont l’État, à l’échelle nationale, et la municipalité, à l’échelle locale.

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À retenir

L’État est le promoteur de la politique de la ville. Plusieurs ministères travaillent conjointement pour élaborer un ensemble de mesures réglementaires, que les mairies appliquent ensuite au niveau local.

La municipalité doit mettre en pratique la règlementation de l’État, mais c’est elle qui décide dans le détail des choix d’aménagement. C’est elle, par exemple, qui détermine combien d’infrastructures sportives seront construites sur le territoire municipal, qui décide de leur emplacement et qui choisit leur nom.

Des acteurs privés multiples

De nombreux acteurs privés sont aussi impliqués dans la politique de la ville. On compte parmi ces acteurs de nombreuses entreprises, qui réalisent les différents aménagements. Par exemple, ce sont ces entreprises qui construisent les médiathèques et les piscines municipales tandis que d'autres gèrent les réseaux de transport public.

D’autres acteurs privés participent à cette politique de la ville comme les centres commerciaux, les pôles de recherche, les théâtres et les musées privés.

Par ailleurs, les citoyens participent de plus en plus aux nouveaux aménagements urbains. Ils donnent leur avis, notamment à travers des débats et des enquêtes. Les associations de quartiers sont également des acteurs incontournables de cette politique de la ville. En effet, elles interviennent directement, sur les territoires, au plus près des habitants.

Conclusion :

La politique de la ville, lancée dans les années 1970 en France, a pour but de réduire les inégalités sociales entre les différents territoires urbains. Elle doit permettre aux habitants de tous les quartiers d’avoir accès aux équipements publics : aux transports, aux hôpitaux, aux différents lieux culturels et aux infrastructures sportives.

Par ailleurs, cette politique doit favoriser la mixité sociale. Acteurs publics et privés collaborent pour revaloriser les zones urbaines en difficulté et donner à tous les citoyens les mêmes chances de réussite.