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Les différents facteurs de production

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Introduction :

Produire suppose l’utilisation de plusieurs d’éléments aussi appelés facteurs de production. Ces éléments sont principalement le travail et le capital qui permettent, lorsqu’ils sont combinés, d’augmenter la production. Le producteur cherche à minimiser ses coûts tout en produisant le plus possible. Il est donc parfois contraint de remplacer un de ses facteurs par un autre afin d’être plus productif.

Nous présenterons dans ce cours les différents facteurs de production, le travail et le capital, et nous expliquerons ensuite comment améliorer l’efficacité de la combinaison productive.

L’importance des facteurs de production

Le travail comme facteur de production

Le travail est l’un des deux facteurs de production. Il est offert en échange d’un salaire. Ainsi, l’activité d’un écolier ou des parents dans le cadre domestique ne peuvent pas être considérées comme du travail productif.

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Définition

Facteur travail :

Le facteur travail désigne l’ensemble des activités économiques manuelles et intellectuelles organisées et coordonnées servant à produire des biens et services.

En France, l’Insee effectue un découpage de la population active en différentes catégories appelées professions et catégories socio-professionnelles (PCS). La codification PCS de l’Insee sert au recensement et aux enquêtes qu’elle mène auprès des ménages. Les PCS sont les différents statuts professionnels que peuvent avoir les travailleurs. Il en existe huit :

  • les agriculteurs exploitants : ce sont des travailleurs indépendants dans le domaine de l’agriculture (secteur primaire). Cette population décroît à un rythme régulier depuis 1945. Ils ne représentent plus que 1,6 % des travailleurs en France alors qu’ils représentaient 20 % des personnes en activité en 1950 ;
  • les artisans, commerçants et chefs d’entreprises : il s’agit d’un regroupement de travailleurs indépendants. Leur part dans la population active a diminué de façon importante depuis les années 1950 avec le développement du travail salarié. Cependant, avec le développement de nouveaux statuts juridiques au sein des entreprises, leur nombre semble s’être stabilisé : 6,5 % des travailleurs appartiennent à cette catégorie ;
  • les cadres et professions intellectuelles supérieures : il s’agit d’un regroupement de travailleurs salariés ayant un haut niveau de qualification. Leur part augmente depuis les années 1950. Ils représentent aujourd’hui 18 % des personnes exerçant un emploi. Comme son nom l’indique, le cadre exerce un métier d’encadrement. On y retrouve de nombreuses professions : ingénieurs, enseignants mais aussi président directeur général (PDG) de grande entreprise ;
  • les professions intermédiaires : il s’agit d’un regroupement de salariés ayant un niveau de qualification intermédiaire. Cette PCS est en développement depuis les années 1950. Elle représente à elle seule un quart des travailleurs ;
  • les employés : on y retrouve des salariés plus ou moins qualifiés. Les employés représentent 27,2 % des personnes travaillant en France. Cette PCS s’est développée avec l’entrée des femmes sur le marché du travail (plus de 75 % des employés sont des femmes : il s’agit de la PCS la plus féminisée) ;
  • les ouvriers : on y retrouve des salariés plus ou moins qualifiés effectuant des tâches manuelles répétitives. Cette PCS a longtemps été en expansion. Cependant, elle décline depuis les années 1980. Ils représentent toutefois près de 21 % des personnes en emploi ;
  • les retraités ;
  • les autres personnes sans activité professionnelle.

répartition population active occupée catégorie socioprofessionnelle

Le capital comme facteur de production

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Définition

Capital technique :

Le capital technique désigne l’ensemble des biens de production utilisés lors du processus productif. Il comprend le capital fixe et le capital circulant (ou consommation intermédiaires).

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Définition

Capital fixe :

Le capital fixe désigne l’ensemble des biens utilisés au cours de plusieurs cycles de production. Il s’agit de biens durables tels que les bâtiments, les machines, etc.

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Définition

Capital circulant :

Le capital circulant ( ou consommations intermédiaires) désigne l’ensemble les biens détruits ou transformés lors du processus de production comme les matières premières par exemple.

Capital fixe Capital circulant (ou consommations intermédiaires)
Imprimante Feuille
Camion Carburant
Marteau Clou
Arrosoir Eau
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À retenir

Une entreprise a besoin de facteurs de production :

  • du travail provenant des salariés mais aussi de ses propriétaires (dans les entreprises individuelles),
  • et du capital technique, composé de capital fixe (les biens durables de production comme les machines) et des consommations intermédiaires qui disparaissent au cours du processus de production.

Des facteurs de production complémentaires ou substituables ?

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Définition

Combinaison productive :

Couple de facteurs de production employés pour produire un bien ou un service. C’est l’association d’une certaine quantité de travail et d’une certaine quantité de capital pour produire une certaine quantité de biens ou de services.

La complémentarité des facteurs de production

Prenons l’exemple d’un coiffeur travaillant seul. Si ce dernier souhaite produire deux fois plus, il devra embaucher un travailleur mais également lui fournir le capital fixe nécessaire pour produire (une paire de ciseaux notamment).

  • Dans ce cas, les facteurs de production sont parfaitement complémentaires : l’augmentation de l’un ne peut se faire qu’avec l’augmentation de l’autre.
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À retenir

Lorsque les facteurs de production sont complémentaires, il faut augmenter tous les facteurs de production en même proportion.

La substituabilité des facteurs de production

Les facteurs de production peuvent, dans d’autres cas, être substituables.

  • Cela signifie que l’on peut se passer d’un facteur de production et le remplacer par un autre.

De nombreux exemples contemporains témoignent de ce phénomène. Prenons l’exemple des supermarchés. Nombre d’entre eux ont substitué aux hôtesses d’accueil (les « caissières ») des automates permettant aux clients de scanner eux-mêmes leurs produits et de procéder au paiement de leurs articles. Plus anciennement, les portiques automatiques des stations de métro ont remplacé les poinçonneurs qui compostaient autrefois les billets.

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À retenir

La substitution du capital fixe au travail a été particulièrement importante dans l’industrie où la part des emplois peu qualifiés a progressivement diminué. Nombre d’industries sont aujourd’hui grandement automatisées grâce au capital fixe.

Comment rendre la production plus efficace ?

L’efficacité d’une combinaison productive se mesure grâce à la productivité

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Définition

Productivité :

La productivité désigne la mesure de l’efficacité de la combinaison productive. On effectue le rapport entre la production (en volume ou en valeur) et la quantité de facteur de production utilisée.

Plusieurs mesures de la productivité existent.

Productivité en volume Productivité en valeur
Du travail Du capital Du travail Du capital
quantiteˊ produitequantiteˊ de travail\small\dfrac{\text{quantité produite}}{\text{quantité de travail}} quantiteˊ produitequantiteˊ de capital fixe\small\dfrac{\text{quantité produite}}{\text{quantité de capital fixe}} valeur produitequantiteˊ de travail\small\dfrac{\text{valeur produite}}{\text{quantité de travail}} valeur produitequantiteˊ de capital fixe\small\dfrac{\text{valeur produite}}{\text{quantité de capital fixe}}

La quantité de facteurs de production peut s’exprimer de plusieurs façons.

Prenons l’exemple du travail. On peut calculer une productivité horaire du travail en divisant la production par le nombre d’heures effectuées par le travailleur, ou bien la productivité par tête du travail en divisant la production par le nombre total de salariés (les effectifs).

Par exemple, une société produit 30 000 aspirateurs avec 50 travailleurs qui effectuent 145 heures de travail chacun.

  • La productivité par tête est de 600 aspirateurs par salarié en moyenne :

3000050=600\dfrac{30 000}{50} = 600 aspirateurs par salarié

  • La productivité horaire est de 4,14 aspirateurs par heure de travail en moyenne :

3000050×1454,14\dfrac{30 000}{50\times 145} ≃ 4,14 aspirateurs par heure de travail

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Astuce

Pour améliorer durablement le rapport de productivité, deux solutions existent :

  • produire autant avec moins de facteurs de production ;
  • ou produire plus avec autant de facteurs de production.

Les gains de productivité bénéficient :

  • aux consommateurs (baisse du prix de vente) ;
  • aux producteurs (profits plus importants) ;
  • aux salariés (hausse des salaires ou diminution du temps de travail).

Le progrès technique permet d’obtenir d’importants gains de productivité

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Définition

Progrès technique :

Le progrès technique désigne l’ensemble des innovations concernant les produits et les méthodes de production.

Le progrès technique trouve sa source dans :

  • la recherche fondamentale, dont le but est de faire reculer les limites de la connaissance ;
  • la recherche appliquée, dont les objectifs sont concrets et doivent déboucher sur des inventions ou des brevets utilisables ;
  • la recherche et développement (R&D), qui permet de passer du stade de l’invention au stade de la production courante. L’innovation est généralement protégée par un titre de propriété industrielle : un brevet. Ce dernier permet d’encourager la recherche et de récompenser l’innovateur.
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Définition

Brevet :

Un brevet est un dispositif de protection juridique d’une invention. Il accorde un monopole légal d’exploitation à son auteur pour une durée déterminée.

Selon l’économiste autrichien du XXe siècle Joseph Schumpeter, il existe cinq grands facteurs de l’innovation permettant d’améliorer durablement la productivité (Théorie de l’évolution économique, deuxième édition de 1926) :

  • la fabrication d'un bien nouveau, c'est-à-dire encore non familier au cercle des consommateurs, ou d'une qualité nouvelle d'un bien ;
  • l’introduction d'une méthode de production nouvelle, c'est-à-dire pratiquement inconnue de la branche intéressée de l'industrie ; il n'est nullement nécessaire qu'elle repose sur une découverte scientifiquement nouvelle et elle peut aussi résider dans de nouveaux procédés commerciaux pour une marchandise ;
  • l’ouverture d'un débouché nouveau, c'est-à-dire d'un marché où jusqu'à présent la branche intéressée de l'industrie du pays intéressé n'a pas encore été introduite, que ce marché ait existé avant ou non ;
  • la conquête d'une source nouvelle de matières premières ou de produits semi-ouvrés ; à nouveau, peu importe qu'il faille créer cette source ou qu'elle ait existé antérieurement, qu'on ne l'ait pas prise en considération ou qu'elle ait été tenue pour inaccessible ;
  • la réalisation d'une nouvelle organisation, comme la création d'une situation de monopole (par exemple la trustification) ou l'apparition brusque d'un monopole.

Le progrès technique a des effets sur le travail : par la création d’emplois qualifiés et la disparition d’emplois peu qualifiés (source potentielle de chômage). La productivité a augmenté rapidement dans le secteur de l’industrie. Grâce aux innovations de procédés, on a pu produire autant de biens industriels avec moins de travail. Les emplois se sont alors réfugiés dans les services immatériels, si bien que les gains de productivité de l’ensemble de l’économie ont tendance à ralentir depuis le milieu des années 1970.

Conclusion :

Pour produire, les entreprises doivent combiner des facteurs de production, capital et travail.
Si les facteurs de production doivent être utilisés en proportion fixe, ils sont complémentaires.
Si les proportions peuvent varier pour obtenir un même niveau de production, ils sont substituables.
On peut alors augmenter la quantité d’un facteur pour diminuer la quantité de l’autre.

Le choix de la meilleure combinaison productive dépend du coût de chacun des facteurs. À long terme, les facteurs sont substituables car un progrès technique peut apparaître, modifiant alors les techniques de production utilisées.
C’est moins vrai sur le court terme : si une entreprise souhaite augmenter ses capacités de production, elle est souvent contrainte d’augmenter en même temps ses facteurs de production.