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Les limites écologiques de la croissance économique

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Ce cours est en cours de création par nos équipes et il sera prêt pour la rentrée 2019 💪

Introduction :

À partir des années 1970, de nombreux économistes insistent sur les limites écologiques de notre modèle de croissance économique. Plus on produit, plus on puise dans le stock de ressources naturelles non renouvelables. Les ressources renouvelables sont, quant à elles, exploitées à un rythme trop rapide pour leur permettre de se renouveler.

Un nouveau modèle de production a été inscrit à l’ordre du jour : le développement durable. Ce concept s’est diffusé à l’échelle internationale à la suite du rapport Brundtland de 1987 dans le cadre des travaux de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) : « Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

Cette conception de notre développement repose sur trois piliers indissociables :

  • économique,
  • social,
  • environnemental.

développement durable

Dans ce cours, nous verrons que la croissance économique puise dans un stock de capital naturel plus ou moins remplaçable, puis nous montrerons ensuite que l’État a un rôle à jouer dans la mise en œuvre du développement durable.

La croissance économiques puise dans le stock de capital naturel

La croissance économique entraîne l’épuisement du capital naturel

Afin de mieux combattre l’épuisement des ressources et la dégradation de l’environnement, les économistes ont mis en évidence la présence d’un capital nouveau dans la combinaison productive : le capital naturel.

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Définition

Capital naturel :

Le capital naturel désigne l’ensemble des ressources naturelles (non produites par l'homme) renouvelables ou non pouvant être utilisées pour la production de biens et services.

capital naturel

La capital naturel est surexploité pour produire les biens et services servant à satisfaire nos besoins. L’enjeu du développement durable est justement de concilier la production de biens et de services avec une exploitation responsable du capital naturel afin de le transmettre aux générations futures.

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À retenir

Actuellement, notre empreinte écologique mondiale est trop importante : l’humanité consomme en une année ce qu’une planète et demi est capable de produire.

Notre rythme de croissance est en plus accusé de nuire à la santé des populations. En effet, notre production génère de la pollution ainsi qu’un réchauffement climatique.

Selon les organisations non gouvernementales (ONG) de protection de l’environnement, la superficie de la forêt amazonienne, qui absorbe près de 10 % du CO2 responsable du réchauffement climatique, a diminué de près de 20 % à cause de la production humaine. La déforestation de l’un des « poumons de la planète » est essentiellement liée au développement du secteur primaire (exploitation du bois, des minerais, agriculture intensive).

  • Plus la concentration en CO2 est importante, plus la température augmente. La Terre se réchauffe et les glaciers fondent ce qui entraîne une élévation du niveau des mers et des océans.

Les coûts humains, matériels et environnementaux de ce phénomène sont très importants.

La pollution est également un problème majeur. La Chine, pays le plus peuplé au monde, a connu ces dernières années un rythme de croissance économique très soutenu. Sa production d’énergie repose essentiellement sur l’exploitation du charbon. Des scientifiques ont estimé que le recours massif au charbon a diminué l'espérance de vie de la population vivant dans le nord du pays de cinq années et demie à cause de la pollution de l’air.

L’épuisement ainsi que la dégradation du capital naturel est appelé externalité négative en économie.

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Définition

Externalité :

Une externalité désigne une conséquence d’une activité de production ou de consommation d'un agent économique sur les autres agents économiques, sans que cette conséquence ne soit l'objet d'une compensation. On distingue les externalités négatives (la pollution atmosphérique par exemple) et les externalités positives (un producteur de fleurs aura un impact positif sur un apiculteur produisant du miel car les fleurs de l’un bénéficient aux abeilles de l’autre).

La croissance économique peut-elle être soutenable ?

Tous les économistes ne sont pas d’accord sur la soutenabilité de notre modèle de croissance.

Certains considèrent que notre capital naturel est par définition irremplaçable. La diminution de son stock génère d’importantes externalités négatives. Il faut donc revoir complètement notre modèle de croissance et utiliser de nouveaux indicateurs.

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Rappel

En effet, le PIB ne mesure pas le niveau de bien-être de la population. Il comptabilise de nombreuses externalités négatives comme la pollution, et néglige des activités comme le bénévolat ou le travail domestique.

En revanche, d’autres économistes considèrent que l’épuisement des ressources naturelles peut-être freiné grâce au progrès technique. Ainsi, l’investissement dans la recherche de nouveaux procédés ou de nouvelles techniques pourrait permettre de remplacer le capital naturel détruit par de nouvelles technologies.

  • Prenons l’exemple de la destruction des colonies d’abeilles. Les abeilles sont des êtres vivants essentiels à notre écosystème. S’il n’y a plus d’abeilles pour butiner, il y aura moins de pollinisation et donc moins d’espèces végétales. Face à ce constat alarmant, de nombreux projets voient actuellement le jour afin de développer des robots pollinisateurs.
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À retenir

Ainsi, les avancées technologiques pourraient dans le futur permettre de remplacer le capital naturel détruit et offrir la possibilité aux générations futures de se développer.

Dans ce cas, la croissance économique est perçue comme un moteur de la transition écologique.

L’État peut contraindre et inciter les producteurs à changer de comportement

Pour permettre une croissance économique respectueuse de l’environnement, les administrations publiques doivent mettre en place des politiques climatiques afin d’orienter les comportements des producteurs dans le sens de la préservation de l’environnement.

La réglementation : un instrument contraignant, efficace et couteux

Un des principaux instruments à disposition de l’État est la réglementation.

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Définition

Réglementation :

La réglementation désigne l’ensemble des lois et règlements imposés par l’État.

Il existe plusieurs types de mesures pouvant contraindre les producteurs à adopter des comportements plus écologiques.

  • Tout d’abord, l’État peut interdire l’utilisation de certaines sources de pollution. On peut penser à l’interdiction, à l’échelle internationale, des gaz CFC (chlorofluorocarbures) responsables de la formation des trous dans la couche d’ozone.
  • Ensuite, l’État peut créer des normes environnementales afin de réduire les externalités négatives de certaines activités. Par exemple, les normes de haute qualité environnementale (HQE) pour les bâtiments s’inscrivent dans cette logique.

La réglementation est contraignante pour les producteurs qui doivent supporter des coûts supplémentaires imposés par le changement de réglementation. C’est néanmoins l’un des instruments les plus efficaces en matière de protection de l’environnement.

La fiscalité écologique : un instrument incitatif parfois contesté

Un autre instrument à disposition de l’État en matière de protection de l’environnement est la fiscalité écologique.

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Définition

Fiscalité écologique :

La fiscalité écologique vise à protéger l'environnement grâce aux impôts. L’État prélève ou soutient les activités économiques produisant une externalité. Quand l’externalité est négative, il met en place une taxe (écotaxe). Quand elle est positive, il met en place une subvention ou un crédit d’impôt.

L’objectif de l’État est d’inciter les producteurs à adopter des comportements écoresponsables en introduisant une mesure fiscale.

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À retenir

Il s’agit de taxer les pollueurs à hauteur du désagrément causé à la collectivité (coût social). Ce type de taxe repose sur un principe simple : celui du pollueur-payeur.

Le producteur qui pollue doit s’acquitter d’une taxe qui permettra de réparer les dommages causés.

Par exemple, l'augmentation des taxes pesant sur le prix de vente du diesel est décidée par l'État. Elle vise à faire peser sur les automobilistes le coût de la pollution aux particules fines. Ainsi, l’État incite les automobilistes à utiliser davantage les transports en commun ou bien à s’orienter vers une voiture hybride ou électrique.

La fiscalité écologique est un succès dans de nombreux pays (en Suède par exemple). Cependant, elle peut aussi être contestée par la population. En effet, elle peut renforcer certaines inégalités.

Le marché de permis d’émission de CO2 : un instrument incitatif décentralisé

Enfin, l’État peut encourager le développement durable en mettant en place un marché d’échange de quotas d’émission de CO2.

Étant donné que l’air n’appartient à personne, l’État distribue des « permis de polluer » en quantité limitée pour toutes les entreprises d’un secteur. Les entreprises peuvent alors se les échanger sur un marché. Contrairement à la taxation, l’État laisse ici faire le marché.

  • Les entreprises qui polluent moins que la quantité permise peuvent alors revendre leurs quotas non utilisés à celles qui ont besoin de polluer plus.

marché du carbone droit à polluer

Cela permet d’inciter les producteurs à réduire leurs émissions de CO2 en se tournant vers d’autres technologies moins émettrices car le carbone devient coûteux.

Conclusion :

Pour de nombreux économistes, produire plus suppose puiser toujours plus dans un stock de capital naturel indispensable à la survie des générations futures. Dans ce cas, la croissance économique actuelle est incompatible avec la préservation de notre environnement puisqu’elle génère d’importantes externalités négatives. Il faut donc changer de modèle de développement au plus vite. L’État doit alors davantage réglementer afin de mieux protéger notre cadre de vie.

Pour d’autres, la croissance économique est une solution aux problèmes environnementaux. En effet, produire plus peut aussi signifier produire mieux. L’État doit alors inciter les producteurs à améliorer leur capital technologique en taxant les pollueurs et en récompensant les innovateurs. Il peut aussi mettre un place un marché du carbone afin d’inciter les producteurs à réduire leurs émissions de CO2.