Cours Natures de mots invariables : prépositions, conjonctions et adverbes

Des mots pour faire le lien : les prépositions et conjonctions

Les prépositions et les conjonctions sont des mots charnières : ce sont des mots invariables qui permettent de faire le lien entre différents éléments de la phrase.

Les prépositions

Les prépositions introduisent un groupe de mots dans une phrase (un complément ou une expansion) : ce groupe prend alors la forme d’un groupe prépositionnel (GP).
Le sens de la préposition employée permet d’identifier la fonction grammaticale du groupe introduit.

  • Je passe mes vacances en Corse.
  • La préposition « en » indique ici le lieu : elle introduit un GP qui a la fonction de complément circonstanciel de lieu (CCL).
  • J’aime bien lire après mon petit-déjeuner.
  • La préposition « après » exprime une relation de temps : elle introduit un GP qui a la fonction de complément circonstanciel de temps (CCT).

Les principales relations exprimées par les prépositions sont les suivantes :

Relation exprimée

Prépositions

Exemple

Le temps

avant, après, pendant, depuis

Nous partirons après le repas.

Le lieu

à, dans, sur, sous, chez, vers

Le chat dort sous la table.

Le moyen

avec, sans

Elle écrit avec un stylo plume.

La manière

avec, sans

Il danse avec grâce.

La cause

grâce à, à cause de

Le bateau a dérivé à cause de la tempête.

Le but

pour, afin de

Il s’entraîne pour gagner.

L’accompagnement

avec, aux côtés de

Elle sort avec ses amies.

L’attribution

à, pour

Rose offre son dessert à son amie.

L’appartenance

de

Le chien de Tom s’appelle Colbert.

Certaines prépositions sont polysémiques : elles ont plusieurs sens. Elles peuvent donc introduire différents types de compléments. C’est alors l’ensemble du GP qui détermine la relation de sens exprimée.

  • Elle écrit avec un stylo plume. / Elle frappe les clous avec un marteau. $\rightarrow$ Moyen (instrument)
    Il danse avec grâce. / Il a joué avec malice. $\rightarrow$ manière
    Elle sort avec ses amies. / Elle se promène avec son chien. $\rightarrow$ accompagnement

  • Je passe mes vacances à Paris. $\rightarrow$ lieu
    Notre rendez-vous est fixé à 19 heures. $\rightarrow$ temps

Une préposition peut être simple (elle est constituée d’un seul mot : « avec », « pour », etc.) ou composée (elle est constituée de plusieurs mots : « à cause de », « afin de », etc.).

Les prépositions « à » et « de » peuvent fusionner avec un article, formant alors un article contracté : à + le = au / à + les = aux / de + le = du / de + les = des.

  • L’approche des vacances rend les enfants fous de joie.
  • Ici, « des » = de + les.

Les conjonctions

Les conjonctions sont des mots invariables qui peuvent relier :

  • deux mots ou groupes de mots à l’intérieur d’une même proposition ;
  • deux propositions.
  • J’achète des tomates et de la mozzarella.
  • Ici, « et » relie deux groupes nominaux.
  • Je prends mes vacances en septembre car il y a moins de touristes.
  • Ici, « car » relie deux propositions pour constituer une phrase.

On distingue deux types de conjonctions.

  • Les conjonctions de coordination

On peut retenir les (principales) conjonctions de coordination en les apprenant dans cet ordre :

mais –  – et – donc – or – ni – car
(« Mais où est donc Ornicar ? »)

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Attention

Ce moyen mnémotechnique s’appuie sur la proximité sonore de « est » (verbe « être ») et de la conjonction « et », mais il faut veiller à bien distinguer l’orthographe de ces deux mots !

Les conjonctions de coordination relient deux mots, deux groupes de mots ou deux propositions indépendantes l’une de l’autre.

  • J’aime lire et écrire.
  • Tu viens ou tu restes ?
  • Il est fatigué mais il continue.
  • On pourrait supprimer les conjonctions de coordination ou les remplacer par des signes de ponctuation : « J’aime lire, écrire. » / « Tu viens ? Tu restes ? » / « Il est fatigué ; il continue ». La relation de sens exprimée par la conjonction reste compréhensible même si elle est implicite.
  • Les conjonctions de subordination

Elles introduisent une proposition subordonnée qui complète la proposition principale.

  • Je lis seulement quand j’ai du temps.
  • Sébastien reste à la maison alors qu’il fait beau.
  • Nous partirons lorsque tout sera prêt.

La suppression des conjonctions de subordination est plus délicate que celle des conjonctions de coordination, car le sens de la phrase peut être alors faussé ou altéré.

  • Je lis seulement ; j’ai du temps.
  • La relation logique entre les deux propositions n’est pas claire.
  • Sébastien reste à la maison ; il fait beau.
  • Le sens de la phrase initiale est faussé. On pourrait penser que Sébastien reste dedans parce qu’il fait beau, et qu’il n’aime peut-être pas la chaleur. Mais la conjonction « alors que » exprime la concession : le temps devrait inciter Sébastien à être dehors, mais il ne peut/veut pas.

Les principales relations exprimées par les conjonctions de subordination sont les suivantes :

Sens exprimé

Conjonctions de coordination

Exemple

Le temps

quand, lorsque, alors que, dès que, aussitôt que, pendant que, tandis que, tant que, avant que, après que, depuis que, jusqu’à ce que, en attendant que, chaque fois que

Lorsque le soleil se couche, les oiseaux se taisent.

La cause

parce que, puisque, comme, étant donné que, vu que

Il reste au lit parce qu’il a de la fièvre.

La conséquence

si bien que, de sorte que, de telle façon/manière que, au point que, tant et si bien que

Il a tellement couru qu’il est épuisé.

Le but

pour que, afin que, de peur que, de crainte que

Je parle doucement pour que tout le monde comprenne.

La condition

si, à condition que, pourvu que, à moins que, en admettant que, pour peu que

Tu réussiras si tu fais des efforts.

L’opposition / la concession

bien que, quoique, alors que, tandis que, même si, quand bien même

Bien qu’il soit tard, il continue à lire.

La comparaison

comme, ainsi que, de même que, autant que, plus… que, moins… que

Il court comme courent les champions.

La manière

comme, ainsi que

Fais comme je t’ai montré.

La supposition / l’hypothèse

si, à supposer que, en supposant que

Si tu venais demain, nous serions ravis.

La restriction / l’exception

sauf que, excepté que, sinon que, hormis que (rare)

Tout va bien, excepté que j’ai perdu ma montre.

On remarque que certaines conjonctions de subordination sont polysémiques : par exemple « alors que » qui exprime le temps, l’opposition ou la concession. Il faut donc toujours observer le contexte pour déterminer leur valeur de la conjonction de subordination.

La conjonction « que » constitue un cas particulier. C’est la conjonction de subordination la plus fréquente mais elle n’a pas de sens en elle-même : son rôle dépend du mot qui la précède.
Elle sert ainsi par exemple à introduire une proposition subordonnée complétive :

  • Nous savons que tout va rentrer dans l’ordre.
  • Il est vrai que tu pourrais être plus rapide.

Des mots pour modifier ou nuancer le sens d’autres mots : les adverbes

Les adverbes sont des mots invariables qui ont pour principale fonction de modifier le sens :

  • d’un verbe $\rightarrow$ Il marche lentement ;
  • d’un adjectif $\rightarrow$ Elle est très vive ;
  • d’un autre adverbe $\rightarrow$ Il court trop vite ;
  • ou de toute une phrase$\rightarrow$ Heureusement, tout s’est arrangé.

Ils expriment diverses circonstances :

  • la manière, c’est-à-dire comment se déroule une action (ex. : facilement, heureusement, lentement, sérieusement, bien, mal, vite) ;
  • le lieu, à savoir l’endroit ou la direction (ex. : là, là-bas, ici, ailleurs, nulle part, partout) ;
  • le temps, autrement dit quand l’action se produit (ex. : maintenant, souvent, rarement, hier, aujourd’hui, demain) ;
  • la quantité ou l’intensité (ex. : peu, très, beaucoup, trop, assez) ;
  • l’affirmation ou la négation pour affirmer ou nier un fait (ex. : oui, non, ne… pas, ne… plus, ni… ni).

Certains adverbes jouent cependant un rôle d’articulation dans le discours : ils l’organisent.
Ils font alors partie des connecteurs.

Les adverbes connecteurs temporels indiquent les étapes successives d’une action :

  • D’abord, Hélène dressait la table. Puis elle disposait autour les chaises ornées de coussins. Enfin, elle ornait les assiettes de fleurs fraîchement coupées.

Les adverbes connecteurs logiques mettent en lumière les relations :

  • de cause (en effet, effectivement) ;
  • de conséquence (par conséquent, ainsi, alors, c’est pourquoi) ;
  • d’opposition ou de concession (cependant, pourtant, toutefois, néanmoins, en revanche, au contraire).
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Attention

Les adverbes en « -ment » se construisent généralement à partir de l’adjectif qualificatif au féminin. Ex. : grande $\rightarrow$ grandement / heureuse $\rightarrow$ heureusement