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Une agriculture pour nourrir les Hommes

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Ce cours est en cours de création par nos équipes et il sera prêt pour la rentrée 2019 💪

Introduction :

Au cours du XXIe siècle, la population devrait passer à 9 milliards d’individus. Cette croissance toujours en augmentation va poser problème : comment nourrir tout le monde ? Depuis toujours les Hommes cultivent les sols et élèvent des animaux pour se nourrir et, pour cela transforment des écosystèmes naturels et équilibrés en agrosystèmes, plus productifs certes, mais non-naturels et donc déséquilibrés.

Nous déterminerons donc ce qu’est un agrosystème et nous nous interrogerons sur la façon dont l’Homme le gère. Nous étudierons ensuite les productions alimentaires qui en résultent.

Les agrosystèmes

Différence entre écosystème et agrosystème

Un agrosystème est créé à partir d’un écosystème initialement naturel et équilibré que la main de l’Homme a modifié. L’humain cherche à produire un maximum de biomasse qui servira à son alimentation, son énergie ou ses industries.

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Rappel

Un écosystème est un ensemble constitué d’un biotope et d’une biocénose représentant l’ensemble des êtres vivants peuplant ce milieu.

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Définition

Agrosystème :

Un agrosystème est un écosystème modifié et contrôlé par l'Homme. Il est dédié à l'exercice de l'agriculture (cultures, élevage, échanges de produits).

Alt texte Récolte du blé

Un agrosystème ne possède qu’un seul producteur de biomasse (par exemple : le maïs), toutes les autres espèces qui pourraient diminuer la récolte ont en effet été supprimées.
Notons par ailleurs que la quantité importante de biomasse produite et son exportation déséquilibrent complètement l'agrosystème ; il est alors nécessaire de rajouter des intrants (engrais, pesticides) pour fertiliser le sol et supprimer toutes les espèces parasites.

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Définition

Intrants :

En agriculture, on appelle « intrants » les différents produits apportés aux terres et aux cultures, ne provenant pas de l'exploitation agricole. Ils ne sont pas naturellement présents dans le sol, mais y sont rajoutés pour améliorer le rendement des cultures.

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À retenir

Les échanges entre les différents éléments d’un écosystème s’équilibrent. Dans un agrosystème, il y aura des exportations de la récolte : si ces pertes ne sont pas compensées par des engrais, le sol va s’épuiser et donnera des rendements de plus en plus faibles.

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Attention

Il est important de ne pas surdoser en engrais au risque de gaspiller celui-ci, qui ne sera d’aucune utilité et polluera l’environnement.

En outre, dans un agrosystème, la demande en eau peut être considérable, comme dans le cas de la culture du maïs ou du coton.

IMG02 Comparaison écosystème/agrosystème

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À retenir

Un agrosystème repose sur deux principes :

  • exporter la plus grande partie de la matière produite ;
  • rechercher le rendement maximum.

Méthodes de culture agricole

Pour optimiser le rendement agricole, l’Homme va utiliser différentes méthodes de culture. En voici quelques exemples.

  • Le labour du sol

Cette technique de travail du sol permet d’ouvrir la terre et de la retourner pour mieux l’ensemencer. Cela se fait au moyen de charrues tirées par un tracteur ou un cheval de trait. Ce labour permet d’améliorer la structure du sol et son imperméabilité et de limiter l’épuisement en sels minéraux. En revanche, le labour expose le sol à l’érosion et a un impact négatif sur la quantité de décomposeurs (lombrics).

  • La rotation des cultures

Une succession de cultures différentes à un rythme régulier ne permet pas aux organismes nuisibles de poursuivre leur cycle vital. Cette technique a donc des effets positifs sur l’activité biologique du sol et la nutrition des plantes.

  • La fertilisation

Lors de la récolte, on prélève des éléments organiques et minéraux dans le sol. Pour compenser durablement cette absence, il faut utiliser des engrais riches en azote, phosphore et potassium.

fertilisation des sols minéraux éléments organiques Fertilisation des sols

  • L’amendement

Afin d’améliorer le rendement d’une terre, il est fréquent de renforcer son état physique et chimique, en ajoutant du lisier, du compost, du fumier et des boues.

Lutte contre les nuisances

Il est également nécessaire de prendre soin du sol et des plantes qui y sont cultivées, en luttant contre les éventuelles maladies. Voici quelques exemples.

  • L’utilisation des pesticides

L’Homme a recours à différents types de pesticides selon la maladie ou la nuisance à traiter : * les fongicides luttent contre les parasites des plantes cultivées et leurs maladies ;

  • les insecticides luttent contre les insectes nuisibles à la croissance des plantes cultivées ;
  • les herbicides luttent contre les « mauvaises herbes ». Ces dernières freinent en effet le développement des cultures et limitent leur rendement en entrant en compétition avec les plantes cultivées pour l’utilisation des ressources ou en ayant un agissement allant à l’encontre des plantes cultivées.
  • L’utilisation de microorganismes auxiliaires

Cette lutte contre les organismes indésirables est basée sur des relations de prédation et de parasitisme entre les êtres vivants : les auxiliaires de culture détruisent les ravageurs ou atténuent leurs effets. Ce sont des êtres vivants qui consomment leurs ennemis ou provoquent des maladies au sein de leur population (les bactéries ou les virus sont des parasites).

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Exemple

Les bacillus thuringiensis sont des bactéries pathogènes de certaines chenilles. Elles agissent au niveau du tube digestif de leur hôte par l'intermédiaire d'une toxine qu'elles fabriquent.

Alt texte Coloration de Gram de Bacillus thuringiensis avec un grossissement de 1 000 fois ©Dr.Sahay

  • L’utilisation de substances naturelles

Lutter contre des organismes indésirables peut aussi se faire par des produits naturels qui atteignent les fonctions vitales du ravageur et renforcent les défenses de la plante. Certaines plantes dégagent en effet des substances qui déplaisent aux ravageurs et les font fuir.

  • Ainsi préservés, les agrosystèmes permettent la production de denrées alimentaires.

Les productions alimentaires

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Rappel

Dans un écosystème, un consommateur désigne un organisme hétérotrophe (le plus souvent un animal), incapable de produire de lui-même sa propre matière organique, qui se nourrit donc de producteurs primaires ou d'autres consommateurs (prédation). Les consommateurs primaires sont des consommateurs regroupant les herbivores, dont l’alimentation se limite aux producteurs primaires contrairement aux consommateurs secondaires.

Les producteurs primaires sont donc des êtres vivants autotrophes à la base de la pyramide de la productivité, qui utilisent la photosynthèse à la surface de la Terre et créent de la biomasse à partir du CO2\text{CO}_2 et de la lumière solaire.

Dans les agrosystèmes, l’Homme privilégie le développement végétal afin d’augmenter la productivité à des fins alimentaires, industrielles ou énergétiques. On opposera donc monoculture à polyculture.

Monoculture et polyculture

  • Monoculture
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Définition

Monoculture :

En agriculture, la monoculture est la culture d’une seule espèce de plante, comme par exemple le riz, le blé, la vigne.

Elle peut s’appliquer sur une parcelle ou sur un ensemble de parcelles au niveau d’une exploitation agricole et consiste en une succession culturale, ce qui peut avoir des conséquences sur le plan agronomique. En effet, l’exploitation de la même culture sur les mêmes parcelles plusieurs années de suite peut entraîner :

  • un épuisement des éléments nutritionnels du sol ;
  • le développement de certains ennemis des cultures tels que les parasites et les ravageurs
  • des maladies.
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À retenir

La monoculture induit une gêne pour la biodiversité et une perturbation des écosystèmes puisqu’elle induit l’excès d’une espèce par rapport aux autres.

  • Toutefois, la monoculture permet la production d’énormes quantités de denrées alimentaires à des prix abordables pour une population sans cesse croissante.
  • Polyculture
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Définition

Polyculture :

La polyculture consiste à cultiver plusieurs espèces de plantes sur une même parcelle ou un ensemble de parcelles.

  • Plus rentable que la monoculture, elle permet de jongler avec les aléas climatiques et les variations de prix. Par contre, elle peut induire un appauvrissement du sol et une gestion compliquée pour les agriculteurs.

Les productions alimentaires ne sont pas les mêmes à la surface de la Terre : les productions végétales sont plus importantes dans les pays en voie de développement alors que la production animale augmente proportionnellement au niveau de vie d’un pays.
Voyons ce qu’il en est des productions animales.

Élevage

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Rappel

Dans un écosystème, les producteurs secondaires sont des êtres hétérotrophes, essentiellement des animaux et des champignons, qui font circuler la matière et l'énergie stockée dans la biomasse des producteurs primaires.

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À retenir

Dans un agrosystème, chaque animal élevé pour la production de viande occupe la place de producteur secondaire dans la chaîne alimentaire. Il consomme donc des végétaux.

Afin de répondre à une demande croissante due à l’augmentation de la population et à l’augmentation de la quantité de viande consommée, les éleveurs ont recours à une alimentation la plus riche possible pour augmenter le rendement de la production de viande. Ils utilisent des aliments industriels contenant des produits dérivés tels que le maïs, le blé, la betterave ou encore le soja qui sont cultivés de façon intensive dans des pays comme le Brésil au détriment d’écosystèmes précieux (cf. dans le cas du Brésil, la forêt amazonienne).

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À retenir

La production animale nécessite donc de grandes surfaces de culture afin de nourrir les bêtes.

deux agrosystèmes élevage monoculture production animale Deux agrosystèmes

Si l’élevage extensif existe depuis des milliers d’années, l’élevage intensif s’est développé après la Seconde Guerre mondiale, alors que la pénurie alimentaire régnait.

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Définition

Élevage intensif :

L’agriculture et l’élevage intensifs visent à rendre une parcelle la plus productive et rentable possible, dans un temps limité.

élevage poules batterie Elevage intensif de poules (dites de batterie)

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À retenir

Pour optimiser les rendements, on augmente le nombre d’animaux sur la parcelle. Il faut également des aliments pour nourrir les animaux. Son objectif étant le rendement maximal, l’agriculture intensive tend donc à l’industrialisation.

A contrario, l’élevage extensif est caractérisé par un nombre d’animaux peu important par hectare. Ce type d’élevage est surtout fondé sur l’utilisation des ressources naturelles disponibles, sans utilisation d’intrants.

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À retenir

Si l’élevage intensif est quantitatif, l’élevage extensif est qualitatif.

En effet, les exploitations extensives sont souvent familiales. Les vaches se nourrissent essentiellement de l’herbe du pâturage, et les fourrages nécessaires en hiver sont cultivés sur l’exploitation. Ce sont les excréments des vaches qui constituent un engrais naturel pour les champs.

  • Ainsi, élevage et agriculture se complètent.

Donc l’élevage extensif permet d’exploiter un milieu sans le détériorer : en cela, il est un mode d’agriculture durable, qui permet le maintien du milieu.

Conclusion :

Les ressources naturelles exploitées par l’Homme pour se nourrir sont nombreuses mais pas éternelles. Si les écosystèmes sont naturels, les agrosystèmes sont en revanche gérés par l’Homme pour répondre à ses besoins. Mais l’importance de la préservation de l’environnement est présente à chaque étape de la production et conditionne la durabilité de l’agriculture et de l’élevage. Il est urgent de prendre soin de ces ressources.