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Marianne

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Second Empire
2 décembre 1851 - 4 septembre 1870
Evénement historique

Contexte

Crédit image : L’Empereur Napoléon III, Franz Xaver Winterhalter, 1855

La révolution de février 1848 renverse la monarchie de Juillet pour instaurer la Seconde République. Après des débuts très progressistes et l’instauration du suffrage universel, le climat devient plus explosif en France, alors que les conservateurs ont repris les rênes du pouvoir.

Louis Napoléon Bonaparte est élu président en décembre 1848, mais les conservateurs lui bloquent la route à l’Assemblée. Le 2 décembre 1851, Louis Napoléon, soutenu par les militaires, fait un coup d’État et débarrasse l’Assemblée de ses ennemis. Il centralise le régime autour de sa personne et rédige une Constitution (1852) qui en fait un souverain absolu, avant de faire accepter par le peuple le début de l’Empire.

Depuis la crise de 1847, le régime politique instable n’a pas pu résoudre les gros problèmes de l’agriculture et de l’industrie : en 1852, tout est donc à reconstruire.

2 décembre 1851 - 4 septembre 1870

Personnages

Louis Napoléon Bonaparte dit Napoléon III

Georges Haussmann

Adolphe Thiers

Émile Ollivier

Déroulement

La Constitution, d’apparence démocratique, consacre un Conseil d’État chargé de rédiger les lois et un Sénat chargé de veiller au respect de la Constitution ; mais toutes ces institutions sont sous l’étroit contrôle de l’empereur, dont dépend la justice.

Jusqu’aux années 1860, Napoléon III instaure donc un régime autoritaire très personnel centralisé autour de sa personne. Le maintien du suffrage universel est savamment contenu par un découpage en circonscriptions qui lui est favorable et la restriction de toute liberté d’expression lui permettant d’emprisonner tout opposant.

En effet, le régime ne fait pas l’unanimité, il rencontre l’opposition des légitimistes, des orléanistes et des libéraux. En 1858, la loi des suspects renforce les pouvoirs de police politique.

Napoléon III s’appuie sur le développement économique et s’entoure de financiers et de saint-simoniens ; le système bancaire se modernise (création du Crédit foncier de France), le réseau ferré se développe, la première grande compagnie transatlantique est créée et, de manière générale, l’industrie repart en même temps qu’apparaît une bourgeoisie composée de notables.

Cette réussite économique permet de lancer dès le début de l’Empire de grands travaux de modernisation des villes, incarnés par la figure du baron Haussmann.

Comme Napoléon Ier, Napoléon III soutient le développement intérieur par des guerres étrangères, essayant notamment de négocier un autre ordre européen que celui du congrès de Vienne. En 1854, la France, forte d’une armée de 200 000 hommes, s’engage contre le tsar aux côtés de l’Angleterre dans la guerre de Crimée (entre la Russie et les Turcs). Après sa victoire, l’Empire a de nouvelles alliances et gagne en influence.

En 1860, la campagne d’Italie crée un grand royaume au nord de l’Italie qui fait reculer l’Empire Austro-hongrois et rend quelques territoires à la France.

Enfin, l’Empire suit une politique d’expansion mondiale, renforçant sa présence en Algérie, au Moyen-Orient, au Sénégal et plus généralement en Afrique mais aussi en Extrême-Orient (Cochinchine, Cambodge) et en Amérique (Mexique).

À partir de 1860, l’Empire, bien installé, se libéralise. Économiquement tout d’abord, à la faveur d’un accord commercial avec l’Angleterre, mais aussi politiquement.

L’Empereur rend progressivement leur rôle aux institutions, et, aux élections de 1863, l’opposition est timidement présente au Sénat.

Dans les années 1860, le mouvement ouvrier se également fait plus revendicateur (la première Internationale ouvrière a lieu à Londres en 1864), de même que l’opposition qui s’est enfin unie derrière le programme des « cinq libertés » de Thiers : libertés individuelles et de la presse, élections libres, droit d’interpeller l’empereur et responsabilité des ministres.

Vers 1868, Napoléon III libéralise en effet le régime en restreignant ses actions de police politique : la presse se fait lentement plus critique.

À partir de 1869, les élections sont plus libres et l’opposition, qui a gagné des voix, se fait même compétition. Le tiers parti d’Émile Ollivier (parti républicain) est majoritaire à la chambre, et Napoléon III se voit contraint d’en faire son ministre.

Il continue le travail de libéralisation mais réprime sévèrement les mouvements ouvriers, dont les dirigeants sont traqués. Le 8 mai 1870, une nouvelle Constitution est validée : elle rend les ministres responsables devant la chambre (une revendication libérale), mais le Sénat perd son pouvoir constituant.

Le pouvoir autoritaire de l’Empereur s’est ainsi peu à peu affaibli avec la libéralisation progressive du régime, mais ce sont des évènements extérieurs qui causeront sa chute : la situation diplomatique entre la France et la Prusse étant en perpétuelle escalade depuis 1860 à propos de l’unification de l’Allemagne, la guerre est déclarée en juillet 1870.

Perdue d’avance, la défaite n’étonne pas Napoléon III qui capitule le 2 septembre 1870, capturé par la Prusse. Deux jours plus tard, à Paris, les républicains proclament la République.

Conséquences

Napoléon III aura considérablement modernisé la France et posé les bases des infrastructures nécessaires à son développement économique.

Très autoritaire, son régime a toutefois permis l’enracinement profond des valeurs démocratiques qui semblent évidentes en 1870. La libéralisation progressive de la dernière décennie permet d’instaurer un régime réfléchi, la IIIe République, d’une longévité exceptionnelle.