Fiche de révision Semaine 7 - Quelle action publique pour l’environnement ?
La construction des questions environnementales comme problème public
Des acteurs multiples qui alertent et mobilisent
- La prise de conscience de l’urgence environnementale s’est construite progressivement depuis les années 1960-1970, sous l’impulsion de nombreux acteurs.
- Les experts et organismes scientifiques (comme le GIEC, créé en 1988) produisent des connaissances et effectuent un cadrage du problème : ils mettent en récit et rendent visibles les enjeux environnementaux.
- Les ONG environnementales jouent un rôle double :
- expertise et sensibilisation (ex. : l’UICN, qui classe les espèces menacées et a forgé le concept de développement durable) ;
- pression médiatique et politique (ex. : Greenpeace, qui dénonce la déforestation ou les énergies fossiles).
- Les mouvements citoyens et lanceurs d’alerte fédèrent l’opinion publique autour de l’urgence climatique.
- Les partis politiques écologistes portent ces enjeux dans le champ électoral.
- Les entreprises peuvent être à la fois sources de pollution et actrices de la transition écologique (innovation verte, économie circulaire).
- Ces acteurs entretiennent des relations de coopération (coalitions d’acteurs, lobbying conjoint) mais aussi de conflit (groupes de pression industriels ou agricoles cherchant à retarder les réglementations).
De la mobilisation à la mise à l’agenda politique
- Un problème environnemental devient un problème public lorsqu’il franchit trois étapes :
- mobilisation $\rightarrow$ des groupes organisés alertent l’opinion publique ;
- médiatisation $\rightarrow$ le problème est relayé et rendu visible dans l’espace médiatique ;
- politisation $\rightarrow$ les partis politiques s’en emparent, parfois pour en tirer un bénéfice électoral.
- La mise à l’agenda politique acte la décision des pouvoirs publics d’intervenir (ex. : interdiction des sacs plastiques à usage unique, votée en 2014, entrée en vigueur en 2016).
- Cette mise à l’agenda peut être ralentie par des groupes de pression (lobbies industriels, agricoles) qui cherchent à protéger leurs intérêts économiques.
L’action publique à différentes échelles
- L’action publique pour l’environnement s’articule à plusieurs échelles, selon le principe de subsidiarité (les décisions doivent être prises à l’échelon le plus pertinent et le plus proche des citoyens) :
- échelle locale $\rightarrow$ les communes et régions identifient mieux les besoins et mobilisent plus facilement les acteurs locaux ;
- échelle nationale $\rightarrow$ l’État fixe les réglementations nationales et organise des politiques sectorielles (ex. : recyclage, normes d’émission) ;
- échelle européenne $\rightarrow$ l’UE intervient lorsque les enjeux dépassent les frontières nationales (ex. : marché européen du carbone, directive sur l’étiquetage des produits dangereux dès 1967, inscription du développement durable dans le droit communautaire avec le traité d’Amsterdam en 1997) ;
- échelle mondiale $\rightarrow$ les grandes négociations climatiques (Sommet de la Terre de Rio en 1992, protocole de Kyoto, accord de Paris) visent à coordonner les efforts des États à l’échelle planétaire.
Les instruments des politiques climatiques
Pourquoi les pouvoirs publics doivent-ils intervenir ?
- La croissance économique génère des externalités négatives sur l’environnement (pollution, émissions de gaz à effet de serre) : les coûts sociaux et environnementaux ne sont pas pris en charge spontanément par le marché.
- Les pouvoirs publics disposent de quatre grands instruments pour y remédier.
Les quatre instruments
- La réglementation consiste à fixer des normes contraignantes (ex. : normes d’émission pour les véhicules, interdiction de certains produits polluants).
- ✅ Simple à mettre en œuvre, applicable à tous
- ❌ Rigide, ne tient pas compte des différences de coûts entre entreprises
- La taxation (ou fiscalité écologique) consiste à taxer les activités polluantes pour en internaliser le coût social dans le coût privé $\rightarrow$ c’est le principe du pollueur-payeur (taxe pigouvienne) (ex. : malus écologique, taxe carbone).
- ✅ Incite les agents à réduire leur pollution
- ❌ Peut peser sur le pouvoir d’achat et être politiquement difficile à accepter
- Le marché de quotas d’émission (ou marché carbone) attribue aux entreprises des permis d’émission échangeables : celles qui polluent moins peuvent vendre leurs quotas excédentaires à celles qui polluent davantage (ex. : SEQE de l’UE).
- ✅ Fixe un plafond global d’émissions tout en laissant de la flexibilité aux entreprises
- ❌ Prix du carbone instable (chute en période de crise), risque de distribution excessive de quotas, effet d’aubaine pour les industries polluantes
- Les subventions à l’innovation verte encouragent le développement de technologies propres (ex. : aides à l’installation de panneaux solaires, primes à la conversion vers des véhicules électriques).
- ✅ Favorise la transition vers de nouveaux modèles économiques
- ❌ Risque d’effet rebond $\rightarrow$ les gains environnementaux liés à l’innovation peuvent être annulés par l’augmentation des usages (ex. : la numérisation n’a pas réduit l’empreinte écologique)
Les obstacles à la coopération internationale
- Le climat est un bien commun mondial : il est à la fois rival (les ressources sont limitées) et non exclusif (on ne peut empêcher personne d’en bénéficier) $\rightarrow$ ce qui conduit à sa surexploitation, phénomène désigné par la tragédie des biens communs (Garrett Hardin).
- Les négociations internationales se heurtent aux stratégies de passager clandestin (free rider, Mancur Olson) : chaque État est tenté de bénéficier des efforts des autres sans en assumer le coût (ex. : retrait des États-Unis du protocole de Kyoto en 2001, puis de l’accord de Paris sous l’administration Trump).
- Les inégalités de développement compliquent aussi la coopération : les pays du Sud refusent souvent de renoncer à un modèle de croissance fondé sur l’exploitation des ressources, au nom de leur droit au développement.
- Une réglementation trop contraignante dans certains pays peut inciter les entreprises à se délocaliser vers des pays aux normes moins exigeantes : c’est le dumping environnemental.
Ce qu’il faut maîtriser pour le bac
- Identifier les acteurs (experts, ONG, mouvements citoyens, entreprises, partis, pouvoirs publics) et leurs relations de coopération et de conflit.
- Expliquer la mise à l’agenda politique : mobilisation $\rightarrow$ médiatisation $\rightarrow$ politisation.
- Articuler les différentes échelles de l’action publique environnementale (locale, nationale, européenne, mondiale).
- Connaître et comparer les quatre instruments des politiques climatiques : avantages, limites, exemples.
- Définir et illustrer : bien commun, tragédie des biens communs, passager clandestin, effet rebond, dumping environnemental, principe du pollueur-payeur, taxe pigouvienne.
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Consulte les cours :
- Coopération et conflit dans la conduite de l’action publique pour l’environnement
- Les principaux instruments des politiques climatiques
Tu peux aussi consulter les ressources suivantes :
- Définition : agenda politique
- Définition : politique publique
- Définition : bien communs