Fiche de révision Semaine 5 - Comportements, mouvement et système nerveux
Problématique :
Comment le système nerveux permet-il de coordonner les comportements moteurs, volontaires ou réflexes, et en quoi est-il un organe fragile ?
Organisation du système nerveux
- Le système nerveux est une machinerie de communication complexe permettant de recevoir, traiter et transmettre des informations pour coordonner les fonctions de l’organisme.
Les deux grandes divisions
- Système nerveux central (SNC) = l’encéphale (cerveau, cervelet, tronc cérébral) + la moelle épinière $\rightarrow$ centre d’intégration et de traitement des informations.
- Système nerveux périphérique (SNP) = l’ensemble des nerfs reliant le SNC aux organes $\rightarrow$ transmet les informations vers et depuis le SNC.
Les cellules du système nerveux
- Les neurones
- Cellules hautement spécialisées dans la communication.
- Constitués de trois parties :
- le corps cellulaire contient le noyau ;
- l’axone conduit le signal du corps cellulaire vers les terminaisons synaptiques ;
- les dendrites conduisent le signal depuis les synapses vers le corps cellulaire.
- Il existe différents types de neurones :
- les neurones sensitifs transmettent les informations des organes sensoriels vers le SNC ;
- les motoneurones transmettent les commandes motrices du SNC vers les muscles ;
- les interneurones assurent les connexions au sein du SNC.
- Les cellules gliales
- Elles représentent 90 % du tissu nerveux central.
- Elles assurent la cohésion, le soutien et la nutrition des neurones.
- Les cellules de Schwann entourent les axones d’une gaine de myéline qui accélère la conduction du message nerveux.
Le message nerveux
- Le message nerveux est un signal électrique codé en fréquence, transmis le long des neurones puis converti en signal chimique au niveau des synapses.
Le potentiel d’action
- Au repos, la membrane du neurone présente une différence de potentiel : c’est le potentiel de repos (entre $-60\text{mV}$ et $-70\text{mV}$).
- Un stimulus suffisamment intense (dépassant le seuil) déclenche une dépolarisation brutale : c’est le potentiel d’action.
- Le message nerveux est codé en fréquence de potentiels d’action : plus le stimulus est intense, plus la fréquence est élevée.
- En dessous du seuil, il n’y a pas de potentiel d’action : c’est la loi du tout ou rien.
La sommation
- Si plusieurs stimuli ont lieu simultanément ou en succession rapide, leurs effets peuvent s’additionner :
- sommation temporelle = stimuli répétés au même endroit dans un court laps de temps ;
- sommation spatiale = stimuli proches appliqués simultanément.
- La sommation permet d’atteindre le seuil et de déclencher un potentiel d’action plus facilement.
La synapse et la transmission chimique
- Synapse = zone de communication entre deux neurones, ou entre un neurone et une cellule effectrice (ex. : cellule musculaire).
- La transmission synaptique se déroule en plusieurs étapes :
- Le potentiel d’action arrive à la terminaison présynaptique $\rightarrow$ entrée d’ions $\text{Ca}^{2+}$
- Les neurotransmetteurs (ex. : acétylcholine, dopamine) sont libérés dans l’espace synaptique
- Ils se fixent sur les récepteurs de la membrane postsynaptique
- Cette fixation provoque une dépolarisation $\rightarrow$ nouveau potentiel d’action, ou contraction musculaire
- La fréquence des potentiels d’action est convertie en quantité de neurotransmetteurs libérés.
Le réflexe myotatique
- Le réflexe myotatique est une réponse motrice involontaire, rapide et stéréotypée, dont le centre d’intégration est la moelle épinière.
Définition et caractéristiques
- Réflexe = réponse motrice involontaire, rapide et identique quel que soit l’individu.
- Il ne nécessite pas l’intervention du cerveau : son centre d’intégration est la moelle épinière.
- Le réflexe myotatique est déclenché par l’étirement d’un muscle $\rightarrow$ il provoque la contraction de ce même muscle.
- Exemple classique : le réflexe rotulien (coup sur le tendon rotulien $\rightarrow$ extension de la jambe).
L’arc réflexe
- Le message nerveux suit un trajet précis appelé arc réflexe :
- Récepteur : le fuseau neuromusculaire, situé dans le muscle, détecte l’étirement et génère un message nerveux sensitif
- Voie afférente : le message est transmis au SNC via un neurone sensitif
- Centre d’intégration : la moelle épinière traite l’information et génère une réponse
- Voie efférente : le message moteur est transmis via un motoneurone
- Effecteur : le muscle se contracte en réponse
Rôle des muscles antagonistes
- Pour qu’un mouvement soit possible, il faut non seulement la contraction du muscle agoniste, mais aussi l’inhibition du muscle antagoniste (qui réalise le mouvement inverse).
- Sans cette inhibition, les forces des deux groupes musculaires se compenseraient et aucun mouvement ne serait possible.
- Le réflexe myotatique joue un rôle essentiel dans le maintien de la posture.
Le mouvement volontaire
- Le mouvement volontaire est initié par les aires motrices du cortex cérébral et ajusté en permanence par le cervelet.
Les aires corticales
- Le cortex cérébral est organisé en aires corticales spécialisées :
- les aires motrices commandent les mouvements volontaires ;
- les aires sensorielles reçoivent et interprètent les informations sensorielles ;
- les aires associatives intègrent les informations pour des tâches complexes (langage, mémoire, décision…).
- Chaque région du corps est représentée dans une zone précise de l’aire motrice (organisation somatotopique).
- L’aire motrice gauche contrôle le côté droit du corps, et inversement (organisation croisée).
Le rôle du cervelet
- Le cervelet reçoit en permanence des informations sur l’état du système musculaire.
- Il compare la commande motrice avec le résultat obtenu et ajuste la commande si nécessaire.
- Il participe également au contrôle de la posture, de l’équilibre et à la programmation des mouvements.
Du cortex au muscle
- Les commandes motrices descendent des aires corticales vers la moelle épinière via les nerfs rachidiens, puis sont envoyées aux muscles via les motoneurones.
- Unité motrice = un motoneurone + les fibres musculaires qu’il innerve.
- Peu de fibres musculaires par motoneurone $\rightarrow$ mouvement précis ; beaucoup de fibres $\rightarrow$ mouvement puissant.
Fragilité du système nerveux et substances exogènes
- Le système nerveux peut être altéré par des maladies, des traumatismes ou des substances exogènes perturbant la transmission synaptique.
Atteintes du système nerveux
Cause |
Exemple |
Conséquences |
Infection |
Méningite (bactérienne) |
Inflammation des méninges, troubles neurologiques graves, risque de coma |
Accident vasculaire |
AVC |
Hémiplégie, troubles du langage, de la mémoire |
Dégénérescence |
Alzheimer, Parkinson |
Perte progressive de fonctions, perte d’autonomie |
Traumatisme |
Lésion médullaire |
Paralysie (mais réflexes souvent conservés |
Effets des substances exogènes
- Certaines substances exogènes (alcool, drogues, médicaments) perturbent la transmission synaptique en interférant avec les récepteurs postsynaptiques :
- une substance agoniste se fixe sur les récepteurs et imite l’effet du neurotransmetteur naturel $\rightarrow$ suractivation de la synapse ;
- une substance antagoniste se fixe sur les récepteurs et bloque l’action du neurotransmetteur naturel $\rightarrow$ inhibition de la synapse ;
- Exemple : certaines drogues augmentent massivement la libération de dopamine $\rightarrow$ activation artificielle du circuit de la récompense.
Circuit de la récompense et addiction
- Le circuit de la récompense est un ensemble de structures cérébrales générant une sensation de plaisir lors d’actions bénéfiques (alimentation, exercice…).
- Les substances exogènes peuvent détourner ce circuit en provoquant une libération excessive et artificielle de dopamine.
- Une consommation répétée entraîne :
- une accoutumance = l’effet de la substance diminue $\rightarrow$ nécessité d’augmenter les doses ;
- une addiction = dépendance physique et/ou psychologique à la substance.
Plasticité cérébrale
- Le cerveau est un organe dynamique, capable de se remodeler en permanence en réponse aux expériences et aux lésions.
Définition
- La plasticité cérébrale désigne la capacité du cerveau à modifier ses connexions synaptiques en fonction des expériences, de l’apprentissage ou de lésions.
- Elle est particulièrement active au niveau de l’hippocampe (mémoire et apprentissage).
Plasticité et apprentissage
- L’entraînement répété à une tâche renforce les connexions synaptiques impliquées $\rightarrow$ transmission plus rapide et plus efficace.
- À l’inverse, des connexions non utilisées peuvent être éliminées.
- C’est le fondement neurobiologique de l’apprentissage et de la mémorisation.
Plasticité et réparation
- Après une lésion, le cerveau peut réorganiser ses connexions ** pour compenser partiellement les fonctions perdues.
- Les recherches actuelles explorent des pistes thérapeutiques : **thérapies cellulaires (greffes de cellules souches) et thérapies géniques pour restaurer les neurones lésés.
Pour le bac
☝️ À retenir
- Le message nerveux est codé en fréquence de potentiels d’action.
- Un réflexe ne passe pas par le cerveau : son centre d’intégration est la moelle épinière.
- Le fuseau neuromusculaire est le récepteur sensoriel du réflexe myotatique : il détecte l’étirement musculaire.
- Le cervelet ajuste le mouvement volontaire mais ne l’initie pas.
- L’aire motrice gauche contrôle le côté droit du corps (et inversement).
- Les substances exogènes perturbent la synapse en se comportant en agonistes ou antagonistes des neurotransmetteurs.
- La plasticité cérébrale est le fondement biologique de l’apprentissage.
☝️ Mots-clés
système nerveux central – système nerveux périphérique – neurone – motoneurone – neurone sensitif – aires corticales – potentiel d’action – sommation – synapse – neurotransmetteur – acétylcholine – dopamine – unité motrice – nerf rachidien – fuseau neuromusculaire – réflexe myotatique – arc réflexe – muscles antagonistes – mouvement volontaire – cervelet – méningite – AVC – maladie d’Alzheimer – maladie de Parkinson – substances exogènes – agoniste – antagoniste – circuit de la récompense – accoutumance – addiction – plasticité cérébrale
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- Schéma bilan : Un neurone
- Schéma bilan : La moelle épinière
- Schéma bilan : Le réflexe myotatique