Fiche de révision Semaine 4 - Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?
L’intégration européenne : marché unique et zone euro
Le processus d’intégration économique
- L’intégration européenne suit le modèle de Béla Balassa (1961), qui distingue 5 étapes progressives :
1. Zone de libre-échange |
Suppression des droits de douane entre les membres (traité de Rome, 1957) |
2. Union douanière |
Tarif douanier commun vis-à-vis des pays tiers (1968) |
3. Marché commun |
Libre circulation des biens, services, capitaux et personnes (Acte unique, 1986) |
4. Union monétaire |
Monnaie unique, BCE (traité de Maastricht, 1992 $\rightarrow$ euro en 2002) |
5. Union politique |
Intégration politique (inachevée, traité de Lisbonne, 2007) |
Les effets du marché unique sur la croissance
- Le marché unique stimule la croissance par plusieurs mécanismes :
- libre circulation $\rightarrow$ réduction des coûts d’échange ;
- élargissement du marché $\rightarrow$ économies d’échelle pour les entreprises ;
- intensification de la concurrence $\rightarrow$ gains de productivité et baisse des prix ;
- monnaie unique $\rightarrow$ suppression du risque de change, réduction des coûts de transaction.
⚠️ Ces effets sont asymétriques : tous les pays ne bénéficient pas de l’intégration au même rythme (délocalisations, concurrence fiscale et sociale).
Les effets du marché unique sur la concurrence
- Conduite par la Commission européenne, la politique européenne de la concurrence vise à garantir un marché équitable au sein de l’UE en luttant contre :
- les ententes entre entreprises (fixation de prix, partage de marchés) ;
- les abus de position dominante : prix prédateurs, ventes liées, remises de fidélité exclusives (ex. : sanction de Google pour abus de position dominante $\rightarrow$ amende de 2,4 milliards d’euros en 2017). ;
- les aides d’État qui faussent la concurrence ;
- les fusions-acquisitions susceptibles de créer des monopoles.
- Limite = dumping fiscal : certains États pratiquent une fiscalité très basse pour attirer les entreprises (Irlande, Luxembourg) $\rightarrow$ concurrence entre États que la politique de la concurrence ne parvient pas à enrayer, au risque d’un nivellement par le bas des fiscalités nationales.
Gérer la politique économique à l’échelle de l’UE
Les politiques conjoncturelles dans la zone euro
- La politique monétaire : le rôle de la BCE
- La politique monétaire est confiée à la BCE (Francfort), qui l’exerce de façon indépendante et unique pour toute la zone euro.
- Objectif principal = stabilité des prix (inflation ≈ 2 %)
- Instruments :
- taux directeur : influence le coût du crédit des banques commerciales ;
- réserves obligatoires : fraction des dépôts bloquée à la BCE $\rightarrow$ régule la création monétaire ;
- open market : achat/vente de titres financiers sur le marché interbancaire ;
- politiques non conventionnelles : rachat massif de dettes ou injection de liquidités (ex. : quantitative easing).
- La politique budgétaire : du ressort des États membres
- Chaque État conserve la souveraineté sur sa politique budgétaire, mais elle est contrainte par les traités.
- Le Pacte de stabilité et de croissance (PSC, 1997) impose :
- déficit public ≤ 3 % du PIB ;
- dette publique ≤ 60 % du PIB.
⚠️ Ces règles limitent les marges de manœuvre pour relancer l’économie en période de crise : lors de la crise Covid-19, la Commission a temporairement suspendu ces contraintes.
Les difficultés de coordination des politiques économiques
- Un policy mix déséquilibré
- Policy mix : articulation entre politique monétaire et politique budgétaire.
- Dans la zone euro, il est structurellement difficile à coordonner :
- politique monétaire centralisée (BCE, objectif unique) ;
- politiques budgétaires décentralisées mais contraintes par le PSC.
- Il n’existe pas de véritable gouvernement économique européen capable d’arbitrer entre ces deux dimensions.
- Le problème des chocs asymétriques
- Choc asymétrique : choc économique qui affecte différemment les pays membres de la zone euro.
- Ce problème est difficile à gérer car :
- la BCE ne peut mener qu’une seule politique monétaire pour tous ;
- les États ne peuvent plus dévaluer leur monnaie ;
- les marges budgétaires sont limitées par le PSC.
- Exemple : Lors de la crise de 2008-2010, la Grèce, l’Espagne et l’Italie ont été bien plus touchées que l’Allemagne, malgré une politique monétaire identique pour tous.
- L’hétérogénéité des économies européennes (niveaux de dette, de croissance, d’inflation très différents) rend d’autant plus difficile toute réponse commune aux crises.
Ce qu’il faut maîtriser pour le bac
- Notions incontournables :
- marché unique, zone euro, monnaie unique ;
- modèle de Béla Balassa (5 étapes d’intégration) ;
- politique monétaire / politique budgétaire / policy mix ;
- BCE, taux directeur, quantitative easing ;
- pacte de stabilité et de croissance (PSC) ;
- choc asymétrique, dumping fiscal, abus de position dominante.
- Mécanismes à maîtriser :
- expliquer comment le marché unique stimule la croissance ;
- montrer comment la BCE agit sur la conjoncture via ses instruments ;
- expliquer pourquoi la politique budgétaire est contrainte dans la zone euro ;
- comprendre pourquoi les chocs asymétriques posent problème dans une union monétaire.
- Arguments à mobiliser :
- l’intégration européenne produit des effets positifs sur la croissance, mais de façon asymétrique ;
- la politique de la concurrence protège les consommateurs mais ne règle pas tout (dumping fiscal) ;
- le policy mix européen est déséquilibré : une seule politique monétaire pour des économies très hétérogènes ;
- l’absence de gouvernement économique européen limite l’efficacité des politiques conjoncturelles.
Besoin de plus de détails ?
Consulte les cours :
- Le processus d’intégration européenne
- La gestion de la politique économique européenne : une coordination difficile
Tu peux aussi consulter les ressources suivantes :
- Définitions : politique monétaire + politique budgétaire → policy mix
- Définition : Union économique et monétaire
- Définition : politique de la concurrence
- Définition : abus de position dominante