Corrigé Bac Sujet bac – annale géopolitique – 2025 jour 1 – Amérique du Nord – corrigé – dissertation 2
Sujet bac : annale – Amérique du Nord jour 1 – 2025
SESSION 2025 – Amérique du Nord – jour 1
HISTOIRE-GÉOGRAPHIE, GÉOPOLITIQUE et SCIENCES POLITIQUES
Durée de l’épreuve : 4 heures
L’usage de la calculatrice et du dictionnaire n’est pas autorisé.
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Dissertation 2 Sujet – La question environnementale aux États-Unis, une préoccupation ancienne et actuelle. |
L’épreuve dure 4 heures au total, c’est-à-dire en cumulant la dissertation et l’étude critique de documents. Il faut donc veiller à bien répartir son temps pour traiter les deux parties du sujet dans le temps total imparti.
Introduction :
Le sujet précise un cadre spatial clair : les États-Unis. Il faut donc analyser la position de cet État vis-à-vis de la question environnementale, et ce dans un cadre temporel plus large, comme l’indique l’expression « une préoccupation ancienne et actuelle ». Il est donc intéressant de prendre pour point de départ l’émergence de cette question aux États-Unis dès le XIXe siècle.
En 1872, alors même que la conquête de l’Ouest n’était pas achevée, le président des États-Unis de l’époque, Ulysses Sherman Grant, créait le premier parc national au monde à Yellowstone.
Soyez précis dans votre accroche, afin non seulement de susciter l’intérêt de votre correcteur dès les premières lignes de votre devoir, mais également de démontrer que vous maîtrisez le cours.
La création de ce parc témoigne de la préoccupation ancienne des États-Unis pour la question environnementale. Néanmoins, si cette dernière est toujours d’actualité, la préservation de l’environnement a été et demeure source de tensions et de contrastes dans la société américaine. À partir des années 1970, les États-Unis ont joué un rôle moteur pour faire de la protection de l’environnement une cause mondiale. Paradoxalement, ils ont souvent freiné la coopération internationale dans ce domaine pour ne pas remettre en cause les fondements de leur modèle de développement économique productiviste et capitaliste.
Par conséquent, nous pouvons nous demander quelle place occupe la question environnementale aux États-Unis ?
Nous verrons dans un premier temps que le pays a joué un rôle pionnier dans la préservation de l’environnement, avant de nous intéresser à la question environnementale comme point de clivage de la société américaine depuis les années 1970.
L’intitulé du sujet fait mention du passé et du présent. Un plan chronologique est donc particulièrement adapté.
Pour vous aider à visualiser le corrigé, nous allons mettre des titres aux différentes parties. Vous ne devez bien sûr pas les écrire sur votre copie le jour de l’épreuve, mais vous pouvez les noter sur votre brouillon pour vous aider à structurer vos idées (travail sur le plan détaillé de votre rédaction).
Une volonté ancienne de préserver l’environnement
Une volonté ancienne de préserver l’environnement
Au XIXe siècle, la colonisation de l’immense territoire des États-Unis s’achève. Pour mettre en valeur ce territoire, qu’ils considèrent comme une terre promise, les pionniers s’emploient à maîtriser une nature sauvage. Les riches ressources du pays sont exploitées, qu’il s’agisse des ressources minérales, comme lors de la ruée vers l’or en Californie, ou de la mise en valeur par l’agriculture des sols fertiles des grandes plaines. Dès l’origine, la puissance économique des États-Unis a donc reposée sur la surexploitation de leur immense territoire dans le cadre d’une économie extractiviste. Cette surexploitation a de lourdes conséquences sur la faune et la flore (ex. : extermination des bisons dans les grandes plaines, déforestation massive), et plus largement sur la bonne santé des écosystèmes (ex. : pollution des cours d’eau en lien avec les activités d’orpaillage, d’extraction minière et d’exploitation du pétrole). À la même époque, le gouvernement fédéral va alors exprimer la volonté de préserver une partie des espaces naturels de l’Ouest, jusqu’alors uniquement peuplés par de rares tribus amérindiennes qui n’y avaient imprimé qu’une légère empreinte.
En créant le parc naturel (un espace préservé dans lequel la nature doit demeurer intacte) de Yellowstone, gigantesque sanctuaire à cheval sur trois États, qui recèle une faune, une flore et des paysages uniques (en particulier des geysers et des sources d’eau soufrée), les États-Unis deviennent pionniers sur la question environnementale. Ce parc, dont la création est d’autant mieux acceptée par l’opinion américaine qu’il attire des milliers de touristes chaque année, et ce dès sa création grâce au chemin de fer, servira par la suite de modèle à la création de 51 autres parcs nationaux sur l’ensemble du territoire américain. Néanmoins, il est important de souligner que l’objectif du gouvernement n’est pas tant la préservation de l’environnement en elle-même, mais bien la préservation des ressources naturelles qui font la richesse économique des États-Unis. La visée économique prime sur les considérations écologiques. Cela dit, la question environnementale progresse malgré tout dans l’opinion publique et, en 1892, à San Francisco, est fondé le Sierra Club, première organisation de protection de l’environnement qui témoigne de l’importance de l’initiative citoyenne dans la préservation de l’environnement.
Les États-Unis apparaissent également comme des pionniers en matière de protection environnementale à l’échelle nationale. En effet, en 1970, les scientifiques américains vont être à l’origine de l’adoption par le gouvernement fédéral des États-Unis du National Environmental Protection Act, premier code de protection de l'environnement au monde. Au-delà du cadre national, le gouvernement fédéral, les associations et les scientifiques américains vont jouer un rôle moteur dans l’internationalisation de la question environnementale. Néanmoins, à partir des années 1970, cette question va devenir clivante au sein de la société américaine.
Ne négligez pas vos transitions, même dans le cadre d’un plan chronologique, où celle-ci peut sembler moins essentielle. Elles mettent en avant la fluidité de votre démonstration et apportent une valeur ajoutée importante à votre travail.
La question environnementale : un point de clivage de la société américaine depuis les années 1970
La question environnementale : un point de clivage de la société américaine depuis les années 1970
À partir des années 1970, les scientifiques américains jouent un rôle moteur dans la sensibilisation de l’opinion publique internationale à la crise climatique et environnementale. À cette époque, la diplomatie des États-Unis joue un rôle pionnier pour développer la coopération internationale en matière de protection de l’environnement. Cette dynamique aboutit à la réunion du premier Sommet de la Terre, à Stockholm, en 1972. Néanmoins, le soutien des États-Unis aux efforts de protection de l’environnement se heurtent à leur refus de remettre en cause leur modèle de développement productiviste extractiviste et, plus généralement, leurs intérêts économiques.
Progressivement, et notamment sous la pression des lobbies pétroliers, la question environnementale va devenir clivante au sein de la société américaine et les alternances au pouvoir entre républicains (généralement hostiles à tout objectif environnemental international contraignant) et démocrates vont avoir de fortes répercussions sur la coopération internationale en matière climatique et environnementale. C’est ainsi qu’en 1997, les États-Unis ne ratifient pas le protocole de Kyoto qui visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire, craignant des répercussions néfastes sur leur industrie. En 2015, l’administration Obama a engagé le pays dans les accords de Paris, qui visaient à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici la fin du XXIe siècle. Néanmoins, l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis l’année suivante a entraîné le retrait des États-Unis de cet accord. Sous l’impulsion de ce nouveau président climato-sceptique, les États-Unis deviennent le premier producteur mondial de pétrole et de gaz naturel au monde notamment grâce à l’exploitation des sables bitumeux. En 2020, l’arrivée au pouvoir du président Biden, donc l’alternance, modifia à nouveau la trajectoire environnementale de la première puissance économique du monde. L’année suivante, le président américain promulgua sa loi sur les investissements et les emplois dans les infrastructures et leur nécessaire adaptation au changement climatique. Cependant, la réélection de Donald Trump en 2024 sur la promesse d’augmenter encore les autorisations de forage accordées aux entreprises pétrolières et gazières américaines, montre bien les réticences du gouvernement américain à s’engager pleinement dans la coopération internationale sur la question environnementale.
Cette politique climato-sceptique suscite d’ailleurs l’opposition d’une partie de l’opinion publique aux États-Unis.
Si le sujet semble interroger avant tout les initiatives de l’État fédéral en matière environnementale, il est intéressant de mentionner les autres acteurs impliqués dans cette question (sans trop vous étendre puisque vous disposez de peu de temps pour rédiger votre réponse).
Or, les ONG, les métropoles et les États fédérés jouent un rôle majeur dans la protection de l’environnement, que ce soit à l’échelle locale, nationale ou internationale. Leur action vient donc tempérer les décisions du pouvoir fédéral. Par exemple, à la suite du retrait des États-Unis des accords de Paris, de nombreux États américains, comme la Californie, ont publiquement annoncé qu’ils poursuivraient leurs efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et préserver l’environnement.
Conclusion :
La question environnementale est une préoccupation ancienne aux États-Unis puisqu’elle remonte à l’époque de la fin de la conquête de l’Ouest. Paradoxalement, si les États-Unis ont joué un rôle pionnier dans la protection environnementale à l’échelle nationale, mais également, depuis 1970, au niveau international, la question environnementale est devenue clivante au sein de la société américaine. En effet, la puissance économique des États-Unis dépend de leur modèle économique capitaliste extractiviste, c’est-à-dire de la surexploitation des ressources naturelles de leur territoire. Il s’agit d’ailleurs d’une des raisons pour lesquelles Donald Trump fomente le projet de prendre le contrôle du Groenland, dont le sol et les fonds marins recèlent de nombreuses ressources minérales et énergétiques.