Corrigé Bac Semaine 5 - Comportements, mouvement et système nerveux

  • Consigne : Réalisez l’exercice 1 présenté sur le sujet bac avant de consulter le corrigé proposé ci-dessous.

EXERCICE 1 : Les conséquences d’une lésion cérébrale

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Astuce

Pour répondre à un exercice de type 1 au bac de SVT, il ne faut pas se lancer directement dans la rédaction.
Les premières minutes sont essentielles pour bien cerner le sujet, c’est-à-dire identifier les notions à développer et les notions à laisser de côté pour éviter le hors-sujet.
Ici, l’élément clé est la perturbation du mouvement volontaire de la main gauche à la suite d’une lésion cérébrale. Il « suffit » d’expliquer (argumenter par des connaissances, des résultats d’expérience, etc.) comment :

  • une lésion cérébrale peut affecter un mouvement volontaire ciblé,
  • et les raisons d’une certaine récupération suite à de la rééducation. Le plan en deux parties s’impose donc.

Introduction :

Accident de la route, accident vasculaire cérébral (AVC), infection, tumeurs… les causes d’une lésion cérébrale sont multiples et les conséquences peuvent être toutes aussi dévastatrices qu’imprévisibles. Parmi elles, une paralysie de certaines régions, comme de la main gauche, est possible. Cependant, selon l’importance de la lésion, du délai de prise en charge, ou encore de l’âge du patient, une certaine récupération est possible.
Ainsi, dans ce travail, nous commencerons par expliquer comment une lésion cérébrale peut provoquer une paralysie de la main gauche, puis nous évoquerons la notion importante de plasticité cérébrale qui expliquera comment une certaine récupération est possible.

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Astuce

Une introduction doit débuter par une phase de contextualisation : amener progressivement la réflexion sur le sujet. Ici, on commence par rappeler les origines possibles d’une lésion cérébrale et ses conséquences, comme la paralysie de la main gauche.
On termine par une annonce de la démarche que nous allons suivre :

  • Explication de la motricité volontaire au travers de sa perte à la suite d’une lésion cérébrale ;
  • Explication de la notion de plasticité cérébrale permettant une certaine récupération.

Une lésion cérébrale à l’origine de la perte de motricité volontaire

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Attention

Pour vous aider à visualiser le corrigé, nous allons mettre des titres aux parties du développement : il n’est pas obligatoire de les écrire sur votre copie le jour de l’épreuve, mais vous pouvez les noter sur votre brouillon pour vous aider à structurer vos idées (travail sur le plan de votre paragraphe argumenté).

Il existe différents types de mouvements, comme les mouvements réflexes et volontaires, qui se distinguent par les structures nerveuses mobilisées. Des expériences de section de la moelle épinière à différents niveaux montrent que l’animal perd sa motricité volontaire mais conserve, selon le niveau de section, certains réflexes, comme les réflexes myotatiques. Ceci indique que les mouvements volontaires mobilisent le cerveau (puisque la section abolit la relation entre cerveau et moelle épinière).

Le cerveau est organisé en différentes zones fonctionnelles et contrôle toutes les fonctions du corps. Pour identifier la fonction commandée par les différentes zones du cerveau, il est possible d’utiliser la technique d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, ou « IRMf ». Il s’agit de demander à un sujet d’effectuer une tâche précise (comme de bouger une main) et d’observer l’augmentation d’activité associée dans certaines zones du cerveau.

Lorsque le sujet effectue un mouvement volontaire de la main gauche, on observe une activation spécifique de certaines aires corticales, en particulier de l’aire motrice située dans l’hémisphère droit du cerveau. Voici ce qu’on observerait :

cerveau image hémisphère droit

Cela met en évidence un contrôle moteur dit controlatéral : chaque hémisphère cérébral commande la motricité volontaire du côté opposé du corps. On peut ainsi supposer qu’une lésion affectant l’aire motrice droite aurait des conséquences sur la motricité volontaire de la main gauche.

Lors d’un mouvement volontaire, l’activation de l’aire motrice entraîne l’émission de messages nerveux moteurs. Ces messages descendent dans la moelle épinière, puis empruntent les nerfs moteurs. Le motoneurone, stimulé par des neurotransmetteurs comme l’acétylcholine, génère un message nerveux moteur excitateur qui quitte la moelle épinière par la racine ventrale du nerf rachidien. Ce message atteint ensuite les fibres musculaires au niveau de la jonction neuromusculaire, provoquant la contraction musculaire volontaire.

transmission message nerveux svt terminale

On comprend bien alors qu’une lésion cérébrale qui toucherait la partie de l’aire motrice commandant la main gauche (donc aire motrice droite) abolit toute cette succession d’évènements qui aboutissent au niveau des fibres musculaires de la main gauche. Une lésion du cortex droit empêche donc l’émission ou la transmission des messages moteurs vers la main gauche. Selon l’importance de la lésion, la paralysie peut être partielle ou totale. Jusqu’à il y a quelques décennies, il était admis que ces paralysies liées à des lésions cérébrales étaient irréversibles et les patients ne bénéficiaient donc d’aucune rééducation particulière.
Cependant, il a été observé que, dans certains cas de paralysie, une récupération partielle est possible grâce à une rééducation adaptée. En effet, le système nerveux est capable, jusqu’à un certain point, de récupérer certaines fonctions grâce à une propriété appelée plasticité cérébrale que nous allons développer dans la seconde partie.

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Astuce

Une transition ne se résume pas à annoncer la fin d’une partie et le début d’une autre ; la transition doit justifier la nécessité d’avoir recours à cette nouvelle partie.
Ici, nous mettons l’accent sur le fait que les pertes physiologiques ne sont pas irrémédiables et que les structures cérébrales peuvent faire preuve d’une faculté de récupération.

La plasticité cérébrale comme espoir d’une récupération de la motricité volontaire

La notion de plasticité cérébrale, pourtant à l’œuvre dans tout phénomène d’apprentissage, n’a été découverte que récemment. Le terme de plasticité fait référence à une capacité de « déformabilité » des structures cérébrales en fonction des stimulations reçues. Le système nerveux possède donc une capacité d’adaptation sous la forme d’une réorganisation fonctionnelle des connexions synaptiques entre neurones.
Les zones proches de la lésion cérébrale commandant la main gauche peuvent prendre le relais jusqu’à un certain point. Ce mécanisme de plasticité s’effectue par un renforcement de connexions existantes ou la création de nouvelles connexions entre neurones.
Seulement, ces modifications de connexions ne sont pas spontanées et ne sont déclenchées que si des stimulations fréquentes sont réalisées grâce à une rééducation assidue.

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Attention

Ne pas oublier de répondre véritablement à la question à la fin de votre développement !

plasticité cérébrale svt terminale

Malheureusement, cette faculté n’est pas la même à tout âge. Il a été observé, notamment lors des apprentissages, que la plasticité cérébrale a une efficacité maximale durant l’enfance et décroît régulièrement à partir de l’âge adulte. De plus, l’importance de la récupération après une lésion cérébrale dépend aussi de l’ampleur de la lésion.

Conclusion :

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Astuce

Une conclusion n’est pas un simple récapitulatif des différentes parties traitées : elle doit répondre clairement au sujet et terminer si possible par une ouverture qui montre au correcteur sa maîtrise du sujet dans toutes ses dimensions.

Pour conclure, nous avons donc montré que la paralysie de la main gauche peut s’expliquer par une lésion cérébrale de l’aire motrice droite dans la zone spécialisée dans la commande de la motricité volontaire de la main gauche. Cette zone, étant à l’origine de la commande initiale de la motricité volontaire, ne pourra ainsi plus générer de messages nerveux moteurs dont le circuit passe par la moelle épinière, un nerf rachidien jusqu’aux fibres musculaires de la main gauche.
Cependant, malgré la paralysie observée, une certaine récupération est possible si une rééducation assidue est réalisée. Cette rééducation ne peut avoir un effet que grâce à la propriété de plasticité cérébrale dont le support anatomique est la réorganisation des connexions synaptiques entre neurones en fonction de leur stimulation.
La découverte de la plasticité cérébrale a profondément modifié les approches de la rééducation pour l’ensemble des fonctions cérébrales, notamment chez les patients touchés par des AVC.

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