« Les carnets de Mladic confirment à quel point la guerre était pilotée de Belgrade. Le général, officiellement “Bosno-serbe”, n’était que l’homme de l’armée de Serbie en Bosnie. Lors des réunions belgradoises, les hommes-clés sont Slobodan Milosevic, le chef d’état-major de l’armée, le général Momcilo Perisic, et le chef des services secrets, Jovica Stanisic, qui dirigeait, avec Franchi Simatovic, les opérations spéciales et les unités paramilitaires.
Selon l’époque, lorsque Milosevic est président de Serbie, viennent parfois aux réunions les présidents yougoslaves Dobrica Cosic puis Zoran Lilic. Le patriarche Pavle, de l’Eglise orthodoxe serbe, est très régulièrement présent.
Les hommes de Belgrade, auxquels se joignent Mladic et ses généraux, ainsi que Karadzic et la direction politique bosno-serbe de Pale (Momcilo Krajisnik, Nikola Koljevic, Biljana Plavsic, Aleksa Buha), décident de la stratégie politique et militaire. L’objectif est de séparer les Serbes des Bosniaques musulmans et des Croates, de diviser ethniquement la Bosnie-Herzégovine, d’avoir “un État sans ennemis intérieurs”, comme dit Karadzic. Tout au long de la guerre, au cours de laquelle l’armée serbe va contrôler jusqu’à 70 % de la Bosnie (avant d’en obtenir 49 % lors de l’accord de paix de Dayton), on sent l’obsession de Mladic de “définir des frontières”. »
Quels sont les camps qui s’affrontent lors de la guerre de Yougoslavie ?