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De la guerre froide à de nouvelles conflictualités

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Introduction :

Le monde occidental a vu arriver la fin de la guerre froide avec une immense joie et un grand soulagement. La course aux armements et au nucléaire était paralysante pour la planète entière. Une fois le mur de Berlin tombé, un monde nouveau s’ouvre, sur des bases positives. La fin du monde communiste est perçue comme la fin d’une idéologie faisant obstacle aux droits de l’Homme. L’apartheid prend fin en Afrique du Sud, l’avenir s’annonce alors prometteur pour tous ceux qui ont vécu dans ce monde bipolaire. Une nouvelle donne semble être mise en place dans les relations internationales. Certains ont parlé trop rapidement de « la fin de l’histoire » !

Nous verrons dans ce cours que de la fin de la guerre froide n’a pas forcément découlé un monde idyllique. De nouveaux conflits sont apparus, sans pour autant que la communauté internationale soit plus efficace pour les combattre.

Les années 1990, entre conflits et multilatéralisme

La première guerre du Golfe

La fin de la guerre froide en 1991 permet à l’ONU de jouer un rôle nouveau sur la scène internationale. Le multilatéralisme se met en place, c’est-à-dire la volonté d’une coopération entre l’ONU et un maximum d’États pour régler les problèmes majeurs de la planète.

Le 2 août 1990, l’Iraq de Saddam Hussein envahit le Koweït pour extraire du pétrole de son sol et proclame son annexion. Immédiatement, l’ONU condamne cette invasion et le Conseil de Sécurité décrète un embargo sur l’Iraq et une intervention militaire. Ni l’URSS, ni la Chine ne s’y opposent.

Dès le 6 août 1990, George Bush déclenche l’opération « Bouclier du désert ». Une vaste coalition autour des États-Unis, sous mandat de l’ONU, se déploie autour de l’Iraq. En septembre, G. Bush souligne le tournant décisif constitué par le Conseil de Sécurité de l’ONU : « Aucun dictateur ne peut plus compter sur l’affrontement Est/Ouest pour bloquer l’action de l’ONU », c’est un nouvel ordre mondial, une période historique de coopération. Il faut remonter aux années 1950 et le conflit en Corée pour voir une action militaire semblable décidée par l’ONU.

Les opérations militaires débutent en janvier 1991. Malgré les appels à la solidarité, le monde arabe est très divisé. La ligue arabe condamne cette invasion et l’Iraq reste seul face à la coalition.

Les troupes Irakiennes sont rapidement vaincues. L’Iraq est condamné à payer les dommages de guerre pour avoir incendié de nombreux puits de pétrole au Koweït. Son pétrole est placé sous tutelle. Saddam Hussein reste cependant au pouvoir et massacre les minorités, notamment les Kurdes irakiens.

  • La guerre est rapide, et en un mois et demi, les États-Unis sortent grands vainqueurs en raison de la disproportion des forces en présence.
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À retenir

C’est l’ère de l’hyperpuissance américaine et du nouvel ordre mondial décrété par Georges Bush. Démocratie et capitalisme libéral sont les mots d’ordre sur la planète. Les États-Unis sont au zénith sur tous les plans, militaire, économique, culturel, et technologique avec la guerre du Golfe. Personne ne peut les égaler.

La guerre en Yougoslavie

Mais les premiers désenchantements voient le jour dans ce monde d’après-guerre froide, qui espère la paix et la prospérité pour tous. Le nombre de guerres (et surtout de guerres civiles) est en progression constante dans l’ex-URSS, en Afrique et au Proche et Moyen-Orient.

Deux exemples concrets parmi de très nombreux cas :

  • le génocide au Rwanda en 1994 : un million de victimes en 4 mois entre ethnies tutsi et hutus, avec une ONU impuissante ;
  • et la guerre en Yougoslavie de 1992 à 1995. Le leader communiste yougoslaveTito meurt en 1980. La fin du communisme en 1991 réveille les différentes ethnies, nationalités et religions de ce pays mosaïque depuis plus de deux siècles.

Une guerre civile terrible se déroule à deux heures d’avion seulement de Paris. On n’avait pas vu une telle violence en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Camps de concentration où l’on affame les prisonniers, où ont lieu viols collectifs, exécutions, déportations, épurations ethniques, c’est-à-dire que l’on vide des territoires entiers des minorités pour y installer des populations « homogènes ». Tout cela relève du crime contre l’humanité. Les plus grandes violences se perpétuent entre Serbes et Bosniaques. L’ONU œuvre pour une aide humanitaire, l’Union européenne est impuissante, par manque de diplomatie commune, absence d’armée… Il faut finalement faire appel aux États-Unis et à l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) pour mettre fin au conflit. Le cas du Kosovo, province serbe en territoire kosovar n’est toujours pas réglé.

Le siège de Sarajevo est un événement symbolique de cette guerre. Sarajevo, capitale de la Bosnie, est bombardée pendant 1 365 jours par les serbes ! Des snipers prennent des civils pour cibles et la ville n’est plus approvisionnée que par une aide humanitaire de l’ONU. On décompte 10 000 victimes dues au siège de cette ville. L’ONU n’arrive pas à faire respecter le droit international et il faut l’intervention de l’OTAN pour libérer Sarajevo.

L’ONU créé le TPIY, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, afin de juger les criminels de guerre qui sont inculpés pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Au total, 161 personnes sont inculpées.

  • La guerre en ex-Yougoslavie a démontré que le monde de l’après-guerre froide porte de nouveaux conflits, y compris en Europe, pourtant pacifiée depuis 1945 ! On parle du « nouveau désordre international ».

Le nouveau terrorisme

Le 11 septembre

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À retenir

Les années 1990 sont des années où les menaces terroristes islamiques se précisent.

Les racines de ces nouveaux mouvements remontent à l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979 et à la révolution islamique en Iran la même année. C’est un rejet de l’Occident et des États-Unis, omniprésents dans le monde.

  • Ces groupes ne supportent plus de voir leur mode de vie traditionnel, leur culture et leur religion être bouleversés par la mondialisation venue de l’Ouest.

Il faut y ajouter la conscience du pillage de leurs ressources naturelles et notamment du pétrole. La lutte du peuple palestinien s’inscrit dans ce contexte. Les Palestiniens veulent obtenir un État face à Israël, soutenu par les États-Unis et la plupart des pays occidentaux. Pour le monde arabo-musulman, il y a deux poids deux mesures et ils le vivent comme une véritable injustice qui dure depuis 60 ans.

Les attentats anti-américains ont commencé dans les années 1990 au Kenya et en Tanzanie, mais les attentats du 11 septembre 2001 sont d’une ampleur inégalée. C’est la première fois dans l’histoire des États-Unis qu’ils sont touchés sur leur territoire, si l’on excepte Pearl Harbor en 1941.

Trois cibles sont visées par des avions suicides : le symbole économique avec les deux tours jumelles de Manhattan à New York, le symbole politique avec la Maison-Blanche à Washington et le symbole militaire avec le Pentagone dans la même ville. Les attentats font 3 000 victimes à Manhattan. C’est le cœur des États-Unis que les terroristes ont touché.

Le retour à l’unilatéralisme

La réponse des États-Unis ne se fait pas attendre. Ils font le choix d’un retour à l’unilatéralisme américain. Dans ce cadre, seul l’intérêt des États-Unis compte dans les décisions à prendre, on ne consulte personne d’autre.

En conséquence, George W. Bush lance la guerre en Afghanistan en 2001 pour y déloger al Qaida et son leader, Ben Laden, principale organisation terroriste islamiste dans le monde.

La lutte contre les Talibans afghans, des extrémistes religieux au pouvoir à Kaboul est un nouveau concept de guerre préventive contre le terrorisme.

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À retenir

C’est ensuite la seconde guerre en Iraq en 2003. Les États-Unis envahissent l’Iraq sous de faux prétextes : la détention d’armes de destruction massive par Saddam Hussein. Cette guerre se fait contre l’avis de l’ONU, contre le Conseil de Sécurité de l’ONU, contre le droit international. Elle renforce l’hostilité, voire la haine, de certains habitants du monde arabo-musulman contre les États-Unis.

La guerre contre le terrorisme à fait naître le concept de guerre asymétrique.

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Définition

Guerre asymétrique :

La guerre asymétrique est une guerre non conventionnelle, où l’armée traditionnelle ne peut être efficace. Que faire contre des terroristes avec des chars et des avions ? On utilise du renseignement, des drones, de nouvelles méthodes pour venir à bout du terrorisme.

Les États-Unis sont aussi confrontés dans ce nouveau monde à la montée en puissance des pays émergents sur le plan économique. On assiste à une mutation en profondeur des équilibres mondiaux en ce début de XXIe siècle.

Conclusion :

Après le 11 septembre 2001, les États-Unis réorientent leur politique étrangère. Ils désignent les États « ennemis » : la Corée du Nord, l’Iran, l’Iraq et leur alliés. C’est « l’axe du mal ». La communauté internationale, unanime en 1991 contre l’Iraq, se déchire en 2003 contre l’intervention en Iraq…

La guerre froide laisse place à un monde plus difficile à lire que le monde bipolaire divisé entre USA et URSS.

L’hyperpuissance américaine n’a pas apporté plus de sécurité et de stabilité. La planète est confrontée à de nouveaux défis : le terrorisme international, les conflits ethniques, religieux et frontaliers un peu partout dans le monde. Les défis écologiques menacent l’équilibre planétaire. Les déséquilibres économiques et démographiques entre un Nord riche et vieillissant et un Sud pour une grande majorité de plus en plus pauvre s’accroissent.

Le passage du G7 au G8, puis au G20, a pour but de trouver des solutions économiques à ces inégalités. Certains en appellent à une véritable gouvernance mondiale pour mieux répartir les richesses et faire respecter le droit international.