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Formes indirectes de la puissance : l’action internationale et les voies de communication

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Introduction :

Les formes indirectes de la puissance sont nombreuses.
Outre la diffusion de sa culture et de son mode de vie, un État peut aussi renforcer son image et son influence à l’échelle mondiale en s’impliquant dans les relations interétatiques et en se positionnant sur le développement d’outils de communication internationaux.

Ainsi, dans un premier temps, nous aborderons l’action internationale comme moyen de consolider sa présence dans le monde, puis nous nous intéresserons aux voies de communications comme vecteur de la puissance d’un État.

L’action internationale

Les opérations de maintien de la paix et l’aide humanitaire

Un pays dispose de facteurs et d’outils variés pour faire valoir sa puissance et peser dans l’ordre mondial. Si certains moyens sont directs (puissance militaire, économique, etc.), d’autres sont indirects.

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À retenir

Le rayonnement international passe notamment par une présence internationale forte symbolisée par la participation aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.

En 2018, six pays ont financé les deux tiers du budget de ces opérations (États-Unis, Chine, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni), parmi lesquels les États-Unis ont contribué pour une part au moins trois fois supérieure aux autres.

Toutefois, seule la Chine a participé sur le terrain à ces opérations en envoyant des troupes.
Cette dernière est, à ce jour, le pourvoyeur de troupes le plus important des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.
Cet accroissement progressif de son implication lui permet de consolider et d’accroître sa présence et son influence en Afrique, importante sur le plan géoéconomique, et d’améliorer son image en faisant d’elle un acteur diplomatique.
Ainsi, l’armée chinoise (armée populaire de libération), plutôt vue initialement comme une armée répressive, bénéficie d’une nouvelle image pour faire de la Chine un pays responsable, œuvrant pour le maintien de la paix.

ONU opérations maintien paix

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À retenir

Les États-Unis sont de loin, aujourd’hui, le plus gros donateur d’aide humanitaire au monde.

Leur influence s’exerce aussi via cette aide qu’ils accordent, en général de manière bilatérale, aux pays les plus démunis.

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Définition

Aide bilatérale :

Aide accordée directement d’un État à un autre, sans passer par les institutions internationales.

Au-delà de l’aspect humanitaire, cette aide peut notamment permettre de renouer le dialogue avec un pays, comme cela a été le cas pour l’Indonésie avec l’aide apportée par les États-Unis après le tsunami de décembre 2004, ou améliorer les relations après une période de tensions politiques, comme pour le Japon après le tsunami de mars 2011.

Cette aide a deux origines : une origine publique (l’aide est alors attribuée par le gouvernement américain) mais également, et assez souvent d’ailleurs, une origine privée. De nombreuses fondations (des organisations à but caritatif) sont créées par des milliardaires américains.

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Exemple

La plus connue, et la plus riche à l’échelle mondiale, est la fondation Bill et Melinda Gates, créée en 1994. Le fondateur de Microsoft l’a dédiée à l'aide humanitaire dans les domaines de la santé et de l'éducation.
Son financement provient de son créateur lui-même, qui lui a dédié 95 % de sa fortune. Un autre milliardaire américain très connu, Warren Buffet, l’a également financée à hauteur de 37 milliards de dollars en 2006.
Ce budget permet à la fondation d’afficher des dépenses d'intervention annuelles supérieures à celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’implication dans les organisations internationales et régionales

L’impact international passe également par la présence dans les organisations internationales et régionales.

Si la France a détrôné les États-Unis en 2017 en étant classée première du « Soft Power 30 », c’est en partie parce qu’elle joue la carte d’un multilatéralisme (coopération des États) construit en étant membre de 180 organisations internationales.

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Définition

« Soft Power 30 »

Classement des pays effectué à partir d’un score de soft power.
Les données utilisées sont variées. Elles concernent notamment le nombre de touristes sur l’année, le nombre d’ambassades, le nombre de publications scientifiques, les réussites dans le sport et la culture ou encore l’indice de développement humain (IDH).

Présente à l’ONU et au FMI, elle bénéficie également d’un réseau d’alliances stratégiques notamment issu de son ancien Empire (Maroc, Tunisie, Afrique noire francophone, etc.) ainsi que de son influence dans le cadre de l’Union européenne.
L’Organisation internationale de la Francophonie créée en 1997 qui siège à Paris complète ce vaste réseau d’influence.
Enfin, son réseau diplomatique, le quatrième au monde, joue également en sa faveur.

La Chine a compris l’importance de cette présence dans les organisations internationales et régionales où elle s’investit considérablement plus depuis le début des années 2000 pour devenir un acteur important sur le plan géopolitique.
Elle a rejoint l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 et participe aujourd’hui à de nombreux forums internationaux (exemples : l’APEC, l’OCS).

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Définition

APEC (Asia Pacific Economic Cooperation) :

Forum économique qui réunit les gouvernements des pays de la région Asie Pacifique (21 membres) pour favoriser la croissance, les échanges et les investissements dans la région.

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Définition

OCS (Organisation de coopération de Shanghai) :

Organisation qui réunit les gouvernements de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan.

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À retenir

Une implication dans les organisations internationales et régionales et le développement d’une politique diplomatique permettent aux puissances de renforcer des relations, d’entretenir un réseau de présence à l’échelle internationale et de consolider leur position dans l’ordre mondial.

L’impact des voies de communication

La puissance des acteurs du numérique (GAFAM et BATX)

Aujourd’hui, il faut ajouter au cinéma et à la télévision, un autre outil de communication, également vecteur d’influence : Internet.

Ce dernier impose notamment une langue (80 % des contenus sont en anglais) mais est lui-même un outil de puissance.

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À retenir

Internet permet de disséminer et de collecter – parfois secrètement – de l’information grâce à de nouveaux outils.

Ces nouveaux facteurs de la puissance sont maîtrisés par les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et leurs homologues asiatiques, les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi).
Ces firmes technologiques peuvent constituer un instrument de soft power au service des États qui les ont aidées à se développer et ont souvent passé avec elles des accords commerciaux importants.
L’accès qu’elles peuvent éventuellement permettre aux informations et aux données est un enjeu considérable dans le monde actuel. Cette question laisse aujourd’hui les autres États et les organisations internationales impuissants.

La maîtrise des voies de communication : les « nouvelles routes de la Soie »

Plus de 68 pays et 4,4 milliards d’habitants sont concernés par le projet pharaonique des « nouvelles routes de la Soie », ce dernier représentant près de 40 % du PIB de la planète. Ce « projet du siècle », comme l’appelle Xi Jinping, ou programme OBOR (« One Belt, One Road » – « Une ceinture maritime, une route terrestre ») consiste à créer de nouveaux comptoirs transnationaux.

Chine nouvelles routes soie

Pour la Chine, il s’agit avant tout d’accroître son influence (face à la Russie) sur des pays qui sont ses marchés d’exportation, d’imposer sa vision de la mondialisation face aux discours protectionnistes de l’administration américaine en s’affirmant comme un acteur stabilisateur des relations internationales et de développer son soft power en ciblant l’Eurasie.

Dans ce cadre, l’expansion du commerce et des investissements chinois sur le continent africain et l’expansion des projets d’infrastructure dirigés par la Chine donnent une impression positive de la Chine à l’égard des populations africaines.

Enfin, les contrats chinois mis en place créent une dépendance pour les États qui en bénéficient : ils sont ensuite tenus de privilégier des entreprises chinoises pour certaines infrastructures ou sont obligés de renoncer à toute relation avec Taïwan.

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À retenir

Au-delà des enjeux économiques, énergétiques et politiques, l’importance symbolique du projet dépasse son utilité commerciale et fait craindre aux États occidentaux des accords de dépendances entres les pays en développement concernés par le projet d’un côté et la Chine de l’autre.

Conclusion :

Sur le plan géopolitique, la participation des États dans le cadre des opérations de maintien de la paix et de l’action humanitaire leur permet d’assoir leur présence sur la scène internationale et de jouer un rôle influent dans les relations et actions menées partout dans le monde.

La maîtrise des outils et voies de communication est également un enjeu important de la puissance puis qu’elle permet à un État de consolider sa puissance économique, commerciale, mais aussi, moins directement, d’influencer les autres pays.