« En 1438, un gentilhomme de Cordoue, Pero Tafur, de retour du Proche-Orient, passe par Venise puis par Bruges. Sa description rend compte du dynamisme de Bruges au cours des derniers siècles du Moyen Âge.
Bruges est une grande ville très riche, et l’un des principaux marchés au monde. On considère généralement que deux villes luttent pour la suprématie commerciale : à l’ouest, Bruges, et, à l’est, Venise. Il me semble pourtant, et je ne suis pas le seul de cet avis, que l’activité commerciale de Bruges dépasse celle de Venise. […] Bien que l’Angleterre déploie quelque activité commerciale, Bruges est le grand centre commercial de tout l’Occident. Tous les pays s’y rencontrent donc et l’on prétend que le nombre de navires qui quittent le port brugeois est supérieur à sept cents certains jours. À Venise inversement, les seuls marchands que l’on rencontre sont des habitants de la ville même. […]
On trouve ici des produits d’Angleterre, d’Allemagne, du Brabant, de Hollande, de Zélande, de Bourgogne, de Picardie, et d’une bonne partie de la France. […] J’ai vu des oranges et des citrons de Castille frais comme s’ils venaient d’être cueillis, des fruits et du vin de Grèce […], des étoffes et des épices d’Alexandrie et de tous les coins du Levant et des peaux de la région de la mer Noire. On y trouvait tous les produits d’Italie : brocart, soie, armes et tout le reste. »
Pero Tafur, Voyages et aventures, 1435-1439
Quelles sont les deux plus grandes villes commerçantes au Moyen Âge ?