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L'influence de la chute de l'URSS sur l'Europe

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De nouvelles perspectives en Europe

  • La baisse des tensions entre le bloc de l’Ouest et le bloc de l’Est permet à l’Europe d’envisager de nouvelles perspectives.
  • Dans les années 1970, l’Espagne, le Portugal et la Grèce remettent en cause les régimes autoritaires.
  • La Grèce connaît, dès le début de la guerre froide, les premiers affrontements entre occidentaux et communistes, lors de la guerre civile grecque (1946-1949).
  • Avec le début de la guerre froide, des militants et grévistes sont arrêtés et torturés et des communistes convaincus sont condamnés à mort par des tribunaux d’exception, en dehors de tout cadre démocratique.
  • Le parti conservateur grec est vainqueur de toutes les élections depuis 1947 et tient le pays d’une main de fer jusqu’en 1967.
  • À partir de cette date, le pays est dirigé par une junte, c’est-à-dire un gouvernement autoritaire et militaire, appelée la dictature des colonels.
  • La junte est un régime ultranationaliste, qui décide de tenter une annexion de Chypre à la Grèce, selon la doctrine de l’Enosis.
  • Cette tentative de la junte échoue et en réaction, le 20 juillet 1974, et la Turquie, qui se pose comme garante des intérêts de la population turque présente sur l’île, envahit Chypre et en annexe le Nord.
  • L’invasion turque de Chypre conduit la dictature des colonels dans l’impasse et en novembre des élections marquent le retour de la démocratie en Grèce.
  • Dans la péninsule ibérique, deux dictatures en place depuis les années 1930 et alignées dans le camp occidental connaissent un destin similaire : le Portugal et l’Espagne.
  • Au Portugal, la mort du dictateur Salazar en 1970 laisse entrevoir de nouvelles opportunités pour les nouvelles générations, qui contestent également les guerres menées contre les indépendantistes dans les colonies africaines.
  • Le 25 avril 1974, au terme de la Révolution des œillets, le peuple portugais fait tomber l’Estado Novo (la dictature en place depuis 1933) et engage une transition vers la démocratie avec Mario Soares, qui ouvre aussi la voie à la décolonisation.
  • Dans l’Espagne voisine, c’est également la mort d’un dictateur qui va permettre une transition vers la démocratie.
  • À la mort de Franco en 1975, ce dernier désigne l’héritier du trône d’Espagne, Juan Carlos de Bourbon, comme nouveau chef d’État, rétablissant de fait la monarchie.
  • Une fois sur le trône, Juan Carlos opère une transition démocratique en nommant Adolfo Juarez au poste de Premier ministre et en permettant la tenue, dès 1977, des premières élections démocratiques depuis 1936.
  • Ce retour à la démocratie est marqué par les contestations de l’ETA et des franquistes qui, malgré le coup d’État du 23 février 1981, ne parviennent pas à empêcher le retour de la démocratie en Espagne et son insertion dans l’espace européen en construction.
  • Fondée autour des Six, la Communauté Économique Européenne (CEE) née en 1957 avec le traité de Rome est bloquée dans les années 1960 par la politique de la chaise vide de De Gaulle.
  • Les successeurs de De Gaulle opèrent une politique européenne différente, tournée vers l’approfondissement et l’élargissement de la CEE et intègrent trois nouveaux pays à la CEE en 1973 : le Danemark, l’Irlande et le Royaume Uni.
  • Outre les enjeux économiques, les pays européens souhaitent favoriser la baisse des tensions en Europe de l’Ouest, fortement secouée au cours des années 1970 par des actions terroristes éparses :
  • Fraction Armée Rouge en Allemagne ;
  • Brigades Rouges en Italie ;
  • Gauche prolétarienne en France ;
  • émergence d’un terrorisme venu du Proche-Orient.
  • Autour du couple franco-allemand, l’Europe souhaite projeter une image d’unité face au monde de la guerre froide.
  • Suite aux deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, l’Europe doit réinventer son modèle économique. Tous les pays européens doivent se résigner à la fin des Trente glorieuses et ainsi faire face à la stagflation et à la désindustrialisation.
  • Progressivement, au cours des années 1980, ils vont adopter le néolibéralisme proposé par Margaret Thatcher au Royaume-Uni, et qui réclame plus de liberté et moins de barrières.
  • Depuis la fin des années 1960, les nouvelles générations européennes et américaines réclament des sociétés moins rigides, plus libres et d’une plus grande ouverture culturelle.
  • Il en résulte tout d’abord le mouvement des radios libres dans les années 1970, qui se poursuivra par la privatisation des chaines de télévision dans les années 1980.
  • Les nouvelles générations s’emparent de nouveaux combats sociétaux, notamment liés aux droits des femmes. Les mouvements féministes s’organisent et parviennent à obtenir dans de nombreux pays le droit à la contraception et à l’avortement (1973 aux États-Unis et 1975 en France).
  • Ces changements dans les pays d’Europe occidentale permettent de proposer un nouveau modèle de société, promouvant la liberté, la démocratie et l’épanouissement individuel, à l’opposé des sociétés de l’Europe de l’Est, encore sous le coup de la dictature des régimes communistes.

L’effondrement de l’URSS et la libération de l’Europe de l’Est

  • En Europe de l’Est, l’affaiblissement progressif de l’URSS permet aux nouvelles générations d’espérer des changements radicaux et voire même d’imaginer la fin de la guerre froide.
  • À partir de 1975, le premier secrétaire de l’Union Soviétique Leonid Brejnev entreprend de mettre fin à la stratégie de la Détente pour remettre la pression sur l’Europe de l’Ouest. Cette période, appelée la guerre fraiche (1975-1985), culmine avec la crise des euromissiles (1977-1987).
  • En Europe de l’Est, alors que la population est capable de capter les radios occidentales et de s’informer sur des canaux d’information alternatifs, les régimes dictatoriaux des démocraties populaires et la domination soviétique sont de plus en plus contestés.
  • Mikhail Gorbatchev accède au Kremlin (le bâtiment où officie le pouvoir en Russie) en 1985.
  • Confronté à une économie en difficulté et à l’enlisement de son armée en Afghanistan (conflit ayant eu lieu entre 1979 et 1989), Gorbatchev entreprend de mener deux axes politiques réformistes que sont le Glasnost (transparence) et la Perestroïka (restructuration).
  • Cette politique ouvre progressivement le pays et également les pays satellites d’Europe de l’Est au capitalisme occidental, mais au lieu de sauver le système soviétique, il accélère sa chute, d’autant plus que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, intervenue en 1986, unit les populations d’Europe qui réclament plus que jamais la fin du rideau de fer et la fin des régimes communistes.
  • L’effondrement du bloc communiste est assez rapide, puisqu’en l’espace de deux ans, entre 1989 et 1991, le bloc de l’Est se désagrège complètement.
  • Si les révolutions en Europe centrale sont en majorité pacifiques (comme ce fut le cas pour l’Allemagne ou pour la Tchécoslovaquie), il n’en est pas de même en Roumanie, où le régime est renversé dans la violence, ou en Yougoslavie, qui se morcèle en 7 États suite à plusieurs guerres entre 1990 et 1999.
  • Incapable de réagir face aux transitions démocratiques dans les démocraties populaires, l’Union Soviétique est aussi marquée par des mouvements indépendantistes. Les premiers pays à se proclamer indépendants de l’Union Soviétique sont les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) dès mars 1990.
  • Dans la République soviétique de Russie, l’accession à la présidence du Soviet Suprême de Boris Eltsine, un réformateur favorable au passage à l’économie de marché, accélère la désintégration de l’URSS.
  • En 1991, Ukraine, Biélorussie, Moldavie, Géorgie, Arménie, République soviétique de Russie et une dizaine d’autres pays proclament leur indépendance. Fin décembre 1991, l’URSS a complètement disparu. Gorbatchev se retrouve à la tête d’un pays qui n’existe plus et se retrouve contraint à la démission.
  • La chute de l’URSS et du bloc communiste en Europe centrale et orientale modifie brusquement la configuration géostratégique de l’Europe. Les anciens États du bloc de l’Est adoptent rapidement le capitalisme néolibéral et des régimes démocratiques.
  • Les économies s’adaptent tant bien que mal à ces brusques changements, et découvrent le chômage de masse et la désindustrialisation à cause d’une brutale privatisation des secteurs productifs.
  • En Russie par exemple, les oligarques prennent le contrôle de l’économie par le biais de systèmes mafieux.
  • Nombreux sont alors les citoyens des pays ex-communistes qui choisissent de migrer en Europe occidentale, dans l’espoir de meilleures opportunités.
  • Dans ces nouvelles démocraties, l’espoir d’intégrer la communauté européenne, devenue l’Union Européenne en 1992 reste un objectif pour tourner définitivement la page communiste.