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La mesure des inégalités économiques : une diversité d’outils

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Rappel sur les différents concepts de revenu

  • Le revenu primaire est le revenu issu de l’apport de facteur de production. Il comprend
  • le revenu du travail(ex : salaire) ;
  • le revenu du capital ou de la propriété (ex : mise en location de biens immobiliers, dividendes) ;
  • le revenu mixte (rémunération des indépendants).
  • Le revenu de transfert comprend les revenus issus du mécanisme de la redistribution mis en place par l’État.
  • Le revenu disponible désigne le revenu dont dispose réellement le ménage pour consommer ou épargner : pour le calculer, on additionne le revenu primaire et le revenu de transfert, puis on soustrait les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales).
  • Le niveau de vie, ou l’unité de consommation, correspond au revenu disponible divisé par le nombre d’individus qui compose le ménage.

Les outils statistiques de mesure des inégalités : des outils quantitatifs et qualitatifs

  • Parmi les outils quantitatifs, la comparaison de données peut se faire via :
  • la disparité, qui permet de mesurer les inégalités de salaires ou de revenus entre deux catégories ;
  • la dispersion, qui permet une analyse plus fine en s’intéressant aux inégalités à l’intérieur d’une catégorie de population (écart interquartile).
  • Parmi les outils quantitatifs, on trouve aussi des représentations graphiques :
  • la courbe de Lorenz met en évidence la concentration des données observées : plus la courbe est éloignée de la bissectrice, plus la concentration est forte, plus les inégalités sont fortes ;
  • le coefficient de Gini se calcule à partir de la courbe de Lorenz et mesure le niveau d’inégalité de la répartition d’une variable dans la population : plus le coefficient de Gini est proche de 1, plus les inégalités sont fortes.
  • Il existe aussi des indicateurs plus qualitatifs davantage rattachés au bien-être social :
  • le BIP 40 est un baromètre des inégalités et de la pauvreté qui prend en compte les aspects monétaires en ajoutant 6 autre dimensions : le travail, les revenus, le logement, l’éducation, la santé, la justice ;
  • l’indicateur de bien-être de l’OCDE est un indicateur du « vivre mieux » qui permet de comparer les pays selon différents critères considérés comme essentiels au bien-être. Cet indicateur met en évidence des inégalités verticales (disparités entre tous les membres de la société), des inégalités horizontales (inégalités entre catégories ayant des caractéristiques spécifiques) et un niveau de privation (proportion de personnes vivant en dessous d’un certain niveau de bien-être).

La dynamique des inégalités

  • Les outils de mesure des inégalités, qu’ils soient quantitatifs ou qualitatifs, permettent de mettre en évidence la dynamique des inégalités, c’est-à-dire leur transmission dans le temps.
  • Durant les Trente Glorieuses, on note une réduction des inégalités et une homogénéisation des sociétés : on parle de moyennisation. Cette moyennisation s’explique par les crises économiques, les contestations sociales, la création de l’État-providence et processus de massification et de relative « démocratisation » de l’école
  • Depuis les années 1980, on note une dégradation du marché du travail (chômage et précarisation) et des inégalités économiques qui se creusent de nouveau (inégalités face à l’emploi, évolution des revenus du patrimoine) et des inégalités sociales et culturelles qui perdurent mode de consommation, accès au soin et aux études, etc.).
  • Par ailleurs, les inégalités ont tendance à se poursuivre de génération en génération.
    La « courbe de Gatsby » met en relation le coefficient de Gini (inégalité des revenus sur une génération) et l’élasticité intergénérationnelle des revenus (différence de revenus entre des générations différentes).
  • Cette approche renvoie aux concepts de mobilité sociale et d’égalité des chances : une parfaite mobilité sociale implique une élasticité égale à 0. Or, en France, l’élasticité intergénérationnelle des revenus est forte (4), ce qui sous-entend que la mobilité sociale est relativement faible.