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La Première Guerre mondiale

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Introduction :

La Première Guerre mondiale a atteint une violence qui était jusqu’alors inconnue. Nous verrons que pour la première fois une guerre a pris des dimensions non seulement européennes mais aussi mondiales. Ce fut une guerre totale : un conflit globalisé qui a entraîné toute la société dans un engrenage de destructions. Voyons tout d’abord quelques repères chronologiques et géographiques.

L’Europe et le monde en guerre

Repères chronologiques

Le conflit européen débute en août 1914, il oppose la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie) et la Triple-Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie).

Mais très vite, le jeu des alliances étend le conflit à de nombreux autre pays, comme l’Empire ottoman, la Bulgarie, la Roumanie, la Belgique, les pays des Balkans… La Chine et le Japon rentrent à leur tour dans le conflit, suivis des États-Unis en 1917.

  • On se bat sur terre, sur les mers et les océans, en Europe mais aussi en Afrique, dans les colonies. C’est pour cela que l’on parle de guerre mondiale.

Carte des territoires de la Triple-Entente et de la Triple-Alliance en 1914 Carte des territoires de la Triple-Entente et de la Triple-Alliance en 1914

La carte de l’Europe en conflit permet de repérer la Triple-Entente, en vert, et la Triple-Alliance, en orange. Les principaux fronts européens sont également représentés. Les principaux évènements de la Première Guerre mondiale sont :

Une guerre industrielle

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À retenir

Si l’on compare cette guerre aux conflits antérieurs, l’intensification de la puissance de feu et de destruction est considérable. La révolution industrielle, qui a mis les pays développés sur la voie du progrès technologique, leur a aussi offert une capacité de destruction encore jamais atteinte.

L’artillerie, les obus, les grenades, les mitrailleuses tirant des centaines de balles par minutes, ou encore les gaz toxiques au chlore, puis au phosgène, qui rendent aveugle, brûlent les poumons et paralysent, sont autant d’innovations permises par les progrès technologiques et mises au service des armées.

Il faut y ajouter aussi les premiers sous-marins, les avions et les chars d’assaut qui infligent des pertes humaines et matérielles considérables.

Une guerre de masse

La Première Guerre mondiale est une guerre de masse, durant laquelle on compte près de 70 millions de soldats au combat entre 1914 et 1918. Un bon nombre d’entre eux se retrouve dans un univers nouveau : les tranchées.

Dans les tranchées, les soldats subissent le froid et la boue en hiver, la chaleur et la soif en été, le manque de ravitaillement, les rats, et des permissions accordées au compte goutte. Les conditions de vie des poilus (surnom des soldats français dans les tranchées) sont éprouvantes durant la guerre de position.

Mais ce sont surtout les assauts meurtriers qui marquent les survivants de cette période. Sortir de la tranchée, c’est aller à la mort sous les rafales des mitrailleuses ennemies. Les anciens soldats évoquent également les heures de pilonnage avec des obus dévastateurs et assourdissants, dans un bruit véritablement infernal. Quand les soldats n’ont plus de munitions, il reste les baïonnettes. Dans cette guerre d’usure, les tranchées prises le matin sont parfois perdues le soir même.

  • Après cette période, dans chacun des camps, la haine du « Boche » (Allemand) ou du « poilu » français restera tenace.

La bataille de Verdun, qui a duré presque toute l’année 1916, est un exemple concret de cette nouvelle façon de se faire la guerre. En neuf mois, elle provoque la mort de 500 000 soldats, aussi bien allemands que français, alors même que l’enjeu était pourtant la possession d’un lieu purement symbolique.

Une guerre totale

La réorganisation économique

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À retenir

La Première Guerre mondiale est aussi une guerre totale : l’ensemble de la société participe au conflit à des degrés divers. La guerre pénètre dans toute la société, que l’on soit sur le front ou à l’arrière, que l’on soit militaire ou civil.

Le nombre de citoyens mobilisés est colossal. Même lorsqu’ils ne sont pas mobilisés, les civils subissent la guerre de plein fouet : 40 % du nombre total des victimes de la Première Guerre mondiale sont des civils.

Durant cette période, certains États connaissent la guerre civile et les conflits internes. Le génocide arménien, qui a fait plus d’un million de victimes dans l’Empire ottoman, en est un exemple.

Sur le plan économique, la société est mobilisée car, pour gagner sur le plan militaire, il faut d’abord gagner la guerre économique et industrielle. Puisque tous les hommes en état de se battre ont été envoyés au front, le travail des femmes, le travail dans les colonies et la main-d’œuvre issue de l’immigration doivent pallier le manque d’ouvriers dans les usines. L’État impose les prix, baisse les salaires, procède à des réquisitions et fait appel aux emprunts étrangers et aux emprunts d’État, c’est-à-dire qu’il fait appel à l’épargne de sa propre population.

Une guerre idéologique

Durant la Première Guerre mondiale, la propagande et le « bourrage de crâne » , sont omniprésents. Ils rentrent dans tous les foyers par les journaux, les affiches, les réunions publiques et la radio.

  • Le mensonge d’État est la norme, car il faut inculquer une culture de guerre pour que la société accepte tous les sacrifices qu’on lui impose. Par ailleurs, la propagande donne l’illusion aux civils que l’humeur des troupes sur le front est bonne et parlera du massacre de Verdun comme d’une victoire.

Le résultat de cette « boucherie » est estimé à 10 millions de morts, 20 millions de blessés, et des millions de veuves et d’orphelins. Le deuil est d’autant plus difficile que beaucoup de corps n’ont jamais pu être identifiés et rendus à leurs familles.

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À retenir

Sous l’arc de Triomphe, à Paris, reposent les cendres du soldat inconnu pour rendre hommage à ces milliers de morts sans sépultures.

Les survivants n’ont pas tous eu un retour facile à la vie civile. Il y a les gazés, les amputés, sans oublier ceux que l’on appelle les « gueules cassées », gravement défigurés.

Conclusion :

On a coutume de dire que l’Europe s’est « suicidée » en 1914-1918, et que la Première Guerre mondiale a habitué les Européens à une nouvelle conception des conflits armés. L’extrême brutalité du conflit aurait donné naissance au stalinisme, au fascisme et au nazisme. C’est ce que l’historien George L. Mosse appelle la « brutalisation » de l’Europe.

La Première Guerre mondiale a vu pour la première fois des pays de tous les continents s’enfoncer dans un conflit qui a été terriblement coûteux en hommes et en biens. C’est aussi la première fois que toute l’économie d’un État se tourne vers l’effort de guerre. Les progrès technologiques issus de la révolution industrielle, et la participation de la société dans son ensemble au conflit, ont inscrit l’Europe dans une guerre totale et destructrice.