« À partir de 1927, alors que l’Europe a dépassé sa production d’avant-guerre, alors que le péril devient menaçant, le cours des actions monte en flèche à la bourse de New York […] Avec ces bénéfices prodigieux faits en dormant, les propriétaires de ces titres augmentent leur train de vie. Ils achètent, achètent… Aussi, de 1927 à 1929, la production des automobiles a-t-elle doublé aux États-Unis. En 1929, la production mondiale dépasse de 50 % celle de 1914 […] Le 24 octobre 1929 est le jeudi noir de la bourse de New York […] Les cours s’étant effondrés. Ce fût le coup de gong qui annonça aux nations l’ouverture de la crise mondiale […] Sur les marchés mondiaux, les cours des matières premières s’effondrèrent. Autour du globe, les pays agricoles ruinés ne purent acheter les produits des pays industriels qui furent ruinés à leur tour […] Aux États-Unis, la production s’effondra. Le pourcentage de chômeurs monta de 8,2 % à 24,3 %. De 1919 à 1932, les exportations tombèrent de 5,2 milliards de dollars à 1,6 milliard. […] Les banques qui leur avaient fait des prêts s’écroulèrent par milliers. […] La crise atteignit le monde entier. L’ouvrier métallurgiste américain de Pittsburgh, le planteur de café brésilien, l’artisan de Paris et le banquier de Londres, tous furent frappés. »
La France a sauvé l’Europe, Paul Reynaud, 1947
Que s’est-il passé lors du jeudi noir ? Pourquoi ?