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Le détroit de Malacca et le golfe arabo-persique : des points de passage au cœur de la mondialisation

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Le détroit de Malacca : un point de passage majeur et stratégique

  • Le détroit de Malacca relie l’océan Indien et l’océan Pacifique. De largeur très variable (de 38 à 390 km) et plus long que les détroits de Gibraltar, Ormuz et Bab-el-Mandeb, c’est un axe de circulation majeur avec la maritimisation de l’économie et la croissance des échanges (50 % du commerce maritime mondial le traverse, environ 70 000 navires par an).
  • Artère vitale pour le Japon jusque dans les années 1980, il est aujourd’hui aussi indispensable au développement économique chinois (¾ des ressources pétrolières importées en Chine passent par le détroit ainsi que les marchandises fabriquées en Chine et exportées vers l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient).
  • Singapour est le plus important des ports du détroit. De par sa taille, la cité-État contrôle le détroit de Malacca et sa suprématie reste incontestée : elle garantit la sécurité et la régularité des flux maritimes.
  • Les autres ports du détroit (notamment Belawan) servent à Singapour de base portuaire pour réexpédier les marchandises.
  • La Malaisie tente de lutter contre cette dépendance. Elle le fait avec succès car le pays peut offrir des surfaces libres pour des installations portuaires à des coûts attractifs.
  • Les trois bénéficiaires du trafic maritime dans le détroit de Malacca sont les ports du détroit, les compagnies maritimes internationales et Singapour, la Malaisie et l’Indonésie.
  • Au trafic maritime mondial s’ajoutent des échanges maritimes régionaux entre les pays de la zone. Des bateaux de toutes tailles traversent quotidiennement le détroit d’Est en Ouest et non du Nord au Sud comme la flotte mondiale, ce qui nécessite une surveillance rigoureuse pour éviter les accidents.
  • Le détroit de Malacca est reconnu comme détroit international (liberté d’accès au détroit en temps de paix comme en temps de guerre). Les pays riverains peuvent cependant s’assurer que leur sécurité et leur souveraineté ne sont pas mises en danger dans le détroit. Ils doivent également veiller au respect de l’environnement dans le détroit.
  • La sécurité y est un problème ancien et récurrent, due aux actes de piraterie. Il s’agit d’un des risques majeurs de la traversée, avec les risques de collisions.
  • Les États riverains ainsi que d’autres pays ayant des intérêts dans la zone coopèrent depuis 2004 pour lutter contre la piraterie. Vingt pays participent actuellement au ReCAAP : des pays asiatiques mais aussi européens, ainsi que les États-Unis.
  • L’accord prévoit un partage des informations et des patrouilles communes. Cette coopération a eu des résultats positifs puisque la piraterie a fortement diminué, et que le ReCAAP a renforcé l’intégration nationale entre les pays membres.
  • La limite du ReCAAP est la non-participation de la Malaisie et de l’Indonésie, pourtant directement concernés par la piraterie maritime.
  • La Chine a proposé d’intégrer le projet du canal de Kra (ancien projet thaïlandais) à sa stratégie des « nouvelles routes de la soie » (pour relier plus facilement l’Europe à la Chine dans le futur). Suite à la construction, si elle se concrétise, le détroit de Malacca pourrait perdre une partie de son importance économique et stratégique et la Chine ne serait plus dépendante économiquement de cette unique voie de passage.
  • Le détroit de Malacca est donc un symbole du commerce mondial. Si l’on compare le niveau de vie des pirates aux contenus des porte-conteneurs, il est également le symbole des inégalités et fractures que la mondialisation a accentuées.

Le golfe Arabo-Persique : un espace au cœur des enjeux contemporains

  • Le golfe Arabo-Persique possède d’importantes ressources halieutiques, mais surtout regorge de ressources en pétrole et en gaz. Les deux rives du golfe sont riches en hydrocarbures. Les premières exploitations du pétrole dans la région ont débuté au début du XXe siècle.
  • La faible profondeur du golfe facilite les exploitations pétrolières off-shore. Le pétrole est exporté dans le monde entier via le détroit d’Ormuz. 35 % du pétrole mondial qui transite par la mer passe par ce détroit (environ 18 millions de barils par jour).
  • La région du golfe est géopolitiquement très instable. L’inquiétude d’un manque d’approvisionnement en pétrole est ravivée à chaque crise entre l’Iran et ses voisins, ou entre l’Iran et les États-Unis.
  • Les coopérations régionales instaurées dans le golfe tiennent compte du clivage entre sunnites et chiites. Le Conseil de coopération du Golfe (1981), comprend les six pays sunnites du golfe, sauf l’Iran. Ces six pays ne sont pas tous d’accord sur l’attitude à adopter face au voisin iranien (exemple : Oman favorise le dialogue, l’Arabie Saoudite non).
  • Ces tensions se sont accentuées avec la naissance de la République islamiste (1979). Les dirigeants iraniens rejettent le modèle des États-Unis, et ces derniers sont des alliés traditionnels de l’Arabie Saoudite depuis 1945. L’impact des États-Unis dans le golfe Persique est donc un autre sujet de discorde particulièrement important entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.
  • Ce désaccord fait passer les tensions dans la zone de l’échelle régionale à l’échelle mondiale.
  • À l’échelle mondiale, la question du nucléaire iranien a des répercussions fréquentes dans la région du golfe Arabo-Persique et sur le détroit d’Ormuz en particulier. Les Iraniens sont soupçonnés régulièrement de vouloir développer le nucléaire à des fins militaires, ce à quoi les États-Unis s’opposent fermement car la suprématie iranienne déstabiliserait l’équilibre fragile de la région.
  • Cette opposition entre les États-Unis et l’Iran se traduit par des sanctions économiques des États-Unis envers l’Iran, et par la menace de la fermeture du détroit d’Ormuz par les Iraniens. Cela explique la militarisation internationale du golfe Arabo-Persique, et la surveillance permanente du détroit d’Ormuz.
  • Au niveau régional, le détroit est surveillé par l’Iran, le sultanat d’Oman et les Émirats arabes unis. Au niveau international, la Ve flotte américaine est basée à Bahreïn et au Qatar pour assurer la sécurité des navires qui veulent passer le détroit d’Ormuz. La France a une base militaire à Abu Dhabi.
  • Les risques d’embrasement sont permanents et toujours inquiétants. Un conflit mettrait en péril l’économie de nombreux pays qui dépendent de l’approvisionnement en pétrole du golfe Arabo-Persique.