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Le fascisme italien : un modèle spécifique

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Une nation frustrée qui favorise l’avènement de Mussolini

  • Depuis son unification en 1860, l’Italie peine à se construire en tant que puissance européenne.
  • La politique du pays favorise le développement du nord au détriment du Sud (aux mains de la bourgeoisie industrielle). Le manque d’opportunités pousse des millions d’Italiens à migrer vers l’étranger et favorise le développement d’une économie parallèle dans le sud par le biais de mafias.
  • La politique coloniale italienne est faible : seule l’Érythrée et la Libye (territoires pauvres) ont pu être conquis.
  • L’Italie entre tardivement en guerre en 1915, afin de s’attribuer des colonies allemandes et ottomanes, et surtout de conquérir les terres irrédentes en Autriche-Hongrie.
  • À la fin de la guerre, lors de la conférence de la paix à Paris, l’Italie n’obtient pas l’ensemble des territoires réclamés.
  • Entre 1919 et 1920, l’Italie doit faire face à de nombreuses tensions ouvrières (période du Biennio Rosso).
  • Les patrons d’industries et la bourgeoisie se tournent alors vers Benito Mussolini, à la tête des Faisceaux italiens de combat (Fasci di combattimento).
  • Les Chemises noires de Mussolini répriment alors les grévistes par la violence.
  • En 1921, Mussolini parvient à faire élire des députés dans la majorité de droite et crée le Parti national fasciste.
  • Profitant de la division de la gauche et du soutien qu’il obtient de la bourgeoisie, il organise la Marche sur Rome (30 octobre 1922).
  • Mussolini est alors nommé par le roi Président du conseil et prend le titre de Duce. Il prend soin de ne pas abolir la monarchie, qui lui confère une légitimité.
  • La mise en place des lois fascistissimes (1925 et 1926) va permettre d’abolir progressivement toute opposition et tout fonctionnement de la démocratie : tous les partis sont interdits, sauf le Parti national fasciste.
  • La liberté de la presse est abolie, la censure, appliquée avec violence par l’OVRA, devient la règle en Italie.
  • Le régime devient de plus en plus dictatorial.

Le fascisme italien, un modèle totalitaire

  • Mussolini veut faire de l’Italie une véritable puissance européenne. Il veut créer un Empire, à l’instar de l’Empire romain. Il s’approprie d’ailleurs l’héritage antique et revendique une image de bâtisseur.
  • Il s’inspire également du modernisme et du mouvement futuriste. Il souhaite moderniser l’image de l’Italie et faire du fascisme un représentant de la modernité politique du début du XXe siècle.
  • Réutilisant les concepts de taylorisme et de fordisme, Mussolini va appliquer l’idée de la standardisation et de la rationalisation à la société italienne, ce qui passe par la suppression des libertés individuelles.
  • Les citoyens sont surveillés par l’OVRA, les loisirs et le travail sont organisés autour d’une idée de contrôle des masses par le parti fasciste. La jeunesse est systématiquement endoctrinée par l’organisation Balilla.
  • Un culte de la personnalité est mis en place.
  • Une modernisation forcée de l’Italie (la « révolution fasciste ») est mise en place. Les bons rapports du Duce avec la bourgeoisie industrielle et son contrôle strict des travailleurs lui permettent de réaliser des progrès importants, bien que l’économie s’endette sans cesse.
  • Lors de la crise de 1929, une économie autarcique est mise en place.
  • Dans les années 1930, Mussolini souhaite étendre son territoire pour écouler la surproduction industrielle et alléger les pressions démographiques de l’Italie. Il conquiert alors l’Éthiopie (1935-1936), et la fait rentrer dans la liste des colonies italiennes.
  • La Société des Nations impose alors des sanctions à l’Italie, qui quitte l’organisation en 1937.
  • Le déclenchement de la guerre d’Espagne permet à Mussolini d’aider les nationalistes espagnols de Franco. L’Italie fasciste écoule ses surproductions militaires en Espagne et participe aux bombardements des villes tenues par les Républicains.
  • Ce conflit rapproche Mussolini d’Adolf Hitler. Ils signent ensemble le Pacte d’Acier (1938). Au contact d’Hitler, Mussolini commence à adopter une vision raciale de la société et des lois antisémites.