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Les contrastes territoriaux à l’intérieur de l’Union européenne

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Introduction :

Lampedusa, août 2014. Près de cette petite île italienne d’à peine 24 km2, un drame se reproduit une nouvelle fois : 18 migrants, en provenance de pays africains, trouvent la mort en traversant la Méditerranée, dans le but de rejoindre l’Europe. En effet, l’Union européenne ressemble bien à un Eldorado pour beaucoup de peuples : en tant que puissance économique et politique, elle affirme des principes d’égalité des droits de l’Homme. Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, l’Europe n’est pas aussi uniforme qu’elle y parait. À l’intérieur même de ce bloc immense, il existe de nombreux contrastes territoriaux, qui reflètent les nombreuses difficultés politiques de cette union. De plus, l’Union européenne, composée de 28 membres, possède 23 langues différentes. L’unité politique de l’Europe est donc un idéal difficile à atteindre.

Dans ce cours, nous allons étudier dans une première partie les inégalités en Europe de manière générale. Nous étudierons ensuite quelles sont les politiques mises en œuvre pour les réduire. Nous terminerons par une présentation des défis territoriaux qui attendent l’Europe.

Les inégalités en Europe

Un pôle dominant : la mégalopole européenne

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À retenir

L’espace Schengen est un espace de libre-circulation entre 26 pays membres de l’UE. Cela veut dire qu’on peut voyager dans la plupart des pays européens avec seulement sa carte d’identité. L’espace Schengen est le symbole de la citoyenneté et de l’unité apparente de l’Europe.

Cependant, tous les pays européens ne partagent pas la même richesse.

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À retenir

Il existe en effet un pôle dominant, situé au cœur de l’UE et composé par plusieurs régions : le sud de l’Angleterre, la France, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne de l’Ouest et l’Italie du Nord.

La mégalopole européenne - 3e - géographie La mégalopole européenne

  • De manière plus précise, la mégalopole européenne se définit comme le secteur le plus riche de l’Union européenne : il s’agit donc du centre économique de l’Europe.

La mégalopole est, de plus, dominée par deux capitales de poids mondial : Londres et Paris. De manière complémentaire, tout ce qui ne se trouve pas dans la mégalopole est situé en périphérie de cet espace très riche de l’UE.

À partir de la mégalopole européenne, on peut constater qu’il existe un contraste entre les habitants du centre de l’Europe et ceux situés en périphérie.

  • On parle alors d’une géographie « à géométrie variable », c’est-à-dire d’une organisation du territoire européen dans laquelle chaque pays n’a pas le même poids politique ou économique.

Des inégalités impressionnantes

Le PIB, produit intérieur brut, des pays de l’UE est très loin d’être équivalent :

  • Le PIB de l’Allemagne pour l’année 2013 s’élève à 3,6 billions de dollars. Il s’agit du pays le plus riche d’Europe (suivi ensuite par la France et par l’Angleterre).
  • Le PIB de Malte, petite île située en Méditerranée, s’élève à moins de 9 milliards de dollars pour la même année.

En Autriche, l’espérance de vie est de 80,4 ans. En Estonie, elle est de 73,8 ans. On vit donc, en moyenne, 6 à 7 ans de moins en Estonie qu’en Autriche. La raison est que la qualité de vie est sans doute inférieure en Estonie, ce qui démontre que, même si les deux pays font partie de l’UE, les habitants de ces deux pays n’ont pas accès aux mêmes soins ou aux mêmes droits sociaux.

  • Le taux de chômage dans les pays européens est également très variable, ce qui démontre que tous les pays européens ne possèdent pas les mêmes capacités économiques, ni les mêmes droits sociaux.

Un relief varié

Les climats d’Europe-3e-géographie

L’Europe, c’est non seulement une multitude de peuples aux cultures différentes mais c’est aussi un relief et des domaines bioclimatiques variés. Les habitants du sud de l’Europe possèdent un climat méditerranéen alors que le Nord-Ouest est, globalement, océanique. Certaines zones sont montagnardes et la grande partie de l’Europe du centre et de l’est est continentale.

  • Cette variété de domaines bioclimatiques explique en partie la diversité des productions agricoles européennes.

Comment réduire les inégalités ?

Des fonds européens

L’Europe est tout à fait consciente des inégalités territoriales et des différences de richesses entre les pays membres. Face aux eurosceptiques, ce courant politique qui souhaite remettre en question l’intégration des pays les plus pauvres dans l’Union européenne, s’oppose une politique de réduction des inégalités.

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À retenir

Pour réduire les différences régionales, l’Europe propose des politiques de rééquilibrage, à travers le FEDER, Fonds européen de développement régional, et le FSE, Fonds social européen, qui permettent de débloquer d’importantes subventions pour venir en aide aux pays et aux secteurs économiques affaiblis.

Ces fonds permettent de financer directement des entreprises locales, afin de développer dans un pays ou une région en crise les outils nécessaires à la compétitivité. De manière plus générale, ces fonds permettent aux pays de développer leurs entreprises afin de pouvoir peser un peu plus en Europe.

Des inégalités persistantes

Malgré le déblocage de fonds, cette politique de rééquilibrage ne porte toujours pas ces fruits. Les spécialistes estiment que l’Europe ne possède pas d’unité politique suffisante pour faire disparaitre les inégalités et qu’elle est en fait une unité économique. Et sans projet politique efficace, les inégalités persisteront.

  • De plus, les pays européens sont en crise, y compris les pays riches, ce qui complique encore plus la tâche des fonds européens.

En effet, les fonds européens doivent non seulement dynamiser les pays les plus pauvres de l’Union, mais doivent également financer les secteurs productifs en crise à l’intérieur des pays riches. Par exemple, c’est l’Europe qui finance, en grande partie, le secteur agricole français.

Aux marges de l’UE : l’exemple de la Turquie et de l’Ukraine

Le cas de la Turquie

La Turquie a demandé depuis 2004 son adhésion à l’Union européenne. Mais celle-ci fait débat, et c’est ce débat qui révèle les contrastes à l’intérieur de l’Europe.

  • Le premier conflit entre la Turquie et l’Europe repose sur des questions religieuses. En effet, certains hommes politiques européens estiment que l’Europe possède des « racines chrétiennes » et qu’un pays aux « racines musulmanes » ne correspond pas aux valeurs européennes.
  • Le second conflit repose sur la question du génocide arménien. Le gouvernement turc a en effet exterminé de manière massive plus de deux tiers des Arméniens durant la Première Guerre mondiale. Mais le gouvernement turc actuel ne reconnaît pas ce génocide.
  • Étant donné que les droits de l’Homme se trouvent au cœur du projet européen, il est impensable pour certains hommes politiques que la Turquie puisse intégrer l’Europe, si elle ne reconnaît pas sa responsabilité et sa culpabilité.

Une décennie après sa demande d’adhésion, la question est loin d’être tranchée. Les Turcs eux-mêmes commencent à douter de cette intégration et le dossier turc fait naitre de nombreuses rivalités et conflits au sein même des pays européens. Certaines oppositions extrêmes estiment que si la Turquie intègre l’Union, c’est l’Europe tout entière qui risque d’être détruite.

La question de l’Ukraine

Sans entrer dans le détail de la géopolitique internationale, il est important de comprendre que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne. Située entre l’Europe et la Russie, ses importantes richesses, notamment agricoles, en font une terre convoitée. Et les sérieux troubles que l’Ukraine à pu connaître démontrent que l’Europe possède un problème de dialogue avec la Russie, dont elle ne sait pas encore si elle est un partenaire ou un ennemi potentiel.

​Conclusion :

L’Europe rêvait de se transformer en un modèle d’unité et d’égalité, un espace dans lequel les hommes et les femmes pourraient posséder les mêmes droits. En 2014, cet idéal est loin d’être une réalité. Les disparités économiques sont plus nombreuses que jamais, et les efforts de rééquilibrage souvent insuffisants.

Il existe en fait deux Europes : celle située au cœur de la mégalopole, l’Europe des pays riches, et la périphérie européenne, parfois dynamique mais le plus souvent en crise. La question de l’entrée de la Turquie démontre finalement qu’en plus des contrastes économiques, il y a une réelle absence d’unité politique.

L’Europe est-elle condamnée à être « un géant économique » et un « nain politique » ?