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Les critiques de la société

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Problématiques

  • Qu’en est-il du bien-être personnel dans cette société où tout le monde doit vivre ensemble ?
  • La société permet-elle à l'individu de s'accomplir ?
  • Qu’est-ce qui pousse la majorité des hommes à vivre en société ?
  • Le lien social n’est-il pas une forme d’hypocrisie ?
  • La société selon Hobbes

Pour le penseur politique Hobbes, l’Homme a un fond violent. Naturellement, il va se quereller avec ses semblables, chercher à s’accaparer des biens, ou entrer en rivalité avec d’autres. Sans État qui instaure des lois civiles pour régler les relations sociales, les hommes seraient donc toujours dans une situation de tension, voire de violence physique ou psychologique.

  • La critique de la propriété : Rousseau

Selon Rousseau, philosophe du XVIIIe siècle, la société corrompt l’Homme et le rend mauvais. Dès le moment où un homme a dit « ceci est à moi », les inégalités ont vu le jour. Le droit de propriété est à l’origine des violences entre les hommes en société.

  • Le but des agissements de Diogène

Par sa démarche provocatrice, Diogène souhaite que nous interrogions les interdits auxquels nous nous soumettons au point de les transformer en valeurs, sans nous poser de questions.

Finalement, il critique le processus même de socialisation. Il va très loin dans sa démonstration et ses successeurs, les cyniques, seront moins provocateurs. Mais son ambition est la même que celle de Socrate, son maître : réveiller les consciences endormies dans le « ronron » d’un confort social et moral. Diogène nous force à nous questionner sur la quantité de normes et de valeurs que la société nous inflige sous prétexte de nous socialiser. Si le but de ces valeurs est louable, elles ont aussi un effet pervers. Elles insistent pour que nous nous conformions à un modèle unique, en vue de mieux nous contrôler.

  • La société vue par Schopenhauer

Au XIXe siècle, Schopenhauer a également une vision pessimiste de la société. Pour expliquer à quoi est due la création de la société, il crée un apologue où les hommes sont symbolisés par un troupeau de porcs-épics :

« Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’éloigner les uns des autres. Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières […] ».

Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse de la vie, 1851

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À retenir

  • Ces différentes analyses de la société montrent que l’individu peut entretenir un regard critique voire cynique à l’égard du groupe social. Le pouvoir politique, qui permet de maintenir l’équilibre social, peut-être oppressant. Pour cette raison, certains artistes ou sociologues considèrent les manifestations de violence comme le résultat de cet autoritarisme : des règles de société qui limitent trop l’individu risquent d’entraîner une fracture sociale. Certains individus peuvent alors se marginaliser ou être violents contre la société.
  • Le groupe social est soudé par l’intériorisation et l’obéissance à des normes et des valeurs morales. Pour certains, comme les cyniques, elles doivent être interrogées.
  • Malgré toutes ces critiques à l’encontre de la société, la majorité des humains vit ensemble, et très peu des hommes se coupent totalement des autres. Plus forte que notre critique de la société, notre peur de nous retrouver seuls avec nous-mêmes nous pousse à vivre en société.