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Les fondements du commerce international

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Introduction :

Si la croissance est l’objectif prioritaire de tous les acteurs économiques, un second objectif est tout aussi essentiel dans un monde globalisé : l’insertion dans le commerce international. Dès l’apparition du capitalisme, les entreprises nationales ont cherché à s’ouvrir aux nouveaux marchés extérieurs. Aujourd’hui, les États comme les firmes multinationales sont devenus des acteurs de premier plan du commerce mondial, qui est un véritable enjeu du développement.
Nous verrons en particulier le cas de l’Union européenne où des pays se sont regroupés autour d’une stratégie commune pour peser davantage dans les échanges.

Ce cours commence par étudier les évolutions récentes du commerce mondial pour ensuite expliquer les déterminants des échanges, autrement dit ce qui peut les favoriser.

Les évolutions du commerce mondial

L’essor historique du commerce mondial

Avec la révolution industrielle du XIXe siècle apparaissent de nouveaux moyens de communication et de production. Les échanges commerciaux se développent entre deux types de pays :

  • les pays qui ne sont pas encore rentrés dans l’ère industrielle, qui échangent les produits de leurs colonies (les épices, le chocolat ou le thé par exemple) et des matières premières ;
  • les pays qui sont en pleine révolution industrielle, comme l’Angleterre, l’Allemagne ou la France qui commencent à produire à grande échelle et s’échangent les produits issus de leurs spécialisations réciproques.

Jusqu’en 1945, ces échanges industriels se développent lentement. Ce n’est qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale qu’ils connaissent une véritable explosion. Ce graphique mesure la quantité de produits exportés au niveau mondial entre 1951 et 2003. On le voit bien : on part d’un indice de 100 en 1951 pour arriver à plus de 2100 en 2001. Soit plus de 2 100 % d’augmentation ! C’est le début de l’essor du commerce international.

Graphique montrant l’évolution du volume des échanges industriels de 1951 à 2003 Graphique montrant l’évolution du volume des échanges industriels de 1951 à 2003

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Définition

Commerce international :

Le commerce international est l’échange de biens et de services entre personnes qui vivent sur des espaces économiques nationaux différents.

Les échanges ont d’abord lieu entre l’Europe et l’Amérique du Nord, puis dans tous les pays industrialisés, puis en Asie, en Amérique latine et enfin en Afrique. Progressivement, des organisations internationales se mettent en place pour développer le libre-échange :

  • la Banque mondiale ;
  • le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) ;
  • l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

C’est aujourd’hui l’OMC qui veille à ce que les règles du commerce soient respectées partout sur la planète, de façon à ce que toutes les entreprises puissent être traitées sur un pied d’égalité. Des zones de libre-échange sont aussi apparues, comme l’ALENA, l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain, contribuant à développer de façon considérable le commerce international.

Ce graphique permet d’avoir une idée de ce que pèse le commerce international dans les économies de chaque pays. Il représente la part des échanges :

Graphique représentant la part des échanges (importations et exportations) dans le PIB de plusieurs zones géographiques à différentes périodes Graphique représentant la part des échanges (importations et exportations) dans le PIB de plusieurs zones géographiques à différentes périodes

On constate que partout, la part du commerce international dans le PIB a augmenté depuis 1970. Avec, en tête, les pays d’Asie de l’Est et du Pacifique où cette part représente plus de 75 % !

Les pays du monde sont donc aujourd’hui totalement interdépendants : leur croissance économique dépend en moyenne à plus de 50 % de leurs échanges entre eux.

Une structure nouvelle des échanges

Les produits échangés se répartissent en trois catégories :

  • les matières premières, qui s’échangent de moins en moins depuis les années 50 ;
  • les hydrocarbures et les produits miniers, qui eux, restent stables ;
  • enfin, les produits manufacturés, c’est-à-dire des produits confectionnés à partir de matières premières, qui eux explosent de manière considérable.
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À retenir

Notons qu’avec la tertiarisation des économies, une quatrième catégorie est apparue récemment et a tendance à se développer de plus en plus rapidement : le commerce des services, principalement sur internet.

Tous ces échanges s’effectuent principalement entre pays développés ; Europe et Amérique du Nord en tête en totalisent les trois quarts. Depuis les années 1970 cependant, des pays émergents se sont spécialisés dans la production internationale de produits manufacturés, localisés en Asie du Sud-est : Hong Kong, Taiwan, Singapour, en Corée du Sud ou encore en Chine.

Ailleurs dans le monde, certains pays parviennent à s’insérer avec succès dans l’économie mondiale, comme le Brésil en Amérique latine. On constate cependant que, de plus en plus, les échanges s’organisent prioritairement en grandes zones régionales, par exemple entre les pays de l’Union européenne.

Si tous les pays sont concernés par les échanges internationaux, un groupe de trois espaces se distingue. Il s’agit de la Triade, qui rassemble l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Les pays membres de cet espace échangent principalement entre eux et beaucoup moins avec le reste du monde.

Carte de la Triade et des principaux échanges commerciaux du monde Carte de la Triade et des principaux échanges commerciaux du monde

Les déterminants des échanges

Deux types de justifications aux échanges internationaux ont été mis en évidence de façon théorique. Il s’agit tout d’abord de la notion « d’avantage », absolu ou comparatif, et de « dotations factorielles ».

Avantages absolus, avantages comparatifs

Les théories du commerce international insistent sur l’existence d’un gain à l’échange et sur les bienfaits de l’ouverture sur l’extérieur. C’est Adam Smith qui le premier a démontré qu’en se spécialisant dans une production spécifique, chaque nation contribue à obtenir une allocation des ressources optimale au niveau mondial.

Pour lui, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle il dispose d’un avantage absolu par rapport à une autre, par exemple en raison du climat ou de ses connaissances technologiques.

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Définition

Avantage absolu :

Un avantage absolu est une production pour laquelle un pays donné a des coûts de production et/ou d’exploitation inférieurs à ceux des autres pays.

Deux pays ont intérêt à commercer entre eux pour échanger chacun le produit pour lequel ils détiennent un avantage absolu par rapport à l’autre. Il y a donc, pour chacun d’entre eux, un véritable intérêt à se spécialiser et à s’ouvrir. Ils peuvent ainsi vendre davantage à l’étranger en raison de prix concurrentiels et importer des produits qui coûteraient plus chers s’ils étaient produits localement chez eux.

Pour Adam Smith, si un pays ne détient aucun avantage absolu, il n’a donc pas intérêt à échanger. David Ricardo, un autre économiste, prétend lui l’inverse : même si un pays n’a pas d’avantage absolu, il doit quand même échanger des produits pour lesquels il détient un avantage comparatif.

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Définition

Avantage comparatif :

On parle d’avantage comparatif lorsqu’un pays se spécialise dans une production pour laquelle il possède des avantages de coûts relatifs par rapport à d’autres de ses productions.

David Ricardo prend l’exemple suivant : en Angleterre, la production d’une quantité xx de vin nécessite 120 heures de travail, contre 80 heures au Portugal. Toujours en Angleterre, la production d’une quantité y de draps nécessite 100 heures de travail, contre 90 heures au Portugal.

PORTUGAL ANGLETERRE
Production xx de vin 80 h de travail 120 h de travail
Production yy de draps 90 h de travail 100 h de travail
  • En Angleterre, la production d’une quantité xx de vin nécessite 120 heures de travail, contre 80 heures au Portugal.
  • Toujours en Angleterre, la production d’une quantité yy de draps nécessite 100 heures de travail, contre 90 heures au Portugal.
  • Dans les deux cas, le Portugal est le plus productif, c’est lui qui détient l’avantage absolu. Mais pour Ricardo, le Portugal doit cependant abandonner la production de draps pour se concentrer sur le vin pour lequel son avantage par rapport à l’Angleterre est bien plus fort. De cette façon, il va pouvoir encore améliorer son avantage comparatif, en laissant à l’Angleterre la possibilité de se spécialiser dans les draps.
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À retenir

Cette théorie des avantages comparatifs est développée au XXe siècle par trois économistes autour d’un théorème qui porte leur nom, le théorème « HOS », pour Hecksher, Ohlin et Samuelson.

Dotations factorielles et division internationale du travail

Le théorème HOS ou « théorie des dotations factorielles » stipule que les pays doivent se spécialiser dans la production pour laquelle ils bénéficient naturellement d’un avantage en termes de facteurs de production. Chaque pays va donc se spécialiser dans la production et l’exportation de biens qui utilisent le plus intensément le facteur de production le plus abondant.

Voici quelques exemples :

  • l’Allemagne est très performante sur les innovations automobiles et héberge de nombreux investisseurs, elle aura donc intérêt à se spécialiser sur les productions nécessitant un capital important dans ce domaine ;
  • la Chine dispose d’un grand nombre de travailleurs et impose peu de règles sociales, elle peut donc se spécialiser dans les productions exigeant une quantité de facteur travail importante ;
  • la Suède possède des espaces maritimes exploitables, elle peut se spécialiser dans l’élevage de poissons.

Progressivement, les pays vont donc pouvoir développer une spécialisation en fonction de leurs avantages comparatifs et de leurs dotations en facteurs de production. Certaines productions disparaissent donc et il faut les importer : l’autonomie économique complète disparait et une division internationale du travail (DIT) se met en place.

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À retenir

Les différentes économies du monde se répartissent les activités de production entre spécialités complémentaires. Les économies nationales sont donc connectées entre elles et interdépendantes.

Pendant très longtemps, cette DIT voyait les pays pauvres fournir les matières premières et les pays développés les produits manufacturés et les services. Avec la récente apparition d’industries dans les pays en développement, une nouvelle division du travail s’est peu à peu réorganisée :

  • les pays les plus pauvres, qui produisent toujours essentiellement les matières premières ;
  • les pays émergents qui produisent les produits manufacturés (des vêtements par exemple, mais aussi les produits les plus technologiques, comme nos Smartphones, qui sont aujourd’hui quasiment tous produits en Asie) ;
  • les pays les plus développés qui se sont spécialisés dans les produits exigeant capital, savoir-faire et niveau de qualification importants.

Conclusion :

Les échanges internationaux, initiés dès la révolution industrielle, se sont fortement développés tout au long de la seconde moitié du XXe siècle. Ils représentent aujourd’hui un poids considérable dans les PIB des pays du monde.

Les produits manufacturés sont ceux qui s’échangent le plus et leur nombre ne cesse d’augmenter même si la part des services croît sensiblement.

Les échanges sont inégaux : ils se concentrent en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, laissant de côté une grande partie du reste du monde.

Les échanges se justifient par plusieurs théories qui s’appuient sur une analyse des facteurs de production de chaque pays : les avantages absolus, les avantages comparatifs et les dotations factorielles. Les spécialisations qui en découlent ont conduit à une répartition des activités productives à l’échelle mondiale appelée division internationale du travail.